DE | FR
Bild

Nati

L'Espagne a retrouvé son jeu et sa joie. Elle rappelle quelqu'un

Le futur adversaire de la Suisse a un peu le même vécu, les mêmes postures de persécuté revenu de tout. Seul le style diffère et soumet un nouveau problème tactique. Avis et décryptage.



Il y a des similitudes troublantes entre la Suisse et l'Espagne, que le destin réunit vendredi en quart de finale de l'Euro (18 h).

Le onze espagnol contre la Croatie

Bild

Dailymercato.com

Le résumé d'Espagne - Croatie (5-3 ap)

Vidéo: RTS

Dans le jeu, c'est différent

Seul le style diffère, pour des raisons éminemment philosophiques et culturelles. «L'Espagne a retrouvé sa force collective», admire Gérard Castella, ancien chef de la formation à YB et entraîneur de la Suisse M19 et M17 (notamment).

«Cette équipe combine beaucoup au milieu du terrain, à une ou deux touches de balle, avec des permutations et de nombreux circuits de passes. Désormais, elle est aussi efficace. Elle a retrouvé le sens du but, même si Morata est contesté (comme tant d'autres).»

Bild

Gérard Castella.

Luis Enrique a également relancé Sergio Busquets, effacé à Barcelone et à nouveau au coeur des actions espagnoles, qualités complètes, influence discrète, un joueur d'une autre planète.

«Le match de Busquets est un manuel pratique pour milieux de terrain, sur ce que doit faire un pivot en défense et en attaque. C'est un joueur assez incompris, on est peut-être fatigué de le voir, mais il est unique»

Luis Enrique

La zone couverte par Busquets lundi

Bild

Comme dit un vieil adage catalan, «si vous regardez le match, vous ne voyez pas Busquets; mais si vous regardez Busquets, vous voyez tout le match».

Des failles en défense

Quand elle n'a pas le ballon, soit un tiers du temps, l'Espagne devient vulnérable, observe Gérard Castella:

«On ne peut pas dire qu'elle dégage une grande sérénité derrière. Certains buts ne sont pas beau à voir. Autant je situe l'Espagne parmi les meilleurs collectifs au monde, autant j'émets de sérieuses réserves sur sa défense.»

Sergio Ramos et Gerard Piqué sont absents, remplacés par un naturalisé de dernière minute, l'ex-Français Aymeric Laporte, et par un éternel néophyte, Eric Garcia, douze bouts de match cette saison avec Manchester City (qui en a disputé soixante).

Gérard Castella insiste sur ce point:

«Au milieu de terrain, des joueurs comme Rodri, Koke et Busquets peuvent «cacher» le ballon pendant très longtemps. J'imagine que face à la Suisse, l'Espagne atteindra 60 ou 65% de possession. Mais à la limite, ce n'est pas si grave. Il s'agira d'être fort dans les zones de vérité (ndlr: les seize mètres). Or j'ai l'audace de penser que les Espagnols sont prenables en défense.»

🇨🇭Les clés du match🇪🇸

«Si la Suisse affiche la même envie et la même concentration que face à la France, elle aura sa chance», soutient Gérard Castella, qui donne quelques règles à suivre:

  1. «Il faudra presser l'Espagne, avoir le courage d'aller la chercher haut pour l'empêcher de développer ses actions»
  2. «Il faudra gagner les duels, notamment les uns contre uns. Ce n'est pas sexy mais on y revient toujours...»
  3. «Il faudra choisir ses moments. Tant que l'Espagne se passe la balle, il n'y a pas de problème. Mais parfois, la Suisse devra s'interposer, arracher le ballon des pieds de l'adversaire, pour porter le danger.»

Gueules de bois ou gueules de vainqueur?

Se pose la question fondamentale du besoin viscéral, si l'exploit contre la France, pour la génération Xhaka, est l'aboutissement d'une longue attente, ou le commencement d'une marche historique.

Bild

Pour les avoir entraînés à l'adolescence, Gérard Castella ne pense pas que ces joueurs-là portent l'héritage de leurs aïeux, plus modestes et respectueux des hiérarchies:

«N'oubliez pas que cette génération a beaucoup gagné quand elle était jeune. Avec certains d'entre eux, quand je dirigeais la Suisse M17, nous avons battu le Brésil, l'Allemagne, l'Italie. Des gars comme Xhaka sont convaincus que tout est possible car ils l'ont déjà fait. D'ailleurs, leurs adversaires sont parfois les mêmes qu'à l'époque, on retrouve quelques visages.»

Gérard Castella voit plutôt la victoire contre la France comme un acte fondateur, une première pierre à l'édifice - au moins une que l'on ne jettera pas à la face de Petkovic.

«En battant la France, les Suisses ont crevé un plafond de verre. A mon avis, il y aura l'idée d'un cap psychologique, le début de quelque chose. Je pense même que la Suisse peut réussir un truc incroyable dans cet Euro. Mais soyons honnête, mon opinion a changé, jamais je n'aurais prononcé une telle phrase après la défaite contre l'Italie... (éclat de rire). C'est le football, aucune situation n'est pérenne, on passe très vite d'une émotion à une autre.»

Plus d'articles sur le sport

Netflix entretient le mystère autour de Michael Schumacher

Link zum Artikel

Pour les sportifs, un petit joint ne fera bientôt plus de mal

Link zum Artikel

Berne était le Bayern du hockey, désormais il ressemble à Ajoie

Link zum Artikel

La Nati est virée du jeu FIFA, mais qui la pleure vraiment?

Link zum Artikel

Roger Federer réussit un coup de maître avec son entrée en bourse

Link zum Artikel

Young Boys a épaté tout le monde, à commencer par lui-même

Link zum Artikel

Novak Djokovic a dû attendre de perdre pour être aimé du public

Link zum Artikel

Née qu'avec 8 doigts, Francesca Jones est une pépite du tennis

Link zum Artikel

Lausanne-Sion? Laissez tomber, voici les cinq vrais derbys romands

Link zum Artikel

Les Suisses cartonnent en contre-la-montre, depuis un sacré temps

Link zum Artikel

Yann Sommer est le chouchou des Suisses et voici pourquoi

Link zum Artikel

Il distribuait des beignes mais au fond, il n'était pas si méchant

Link zum Artikel

Les supporters ont-ils attrapé la grosse tête?

Link zum Artikel
Montrer tous les articles

Explosion de joie de la Nati après l'arrêt de Sommer

1 / 14
Explosion de joie de la Nati après l'arrêt de Sommer
source: keystone
Share on FacebookShare on TwitterShare via WhatsApp

Nati

Le débrief de Margairaz: «Je vois la Suisse aller jusqu'en quart de finale»

L'ancien international (18 sélections) regrette le manque d'engagement et de justesse technique de la Nati contre l'Italie (0-3) mais lui prédit un avenir doré.

Xavier Margairaz, est-ce que ça vaut toujours la peine d'aller jusqu'en Azerbaïdjan dimanche pour défier la Turquie, si c'est pour jouer comme ce mercredi?D'abord, je pense qu'on est tombé sur une Italie bien plus forte dans tous les compartiments du jeu, individuellement et collectivement. C'était un match sans pour la Suisse. Mais cette défaite peut être un mal pour un bien.

Dans quel sens?Elle va réveiller tout le monde, booster le groupe.

N'est-ce pas un peu inquiétant de se dire que des …

Lire l’article
Link zum Artikel