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Pourquoi Temu est dans le viseur du Parlement suisse

Le Conseil national a adopté deux motions visant à encadrer plus strictement les plateformes étrangères comme Temu.
Les colis de la plateforme chinoise Temu affluent en Suisse, alimentant le débat politique sur leur encadrement.Image: Shutterstock/ montage watson

Pourquoi Temu est dans le viseur du Parlement suisse

Le Conseil national a adopté deux motions visant à encadrer plus strictement les plateformes étrangères comme Temu.
02.05.2026, 18:5202.05.2026, 18:52
Pascal Michel / ch media

Le site de vente en ligne chinois Temu inonde le monde de marchandises bon marché. En Suisse aussi, on reçoit de plus en plus souvent de petits colis orange acheminés par avion.

Le cabinet de conseil Carpathia estime que Temu a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 1 milliard de francs en Suisse. Cela correspond à plus de 50 000 commandes en provenance de Suisse – par jour.

Les commerçants suisses sont donc en état d’alerte. Ils exigent que Temu respecte les mêmes standards que les fournisseurs locaux de jouets, de vêtements ou d’appareils électroniques.

Ils peuvent désormais se prévaloir d’un succès intermédiaire. Lors de la session spéciale qui vient de s’achever, le Conseil national a approuvé deux motions qui visaient directement le géant chinois.

La secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs, également élu à Berne, Sophie Michaud Gigon a demandé dans son intervention que des plateformes comme Temu ne puissent plus se cacher. Les sites étrangers devraient être tenus de désigner un point de contact ainsi qu’un représentant juridique en Suisse.

Les consommateurs pourraient ainsi s’adresser directement à eux en cas de problème lié à une commande. Les concurrents et les autorités disposeraient également d’un interlocuteur direct pour faire appliquer les règles en vigueur dans le pays.

L’intervention de Benjamin Roduit, quant à elle, portait sur la sécurité des produits. Dans sa motion, le conseiller national du Centre déplore qu’un commerçant suisse de jouets doive respecter des normes de sécurité strictes, alors que la législation actuelle ne s’applique pas aux livraisons de Temu. Le Conseil national entend désormais combler cette lacune.

Les colis sont des importations privées

Une large alliance d’organisations économiques et de défense des consommateurs salue l’adoption des deux interventions. Dans un communiqué, elle évoque un «signal nécessaire de toute urgence pour les consommateurs ainsi que pour une concurrence équitable».

Selon cette alliance, l’intervention de Benjamin Roduit permettra de garantir que les livraisons de Temu devront se conformer au droit suisse. Actuellement, ces colis sont considérés comme des importations privées.

«Cela permettra d’assurer des conditions équitables entre les plateformes de commerce en ligne étrangères et les commerçants suisses.»

Le Conseil fédéral s’était opposé à la mesure, estimant que les contrôles seraient très lourds à mettre en œuvre. Il relevait en outre que, dans ce type de commandes, il n’existe pas d’importateur classique susceptible d’être sanctionné en cas d’infraction.

Les organisations économiques et de consommateurs ne partagent pas cet avis. La nouvelle réglementation permettrait de mieux protéger les consommateurs contre des produits potentiellement dangereux. Sophie Michaud Gigon écrit:

«Les lacunes actuelles de la législation permettent aux commerçants, principalement chinois, de livrer légalement en Suisse des marchandises en masse, de qualité médiocre, dangereuses et souvent toxiques.»

L’intervention de la conseillère nationale Verte garantirait en outre que les plateformes étrangères de commerce en ligne ne puissent plus se dissimuler derrière leur:

«Anonymat international»

Les deux motions ont désormais été transmises au Conseil des Etats. (dal)

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