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La suite de cette saga est surprenante mais cabossée

Code Vein II
Avec son monde ouvert, Code Vein II est complexe et mystérieux à la fois.Image: Square Enix

C'est surprenant mais cabossé

Le jeu d'action J-RPG «Code Vein II» mise principalement sur son histoire et ses personnages. S'il séduit dans les grandes lignes, il souffre toutefois de quelques défauts qu'il aurait pu éviter.
22.02.2026, 12:0322.02.2026, 12:03
Igor Rodrigues Ramos / jvmag.ch

Dans un lointain passé, la résurgence a détruit le monde. Elle a transformé une partie des humains et des animaux en monstres et fait apparaître les revenants, d’anciens humains maintenant presque immortels, dotés de grands pouvoirs et assoiffés de sang. La société s’est reconstruite sur ces bases, les humains et les revenants collaborant tant bien que mal.

Il y a une centaine d’années, une seconde résurgence menaçait de se produire. Des héros revenants se sont donc sacrifiés pour la sceller et éviter une seconde catastrophe. Malheureusement, les sceaux commencent à faiblir et la tragédie semble inévitable. C’est dans ce contexte que commence Code Vein II.

Notre protagoniste vient d’être ressuscité par Lou, une jeune revenante pouvant voyager dans le temps. Nous partageons une partie de son pouvoir et de son immortalité. En échange, nous devons l’accompagner dans le passé pour trouver le moyen de briser les sceaux des héros et empêcher cette nouvelle calamité.

Avec cette suite, Bandai Namco semble vouloir voir jusqu’où il est possible de s’éloigner du premier opus. Là où le précédent épisode proposait un Souls-like avec une esthétique anime, ce nouveau jeu ne conserve que le design des personnages et certains thèmes hérités de God Eater (notamment les revenants et leur place dans la société humaine). Mais c’est tout. Pour le reste, à la manière d’un Final Fantasy, c’est une histoire indépendante, sans véritable lien avec le jeu précédent.

Vous avez un coeur en or

Notre première action dans le jeu est de créer notre avatar. Code Vein II permet de laisser libre cours à notre créativité (d’ailleurs, si vous voulez vous amuser, la personnalisation est accessible gratuitement dans la démo).

Code Vein II, choix du personnage
Code Vein II permet de créer son perso et de choisir ses armes.

La liberté passe aussi par un système de combat qui permet de combiner librement une arme principale (comme une épée, une épée à deux mains, un marteau ou encore une baïonnette ou des armes runiques) à une arme secondaire (arc, hache créant une AOE, …).

A cela s’ajoutent un équipement défensif (bouclier ou gant pour contrer), une prison permettant d’aspirer l’ichor des ennemis (utilisé pour lancer les compétences ou l’arme secondaire), des boosters (octroyant des bonus) ainsi que quatre compétences spéciales propres à l’arme choisie.

Oui, ça fait beaucoup. Ça nous tombe dessus dès le début, mais on peut vraiment choisir à terme sa propre façon de jouer. D’autant que nous ne sommes pas bloqués dans un build lors de la montée en niveau. Ici, les stats proviennent des codes sanguins offerts par les différents revenants rencontrés au cours de l’histoire. Des codes que l’on peut changer à volonté (y compris en plein combat).

Le trailer du jeu 👇🏼

Vidéo: youtube

La montée de niveau se fait au cours de l’interaction avec les points de repos. Elle se résume à une simple augmentation de nos points de vie et d’endurance, et des dégâts des différentes armes.

Action ou vérité?

Il en résulte un système assez souple, puisqu’aucun choix n’est irréversible. On peut changer d’arme à loisir, ou s’équiper d’une autre, même sans les prérequis. Dans ce cas-là, le joueur ou la joueuse subira une pénalité qui va d’un léger stun si on tente d’utiliser une compétence sans suffisamment d’ichor, à une perte continue de points de vie en combat.

Code Veine II, gameplay
Le gameplay pour les déplacements.

En combat, on peut enchaîner: coups faibles (carré), coups forts (triangle), esquives (rond), défense ou contre (L1), compétences (R1 + carré, triangle, rond ou croix), coups de l’arme secondaire (L2) ou de la prison (R2). Avec bien sûr verrouillage ou non sur un ennemi. Il y a un système de poise qui permet de déstabiliser l’ennemi si on le tape avec répétition avec une arme lourde, ou bien on peut enchaîner sans arrêt avec une arme légère pour ne pas lui laisser le temps de contre-attaquer.

Cette flexibilité nous permet d’amener une variété dans les combats. Une variété bienvenue, puisque les ennemis se ressemblent, et de nombreux boss sont recyclés lors de missions secondaires. Il faut donc varier son approche si l’on veut éviter de s’ennuyer.

Notre partenaire contrôlé par l’ordinateur sera aussi d’un grand secours pour reprendre l’agro lorsqu’on cherchera à se soigner. Si l’on tombe à cours de vie, il nous soignera, mais deviendra inactif pendant un moment. Ce partenaire permet de rendre les combats beaucoup plus abordables qu’un sous-like, d’autant plus que le système d’endurance n’est pas trop contraignant.

En dehors des combats, chaque héros du passé est associé à une région spécifique du monde. Cela donne à Code Vein II une structure semi-ouverte. Avec Lou, le joueur replonge dans le passé pour rencontrer l’un de ces héros, explorer la zone qui lui est liée et l’aider à surmonter l’épreuve qui l’a affligé. Ce faisant, nous tissons des liens avec le héros, jusqu’à briser le sceau… et combattre celui qui fut autrefois un allié.

Voyager dans le passé et le présent

L’exploration du monde ouvert sert principalement à rejoindre différents points d’intérêts (pour trouver des armes et diverses améliorations). On y récolte également du nectar (servant à améliorer la puissance des soins) et des statues (permettant d’en augmenter le nombre d’utilisations). Sinon, en dehors de ces détours, on aura tendance à le traverser le plus vite possible à moto.

Lors de nos voyages dans le passé, nous croiserons des souvenirs (correspondant souvent aux traumas des personnages rencontrés). Ceux-ci sont présentés sous la forme de petites saynètes que l’on traverse et dans lesquelles on voit les événements sans pouvoir interagir. Ce système, déjà présent dans le premier jeu, permet de saisir les motivations intrinsèques des personnages. Encore une fois, je trouve que cela permet de s’attacher aux héros et constater leur évolution au cours du siècle de l’histoire.

Bien entendu, après avoir aidé ses héros dans le passé, et au vu de leur destin tragique, on a envie de les aider à surmonter leurs épreuves. Mais c’est interdit par notre promesse faite à Lady Lavinia, cheffe de la maison Volta et commanditaire de notre expédition temporelle. Nous ne sommes là que pour trouver comment briser les sceaux. Qui sait ce qui pourrait se passer si on venait à modifier le passé …

J’ai trouvé cette structure narrative vraiment intéressante. Surtout que les voyages dans le passé sont bien mis en scène, chaque histoire est bien différente, on découvre des héros touchants, fragiles, blessés. On se demande ce qui va nous arriver, comment on va bien pouvoir se rapprocher d’eux, et on regrette de devoir les tuer pour détruire le sceau. Est-ce qu’il n’y aurait pas une autre possibilité?

Le paradis des «waifu»

Au niveau de l’esthétique, le design des personnages principaux a vraiment un rendu anime très assumé. Pour les décors, par contre, Code Vein II essaye d’être réaliste et je trouve que cela lui porte préjudice. D’abord parce que le cycle jour-nuit semble bloqué sur une nuit pluvieuse dans ma partie (me forçant à passer le temps afin d’avoir un autre temps).

Mais surtout parce que le moteur UE5 n’est pas maîtrisé par l’équipe et cause des soucis de performance récurrents (chute de framerate assez régulièrement, même en mode performance sur une PS5 Pro, et nombreux soucis de transition entre modèles grossiers et détaillés).

En ce qui concerne l’ambiance sonore, l’exploration se déroule le plus souvent dans un silence presque total (si l’on excepte les bruits du ventilateur de la PS5 Pro causé par le moteur UE5) ou sur fond de discrètes nappes musicales. Ce calme contraste nettement avec les combats, portés par des morceaux épiques (notamment contre les boss) ainsi qu’avec les séquences narratives (dont l’introduction de l’un des héros constitue un moment particulièrement réussi).

Code Vein II
Les personnages peuvent voyager dans le temps.

Avant de conclure, je voulais évoquer la représentation des personnages féminins. Pour le dire simplement, je la trouve problématique. Leur design semble pensé pour répondre à un male-gaze assumé. À un point qui en devient ridicule, tant les proportions sont exagérées. C’est regrettable, parce que je pense que les histoires des personnages sont touchantes, mais s’en trouvent gâtées par ces designs douteux.

C’est vraiment dommage qu’en 2026, les développeurs tombent encore dans ses travers et n’arrivent pas à faire des représentations de femmes qui ne tombent pas dans des clichés de waifu.

Conclusion

Code Vein II est un jeu cabossé. L’histoire est son point fort. Sans être catastrophique, la technique est approximative et pénalise un peu l’expérience. Le rendu anime est très agréable, notamment avec le doublage intégral en japonais (possibilité d’un doublage anglais, que je n’ai pas essayé), mais le rendu plus réaliste du monde dénote et semble bien triste en comparaison.

Code Vein II
Dans Cod Vein II, les femmes auraient pu être représentées différemment.

Personnellement, j’ai beaucoup aimé le jeu, mais je vois aussi de nombreux défauts. Son principal étant son titre, qui amène sur lui des attentes qu’il ne remplit pas.

Si vous voulez une suite à Code Vein alors ce n’est pas ce jeu. Si vous voulez une histoire d’amitié et de voyages temporels, alors laissez lui une chance sur les 45h que dure l’aventure pour finir le jeu à 100%.

Note générale: 7/10
+ Des personnages auxquels on s’attache
+ Des moments de délire typique des jeux japonais
+ Le voyage dans le temps qui est bien intégré à l’histoire
+ Un grand récit shônen
- Le design des personnages féminins
- Le cycle jour-nuit bloqué sur une nuit pluvieuse,
- Le moteur UE5 qui peine toujours autant sur console
- L’absence totale de coopération avec d’autres joueurs

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