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Le maillot jaune Tadej Pogacar (22 ans) après le contre-la-montre de samedi.
Le maillot jaune Tadej Pogacar (22 ans) après le contre-la-montre de samedi.Image: AP Pool Cor Vos
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Tadej Pogacar avec une scie à métaux, ça aurait eu de la gueule!

Le coureur slovène a remporté le Tour de France pour la deuxième fois consécutive mais ne parvient toujours pas à balayer les doutes qui entourent sa domination.
18.07.2021, 19:2019.07.2021, 08:28
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La Grande Boucle vient de se terminer et on ne sait toujours pas si son vainqueur est un grand champion, ce qui témoigne à la fois de la domination de Tadej Pogacar et du poids des traditions dans un sport qui les trouve trop lourds à porter.

Wout van Aert s'impose sur les Champs-Elysées

La 21e et dernière étape a été magistralement gagnée par le Belge Wout van Aert (Jumbo). Le champion de Belgique s'est imposé dans le sprint final aux dépens du Britannique Mark Cavendish, troisième de l'étape. Agé de 26 ans, van Aert a enlevé son troisième succès depuis le départ. Performance exceptionnelle, il a gagné une étape de montagne (le jour de la double montée du Ventoux), un contre-la-montre (Saint-Emilion) et un sprint massif (Paris Champs-Elysées).

Il faudra un peu de temps encore pour savoir si tout est vrai dans ce qu'on nous a raconté cet été, si les bruits suspects émanant de certains vélos étaient seulement des bruits de couloir, et si c'est parce qu'ils n'avaient pas envie de partager leurs boissons que quelques coureurs les buvaient en cachette. On dit du cyclisme qu'il est le sport le plus contrôlé au monde, mais si des coureurs sont obligés de mener leur propre enquête pour débusquer d'éventuels tricheurs, c'est au moins que les contrôles sont mal faits.

Publier les données des capteurs de puissance de chaque athlète est une idée souvent avancée mais qui demeure fragile. Chris Froome avait essayé: ses informations avaient suscité tellement d'interprétations différentes que le débat n'avait pas baissé en intensité (Froome non plus d'ailleurs).

Bénéficier d'une image détaillée des composants de chaque vélo sitôt la ligne franchie serait en revanche nettement plus efficace, et même nécessaire, sans quoi les questions continueront d'être posées.

On s'étonne d'ailleurs que Pogacar n'ait lui-même pas eu l'idée d'éteindre les polémiques au sommet du col du Portet, lors de son arrivée triomphale du 14 juillet. Imaginez un peu: le Slovène bascule au sommet, se précipite vers ses mécanos et leur demande une scie à métaux puis, sous les regards médusés des envoyés spéciaux, découpe méthodiquement son vélo, de sorte à laisser entrevoir une bicyclette parfaitement conforme au règlement. Ça aurait eu de la gueule! Au lieu de quoi le maillot jaune a mollement répété le lendemain que le cyclisme était «bien plus beau qu'auparavant», sous-entendu plus sain.

C'est un peu étonnant, quand même, de constater le détachement avec lequel certains coureurs répondent aux soupçons d'un public dont ils attendent le soutien. C'est évidemment aux plaignants d'apporter les preuves de leurs accusations, toujours, mais le contexte est si pesant dans le peloton qu'une posture plus proactive sur le sujet apaiserait les tensions. Or ce n'était pas vraiment l'idée de Matej Mohoric lorsqu'il a célébré sa victoire en plaçant un doigt sur sa bouche, deux jours après la perquisition menée par les gendarmes contre son équipe Bahrain-Victoria.

Une telle défiance trouble et interroge de nombreux amoureux du vélo, qui en viennent à interpréter la rentrée prochaine de Thibaut Pinot, ses ambitions lointaines et ses défaillances, comme le signe d'un retour à la normale.

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