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La Nati en rangs serrés avant le match amical face aux Etats-Unis.
La Nati en rangs serrés avant le match amical face aux Etats-Unis.Image: KEYSTONE
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Aimer cette équipe de Suisse, c'est prendre le risque d'être déçu

Les joueurs de Petkovic promettaient avant le tournoi qu'ils avaient changé et qu'ils allaient marquer l'histoire. Des déclarations qui nous avaient inspiré ce commentaire, que nous publions à nouveau avant le match contre la Turquie.
12.06.2021, 07:3001.09.2021, 17:53
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Comme chaque été quand approche une grande compétition de football, l’équipe de Suisse revient frapper à la porte de notre petit coeur de patriote. Elle nous dit les mots qu'on rêve d'entendre, qu'elle n'a jamais été aussi forte et conquérante, et fait la promesse d'un amour durable, trois semaines au moins. C'est beaucoup en football, où certaines équipes quittent la compétition après dix jours. Pas la Suisse, jure-t-elle. Pas cette fois.

«Nous sommes devenus plus mûrs. L’équipe aussi. Les cadres sont là depuis des années. Nous nous connaissons par cœur. L’ambiance au sein de l’équipe est exceptionnelle. Le moment est venu d’écrire l’histoire. C’est maintenant ou jamais»
Granit Xhaka

Ça donne envie d'y croire très fort, de retomber amoureux en oubliant le passé et tous ces espoirs déçus, les éliminations sans gloire contre l'Ukraine (2006), le Honduras (2010), la Pologne (2016) ou la Suède (2018). Surtout qu'un quart du pays est vacciné, que les terrasses sont pleines, que flotte le parfum d'un retour à une vie de joie et de communion. L'Euro 2020, c'est peut-être le meilleur moment pour faire des rêves.

Il faudra se dépêcher quand même, parce que le premier match contre les Gallois arrivera vite (c'est samedi) et qu'il s'agira surtout de ne pas le perdre. Ce ne sera pas facile de faire des points par la suite, contre la redoutable Italie chez elle et une Turquie survoltée en Azerbaïdjan, et même si les meilleurs troisièmes seront qualifiés, rien ne dit que la Suisse aura le bonheur d'en faire partie.

Le programme Euro 2020 de la Nati

Samedi 12 juin - 15h à Bakou: vs Pays de Galles 🏴󠁧󠁢󠁷󠁬󠁳󠁿
Mercredi 16 juin - 21h à Rome: vs Italie 🇮🇹
Dimanche 20 juin - 18h à Bakou: vs Turquie 🇹🇷

Parce que même si les joueurs de Petkovic restent sur quatre victoires consécutives en 2020, même s'ils sont dans la force de l'âge, les incertitudes sont nombreuses et fragilisent les promesses.

Un bon parcours ne se fera pas sans un bon gardien. Or Yann Sommer a vécu une saison malheureuse en Bundesliga. Aucun autre portier n'a arrêté si peu de ballons (61% de réussite) dans la division.

Le onze de base 🇨🇭

Devant lui, Manuel Akanji et Fabian Schär offrent également peu de garanties, le premier en raison de ses performances douteuses avec Dortmund en début de saison, le second en conséquence de son triptyque de malheurs (épaule, covid, genou) ces douze derniers mois. Nico Elvedi apparaît le plus régulier, mais sa prestation à la relance et aux duels contre les Etats-Unis en match amical laisse songeur.

Un peu comme le rendement offensif de cette Suisse qui n'a plus de grand buteur. On a longtemps cru que Breel Embolo, Haris Seferovic ou Xherdan Shaqiri le deviendraient, mais aucun des trois n'a eu la carrière qu'on lui prédisait.

  • Embolo sort d'une saison épouvantable avec Gladbach. Il n'a inscrit que cinq buts en championnat, soit une réussite toutes les 288 minutes.
  • Seferovic n'a jamais brillé ailleurs qu'au Benfica, où il marque tous les buts qu'il n'inscrit pas en équipe de Suisse (21 réussites en 73 matches).
  • Shaqiri a évolué dans les plus grands clubs (Bayern, Inter, Liverpool) sans jamais s'y installer durablement. Il ne joue plus avec les Reds, qu'il devrait quitter cet été.

«XS» reste toutefois un joueur génial capable de faire basculer un match sur une seule action, une seule fantaisie. S'il n'oublie pas d'être percutant et audacieux, on pourra alors lui pardonner jusqu'à son désintérêt notoire pour le repli défensif.

Un geste dans l'histoire ❤️

Le milieu offensif de la Nati avait inscrit un but d'anthologie contre la Pologne lors de l'Euro 2016.Vidéo: YouTube/UEFA

Car c'est aussi ce qu'on attend d'une équipe dont on dit souvent qu'elle n'a rien à perdre: qu'elle sache être créative, impertinente voire un peu folle. Qu'elle encourage les tentatives de lob à 40 mètres, les chevauchées désespérées et les gestes techniques, même plein axe en défense. Qu'elle nous donne envie de ne pas regretter son élimination, et la force d'attendre son retour, dans 18 mois au Qatar.

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