Le rugby suisse est à 80 minutes d'un exploit historique
Il y a un an, l’équipe de Suisse de rugby avait connu des débuts difficiles lors de sa première participation au Rugby Europe Championship, une sorte de tournoi B des Six Nations. En Géorgie, elle s’était inclinée 110-0, avant de subir une autre défaite cinglante 73-0 aux Pays-Bas.
Malgré tout, la Suisse était parvenue à remporter un match: celui contre l’Allemagne pour la 7e place, grâce à un drop de Jules Porcher après la sirène. Ce succès avait permis au XV de l’Edelweiss de s’emparer de l’avant-dernière place du classement général, un pas important en vue du maintien, décidé sur deux saisons.
Un an plus tard, l’équipe de Suisse a visiblement franchi un cap: après n'avoir concédé que 54 points face aux rugbymen géorgiens, elle s'est récemment imposée 29 à 23 contre les Pays-Bas.
Comment expliquer une telle différence? «Par l’expérience acquise l’an passé et la maturité du groupe», estime Jules Porcher, joint par watson. «C’est toujours plus simple d’aborder une compétition lorsqu’on la connaît», dit-il, sans oublier de souligner l’important travail individuel et collectif réalisé au cours des derniers mois.
Le calendrier favorable aux hommes d’Olivier Nier explique aussi cette dynamique positive. Cette année, l'équipe évolue davantage à domicile qu’à l’extérieur. «Jouer à la maison nous galvanise, même si l'on a prouvé que nous étions capables de bien représenter la Suisse à l'extérieur, en faisant une grosse première mi-temps en Espagne (réd: 21-14 à la pause).»
Dire que la ville d'Yverdon, nouveau fief du rugby suisse, est devenue une forteresse imprenable serait exagéré. Néanmoins, l'ambiance au Municipal est «juste incroyable» pour une nation a priori peu enthousiasmée par le rugby, s'émerveille Jules Porcher.
Plus de 2000 personnes étaient présentes à Yverdon pour la réception de la redoutable équipe de Géorgie. Un chiffre qui pourrait bien être dépassé, samedi (13h), à l'occasion d'un match capital à domicile.
Grâce à sa troisième place dans une poule de quatre, le XV de l’Edelweiss a obtenu le droit de recevoir l’Allemagne en demi-finale pour les places cinq à huit du classement général. Une victoire, comme l’an passé, permettrait à la Suisse de valider un maintien historique en Rugby Europe Championship. Logique donc que la partie soit abordée «comme une finale». «On s’est donné les moyens de les recevoir et on compte bien l'emporter», confie le demi d'ouverture.
En cas de succès, l’équipe de Suisse de rugby disputerait ensuite la «finale» pour la cinquième place du tournoi 2026, ce qui constituerait son meilleur résultat.
Une défaite, en revanche, pourrait entraîner une relégation si, dans le même temps, la Belgique venait à perdre par surprise contre les Pays-Bas. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si les Belges s'imposaient, comme attendu, la Suisse, battue par l’Allemagne, aurait à jouer un nouveau match contre les Bataves pour la septième place. Le perdant serait alors directement relégué.
Ces scénarios n’intéressent toutefois pas Jules Porcher et ses coéquipiers. «Nous sommes uniquement concentrés sur le match contre l’Allemagne et sur ce que nous allons mettre en place pour pouvoir gagner.»
