Fiasco total pour l'écurie Aston Martin en F1
Aston Martin ne pouvait pas lancer la saison 2026 de Formule 1 de façon plus chaotique. Lors du Grand Prix d'Australie, dimanche, ses voitures ont multiplié les retours aux stands. Finalement, Fernando Alonso a été contraint à l'abandon, tandis que Lance Stroll a terminé dernier, à quinze tours du vainqueur George Russell.
Plus tôt, l’écurie britannique avait déjà rencontré des difficultés à Melbourne: Stroll n’a pas pu prendre part aux essais 3 ni à la séance de qualification. Même chose pour Alonso durant la toute première séance du week-end. Et lorsque les pilotes Aston Martin ont enfin pu entrer en piste, ils n’ont effectué que quelques tours, tout en étant largement distancés par la concurrence, comme lors des essais hivernaux.
Pourtant, l’écurie basée à Silverstone nourrissait de grandes ambitions pour 2026. Non seulement elle s’est attachée les services de l'ingénieur historique de Red Bull, Adrian Newey, mais elle a aussi changé de motoriste. Après une longue collaboration avec Mercedes, Aston Martin travaille désormais avec Honda, l'ancien partenaire de Red Bull.
Mais ce qui devait être un mariage à succès est en train de tourner au fiasco, le moteur japonais provoquant d'importantes vibrations sur la AMR26. «L’unité de puissance est la source des vibrations, c’est elle qui les amplifie», a déclaré Newey, promu team principal de l'écurie britannique.
Un risque pour les pilotes
Ces vibrations ont évidemment des conséquences sur les composants, certains pouvant par exemple se détacher. Lors des essais hivernaux, elles avaient également endommagé et carbonisé les batteries du moteur hybride, une tuile quand on sait que la F1 a renforcé cette année l’importance de l'électrique.
Mais avant le Grand Prix d’Australie, Aston Martin craignait surtout pour ses pilotes. «Ces vibrations provoquent des problèmes de fiabilité que nous devons corriger. Mais le vrai problème, c’est que ces vibrations finissent par se transmettre jusqu’aux doigts», s’inquiétait Adrian Newey.
Avant les premières séances, Fernando Alonso estimait ne pas pouvoir parcourir plus de 25 tours, tandis que Lance Stroll, qui a comparé les vibrations à de véritables électrocutions, se montrait encore plus pessimiste, limitant son roulage à 15 tours. Cependant, les contre‑mesures prises durant le week-end se sont révélées relativement efficaces, si bien que les nombreux retours aux stands en course n’auraient pas été motivés par la nécessité de préserver les pilotes.
Plus de batteries
A Melbourne, l’unité Honda a toutefois présenté de nouvelles défaillances, comme ce «problème de communication interne entre la batterie et son système de gestion». En outre, Aston Martin a révélé ne disposer d’aucune batterie de rechange après en avoir grillé trois en pré-saison.
Honda étant actuellement dans l’impossibilité de fournir de nouvelles batteries à l’équipe, Aston Martin a couru en Australie dans la crainte de la panne totale. Il devrait en être de même lors du prochain Grand Prix en Chine.
Flop Honda
Le partenariat Aston Martin-Honda commence donc sous de mauvais auspices et rappelle forcément la fameuse déroute McLaren-Honda. Cette association n’avait duré que trois saisons, de 2015 à 2017, et s’était soldée sans la moindre victoire.
Dans les paddocks, on murmure déjà un changement de motoriste, une rumeur que l’ancien pilote Timo Glock estime crédible, selon ses propos à Sky Deutschland.
Cette rumeur prend encore plus d’ampleur après les déclarations d’Adrian Newey, qui a laissé entendre que l'équipe Aston Martin avait été déçue par l’attitude de la firme japonaise.
Honda s’est retiré de la F1 après le premier titre de Max Verstappen, fin 2021, mais a tout de même continué à accompagner et soutenir Red Bull, contribuant aux autres succès de l’écurie autrichienne. Finalement, le motoriste est revenu sous une nouvelle structure quelques mois plus tard, commençant à préparer la nouvelle réglementation, sans toutefois reconstituer la même équipe. «Ils n’ont pas apporté l’expérience qu’ils avaient acquise auparavant. Honda est revenu à, disons, seulement 30% de leur équipe d’origine», a expliqué Newey.
Problème: Aston Martin n’était visiblement pas au courant de cette perte de savoir-faire lors des négociations avec Honda entre 2022 et 2023. «Nous n’en avons vraiment pris conscience qu’en novembre dernier, lorsque nous nous sommes rendus à Tokyo pour discuter des rumeurs selon lesquelles ils n’atteindraient pas leur objectif initial de puissance pour la première course», a indiqué le team principal de l'écurie britannique. Voilà qui pourrait rester en travers de la gorge.
