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Lucien Favre regrette-t-il d'avoir cru aux promesses de l'OGC Nice?

epa10040759 Swiss new head coach of French Ligue 1 club OGC Nice, Lucien Favre, leads a training session, in Nice, France, 29 June 2022. The club on 27 June announced the return of the Swiss coach to  ...
Lucien Favre à l'entraînement avec l'OGC Nice.Image: sda

Lucien Favre regrette-t-il d'avoir cru aux promesses de son ex?

L'entraîneur vaudois est retourné à Nice où il avait laissé de grands souvenirs. Où on lui avait promis des moyens et la haute main sur les transferts. Après deux mois, un doute s'installe.
31.08.2022, 09:59
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«Franchement, on avait de la peine pour lui», confesse l'envoyé spécial de Foot Mercato, dont l'article décrit un Lucien Favre «complètement désabusé» devant la presse. Nice venait de perdre 0-3 contre Marseille dans le derby des cigales. Il repart en campagne ce mercredi à Lille, ce qui ferait dire à un vrai Vaudois qu'il ne va pas vers le beau: 1100 kilomètres, 6 degrés Celsius et 12 places séparent les deux clubs. Lille est 6e, Nice 18e.

Ôtons d'emblée toute équivoque: Lucien Favre n'est pas menacé. «Au contraire, les dirigeants ont peur qu'il se barre», glisse un insider de l'OGC Nice. Certains joueurs, certes, trouvent ses adjoints «un peu mous», mais les rares critiques viennent des forums - où l'on massacre les entraîneurs et l'orthographe en toute impunité.

Lucien Favre est-il aussi désabusé que les médias le pensent? Ses proches démentent. Pas à son âge (64 ans). Pas avec la peau dure de ceux qui ont déjà essuyé beaucoup de critiques. «Mais l'état de grâce est terminé», témoigne le journaliste de l'ATS Laurent Ducret, en visite à Nice.

Le technicien est traversé d'un doute, voire d'un affreux doute, sur la nature de ses sentiments. Le voilà dans la peau (aussi dure soit-elle) d'un homme qui était très courtisé, qui a repoussé des propositions séduisantes, qui est finalement retourné chez son ex, séduit par ses belles promesses, et qui s'en trouve un peu marri, voire trompé.

Après son licenciement du Borussia Dortmund, Lucien Favre avait besoin de repos. Il était encore l'un des entraîneurs les plus côtés en Europe, où son nom circulait facilement. Le propriétaire de Crystal Palace a tout tenté pour l'engager - Crystal Palace, son académie, ses talents bruts, sa patience: idéal? Le président de Marseille s'est déplacé personnellement dans le Gros-de-Vaud. Everton, Tottenham et un grand club espagnol ont pris contact. Manchester United l'a placé sur sa short-list avant de lui préférer Ralf Rangick, pour des motifs extra-sportifs.

Et voilà Lucien Favre de retour à Nice, cinq ans après une troisième place miraculeuse, quatre ans après avoir fui la pingrerie des nouveaux actionnaires sino-américains. Les retrouvailles, logiquement, sont à la mesure des souvenirs que «Lulu» avait laissés. Mais cette nostalgie n'est pas sans risque: plus les attentes sont élevées, plus on tombe de haut.

Les histoires de rabibochage, en général, finissent mal: José Mourinho à Chelsea, Guy Roux à Auxerre, Leonardo Jardim à Monaco, ont vécu les affres de la débandade et des retours en disgrâce. Les exceptions restent rares (Carlo Ancelotti au Real Madrid).

Plus généralement, ceux qui retournent auprès de leur ex le font tous pour les mêmes raisons, peu importe que ce soit de l'amour ou du football: le souvenir (potentiellement idéalisé), la complicité, la peur d'être seul, le confort, la facilité... Et Lucien Favre?

Quand Nice l'a approché, le Vaudois était libre, impatient, en attente du grand soir et du labeur au quotidien. Le club lui a promis qu'il avait changé, qu'il lui donnerait les moyens de réussir et le dernier mot sur les transfert.

Jim Ratcliffe, propriétaire de l'OGC Nice.
Jim Ratcliffe, propriétaire de l'OGC Nice. Image: sda

Des promesses en l'air? Co-fondateur du géant Ineos et propriétaire de l'OGC Nice, Jim Ratcliffe s'est offert le plaisir égoïste d'un recrutement so british, très précisément deux vieilles gloires de Premier League, un gardien de bientôt 36 ans auquel Leicester tenait plus (Kasper Schmeichel) et un fragile gallois en convalescence depuis deux ans (Aaron Ramsay). Sans parler de Pepe, la cinquième roue du char à Arsenal, à l'arrêt depuis trois ans.

Lucien Favre espérait beaucoup mieux. Il surveille l'arrivée des renforts comme d'autres l'arrivée du gaz, conscient qu'à la clôture du marché, jeudi minuit, tous ses besoins ne seront pas satisfaits.

Ineos, également propriétaire du Lausanne-Sport, a connu des succès fulgurants dans le cyclisme, le marathon ou la voile, mais sa carrière dans le football peine à décoller, jusque dans ses projets d'expansion (rachats de Chelsea et de Manchester United).

«Le problème, c'est qu'il n'y a pas de boussoles. Ineos donne l'impression de ne pas savoir où il va, avec ses transferts d'opportunité et de coups de coeur»
Dave Appadoo dans L'Equipe du Soir

Perfectionniste et entier, Lucien Favre peut-il se sentir trahi et claquer la porte, comme à Gladbach? Mardi soir, son discours était le même qu'au premier jour: «Mon objectif est de construire une équipe qui, dans deux ans, puisse rivaliser avec les trois premiers du championnat, même plus. Je ne suis pas inquiet, ça va revenir, mais ça peut prendre des semaines ou des mois. Cela dit, j'aime autant mal commencer mais mieux finir.»

Son entourage ne croit pas à un départ précipité; même si... «Il est prêt à remplacer les joueurs, quel que soit leur statut, pour rendre l'équipe plus performante», prévient Laurent Ducret. A 64 ans, on n'a plus peur de grand-chose. Sauf peut-être de ne pas retrouver l'amour.

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