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Suisse-Argentine: on a soutenu la Nati à la fan zone de Vevey

Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Watson y était.
Image: Watson

«Impossible de dormir avec un match pareil»

Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Les supporters de la Nati ont vécu une nuit blanche riche en émotions, jusqu'à l'aube. Watson y était.
12.07.2026, 07:3812.07.2026, 07:42

Il fallait se lever tôt — ou ne pas se coucher — pour venir soutenir la Nati contre l'Argentine dans une zone fan de Suisse, ce dimanche matin à 3h. Et pourtant, les fans de l'équipe nationale se sont déplacés en masse. Lorsque j'arrive dans la fan zone de Vevey, vers 2h30, il y a déjà foule. Une foule bien rouge. Les maillots de la Nati et les drapeaux à croix blanche emplissent la zone.

Les 800 places prévues à l'intérieur sont pleines. De chaque côté des grillages — côté lac ou côté parc — les spectateurs s'accumulent. «Avec les gens à l'extérieur, on va dépasser les 2000 spectateurs», estime un membre du staff. Il pense d'ailleurs que le chiffre va encore grossir.

«Ceux qui ont terminé leur soirée au Montreux jazz seront peut-être tentés de venir la poursuivre ici»

«Impossible de dormir avec un match pareil»

Il y beaucoup plus de rouge que de bleu dans le public, malgré quelques téméraires supporters argentins, isolés. A 2h50, la retransmission commence. Granit Xhaka apparaît en grand sur l'écran et les cris d'encouragement éclatent. Des tambours, des «hop Suisse!» retentissent. Lorsque le match démarre, la foule est déjà en liesse.

Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Watson y était.
Un début de match bien matinal.Image: Watson

Nathan et ses potes se sont posés sur un banc. La plupart d'entre eux portent un maillot rouge. Ils y croient: la Suisse peut y terminer en demi-finales.

«Impossible de dormir avec un match pareil»
Nathan
Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Watson y était.
Nathan, Alexandre, Julien, Henry, Louis et Loïc.Image: Watson

L'absence de Manzambi? Non déterminante.

«C'est une mauvaise nouvelle, mais on a les qualités pour arriver jusqu'au bout»
Alexandre

Un but en décalé

De l'autre côté des grillages, côté lac, un groupe s'est agglutiné sur des chaises. Arrivés quinze minutes avant le début du match, ils auront pourtant une vue correcte sur l'écran. Côté pelouse, les gens se sont sagement assis les uns derrière les autres, sur une bonne centaine de mètres. «Asseyez-vous!», hurle un homme à un groupe qui lui barre la vue.

Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Watson y était.
Il y a foule.Image: Watson

Des gens continuent à arriver et s'étalent sur toute la pelouse. Certains, loin de l'écran, préfèrent sortir leur téléphone pour mieux voir le match depuis leurs genoux. Qu'importe, tant que l'ambiance est bonne. Soudain, alors que le match est lancé depuis une dizaine de minutes, une fille crie dans le public:

«Oh non, il y a un but!»

A l'écran: (encore) rien. Plusieurs personnes se retournent autour d'elle, le regard noir. Son téléphone avait quelques secondes d'avance sur la retransmission: dans la foulée, l'Argentin Mac Allister marque d'une tête dans le but suisse. C'est la déception dans le public. L'ambiance se refroidit direct dans la fraîcheur de la nuit.

Le but de Ndoye réchauffe la foule

C'est la mi-temps. La nuit est toujours noire à Vevey. Les supporters n'ont rien perdu de leur verve. Pour la deuxième mi-temps, décisive, la foule s'échauffe. Les tentatives infructueuses de la Nati la rendent folle. Des cris éclatent. A chaque fois que Lionel Messi apparaît à l'écran, des huées montent du public.

Et puis, la consécration. A la 67e, le but de Ndoye fait exploser le public. On saute dans tous les sens. Des gens montent sur scène, la sécurité s'active. La tension redescend lentement, mais l'ambiance reste électrique.

Le moment 👇

Vidéo: watson

Le «scandale» Embolo

Puis, c'est le drame. Embolo tombe lors d'un contact avec un Argentin. Dans le doute, la VAR appelle l'arbitre: c'est carton rouge pour simulation. La décision passe très mal. Les insultes fusent dans le public. Henry s'exclame: «C'est scandaleux!»

«Scan-da-leux!»
Henry

Le match continue. A la fin de la mi-temps, certains fans commencent à quitter la zone, fatigués. Faire nuit blanche, plus facile à dire qu'à faire.

La prolongation commence, et le jour monte sur Vevey, accompagnée d'une petite brise particulièrement fraîche. Les tambours continuent. Quelqu'un lâche:

«Regarde, il fait jour — et on n'a toujours pas gagné!»
Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Watson y était.
Aurore sur le Léman.Image: Watson

La tension est au maximum durant ces prolongations. Deux arrêts de Kobel relancent la ferveur du public. Mais il n'arrivera pas à arrêter la lucarne impeccable de Julian Alvarez, à la 112e minute. La douche froide.

Un troisième but fatidique

Mais on y croit. La Nati peut encore égaliser! Il ne reste que quelques minutes. Puis, le moment fatidique: Martinez enfonce le clou à la 122e.

Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Watson y était.
L'ambiance s'est refroidie.Image: Watson

Cette fois-ci, l'espoir s'est envolé. Les spectateurs quittent la zone en masse. La plupart d'entre eux ne verront pas les deux dernières minutes de jeu.

De quoi applaudir la Nati

Coup de sifflet final. Le public applaudit. La Nati s'est battue avec honneur. La pelouse est désertée, des bouteilles d'eau jonchent le sol. Un fan grognon en tape une du pied. Plus loin, un groupe de potes jongle (avec un ballon) avant de rentrer.

Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Watson y était.
Image: Watson

Le matin est bien là. Au loin, au-delà du lac, le bleu et le rouge se rencontrent enfin.

Le 12 juillet 2026, la fan zone de Vevey a vibré pour le match Suisse-Argentine. Watson y était.
Image: Watson
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Pourquoi l'Argentine mérite (un peu) de battre la Suisse
Oui, le titre est provoc. Inflation, incertitude économique et cicatrices du passé: l'Argentine est un pays rongé par les crises. Le football lui offre de l'espoir et, le temps d'un match, un sentiment d'unité.
Si l'on n'a pas souffert, cela ne compte pas. C'est ainsi que l'on pourrait traduire, en substance, un proverbe argentin.

La souffrance. Peu de choses sont plus typiquement argentines. Peut-être le maté. Le tango. L'asado. Le vin rouge. Ou encore Lionel Messi et Diego Armando Maradona. Mais souffrir est un trait de caractère partagé par tous les Argentins. Que ce soit dans le football ou dans la vie. «¡Si no se sufre, no sirve!»
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