Un grand du cyclisme s’efface par la petite porte
Parmi les coureurs encore sans équipe pour 2026, un nom se distingue: celui de Chris Froome.
Le contrat de cinq ans qui unissait le «Kenyan blanc» à Israel-Premier Tech a expiré fin 2025, et comme attendu, il n'a pas été renouvelé. Cette décision n'est aucunement liée à la récente transition entre la formation israélienne, dont la présence dans le peloton a été régulièrement contestée ces derniers mois, notamment par des manifestants pro-palestiniens, et NSN Cycling.
«Froomey» n'a jamais convaincu au sein de son équipe. Ses résultats décevants, couplés à son salaire mirobolant, ayant oscillé entre 3 et 4,5 millions d’euros par an, l’ont simplement rendu indésirable.
Chez Israel-Premier Tech, Froome, 40 ans, est redevenu un anonyme du peloton, ou pire, un amateur parmi les professionnels. C’est finalement son ancienne équipe, Ineos Grenadiers, qui a eu le flair de ne pas le prolonger en 2020, comprenant qu’elle ne pourrait plus rien en tirer, au contraire de Geraint Thomas, en qui elle a maintenu sa confiance jusqu’à ses 39 ans. «G» a tourné la page en septembre avec des adieux réussis sur son tour national de Grande-Bretagne.
Finalement, la terrible chute subie par Chris Froome en 2019, celle lui ayant occasionné de multiples fractures au fémur, au coude et aux côtes en marge du Dauphiné, s’est révélée presque insurmontable.
Depuis, le Britannique n’a obtenu aucun résultat probant, à l’exception de sa 3e place lors d’une étape de montagne du Tour de France 2022. Présent dans l’échappée matinale, il avait été battu à l’Alpe d’Huez par la star montante de son ancienne équipe, Tom Pidcock, ainsi que par le grimpeur Louis Meintjes.
Ce baroud d'honneur sur les routes du Tour se voulait à l'époque salvateur pour son image. Domination totale, suspicion, course cadenassée par son équipe – le fameux train de la «Sky»: «Froomey» a longtemps subi les foudres des spectateurs. Ses efforts pour s’exprimer en français n’ont pas empêché les jets d’urine et les sifflets au podium.
Or sur cette étape du Tour de France 2022, Froome le pestiféré affichait un autre visage: celui du champion déchu habité par le panache, du revenant marqué par les épreuves, du coureur passionné qui ne lâche rien.
Malheureusement, cette image ne lui est pas longtemps restée attachée. Quelques semaines plus tard, il disputait son dernier Grand Tour, la Vuelta 2022, avant d’enchaîner trois nouvelles saisons difficiles sur le plan sportif. Le panache laissait déjà place à l’oubli.
Ce sentiment s’est exacerbé lorsqu’en août 2025, Froome a été victime d’un grave accident à l’entraînement. Souffrant d’un pneumothorax, de côtes cassées ainsi que d’une fracture des vertèbres lombaires, il a été contraint d’écourter sa saison et n’a donc pas eu droit à une fin à la Geraint Thomas.
Le quadruple vainqueur du Tour estimait, il y a dix mois, que la saison 2025 avait de grandes chances d’être sa dernière. Il avait sans doute raison. Après tout, comment une équipe, même de deuxième division, pourrait désormais manifester son intérêt? Même pour un simple coup médiatique, aucune évidence ne se dégage. Près de huit ans après sa dernière victoire, et six mois après son ultime course, Chris Froome raccrochera par un simple message d’adieu sur les réseaux sociaux. Il ne peut en être autrement.
