Ce célèbre footballeur genevois a un amour irrationnel pour Gottéron
Carlos Varela (48 ans) est Genevois et habite à Berne. Autrement dit: il coche toutes les cases pour ne pas supporter Fribourg-Gottéron, Genève-Servette et le CP Berne étant les deux grands rivaux des Dragons. Sans compter qu'il est rare de voir d'anciens footballeurs pros, comme lui, s'intéresser de près au hockey sur glace.
Pourtant, l'ex-milieu de terrain de Super League (Servette, Bâle, YB ou encore Xamax) et actuel consultant foot chez blue Sport est un grand amoureux de Gottéron, et depuis longtemps. Il soutient même avec ferveur les Dragons. Pour preuves: ses nombreuses stories postées sur les réseaux sociaux pour fêter le premier sacre national des Fribourgeois. Il nous raconte cet amour irrationnel.
Un Genevois qui habite Berne et qui soutient Fribourg, c'est quand même très particulier!
CARLOS VARELA: Oui, beaucoup de monde me le fait remarquer! (Rires) Mais vous savez, quand j'ai quitté Genève en 1999, Servette n'était pas encore remonté en National League, et je ne suivais pas encore le hockey. Et oui, j'habite le canton de Berne depuis 18 ans, mais je suis seulement à dix minutes de voiture de Fribourg. Ce qui me permet d'aller souvent à la BCF Arena.
J'ai visité d'autres patinoires, mais je n'ai jamais vu un engouement aussi fort qu'à Fribourg. Cette passion, c'est juste dingue!
Vos deux jobs sont aussi à Fribourg (blue Sport et Otis), ça aide aussi à devenir fan.
Oui, clairement! C'est en côtoyant tous les jours de grands supporters de Gottéron que je suis moi-même devenu un fan absolu. Ils m'ont raconté l'histoire de ce club, je l'ai adorée. Je suis allé visiter l'ancienne patinoire en Basse-Ville, j'ai commencé à mettre un maillot aux matchs. Je ne suis pas né Gottéron, ni hockey, mais je le suis devenu. Comme on dit: «Une fois Fribourg, pour toujours Fribourg».
Le samedi, à la parade de l'équipe pour fêter le titre, j'ai vu des gamins de 15 ans pleurer, des personnes âgées aussi. Mais des jeunes de 15 ans pleurer pour ce sacre, c'est fou! Ça veut dire que leurs parents et même leurs grands-parents leur ont raconté toute l'histoire de ce club, leur ont injecté cette passion dès leur plus jeune âge. Ça prouve la ferveur. J'adore ça! Une autre chose durant la finale m'a rappelé pourquoi j'aime autant ce club...
On vous écoute!
Quand Gottéron était mené 3-2 dans la série, j'entendais tous les fans à Fribourg dire: «Quoi qu'il arrive, ce que Gottéron est en train de nous offrir, c'est extraordinaire!» Franchement, c'est magnifique d'entendre ça!
Au contraire, dans certains clubs, de foot par exemple, des supporters disent: «Si c'est pour perdre une finale, autant ne pas y aller». Mais non, c'est faux! Le sport, c'est les émotions, c'est l'amour du maillot. D'ailleurs, quand je jouais, c'était mon moteur.
Vous êtes abonné à la BCF Arena?
Non, mais je vais voir environ 20 matchs par saison. Grâce à des connaissances qui, elles, ont l'abonnement. Quand l'une d'elles ne peut pas aller au match, je suis toujours le premier sur la liste pour la remplacer! (Rires) Chaque fois que je peux y aller, j'y vais.
Et à la patinoire, vous êtes quel genre de fan?
Je ne vais pas dans le virage et je ne connais pas tous les chants, mais je porte toujours les couleurs du club.
Même pour des équipes pour lesquelles je ne suis pas supporter. Par exemple, ont est allé voir AC Milan-Gênes avec mes deux filles de 13 ans et 12 ans. Et on a choisi notre camp, on a acheté une écharpe du Milan, pour vibrer.
En parlant de vibrer, vous avez fêté comment ce premier sacre de Gottéron?
Le soir du match décisif, j'ai dû rester chez moi. Je l'ai regardé à la TV mais... j'ai tout éteint au début de la prolongation. Il fallait que je tente quelque chose de différent: les autres matchs, quand je regardais, ça tournait toujours en faveur de Davos. Du coup, j'ai juste attendu la notification du résultat sur mon téléphone. J'étais sur mon balcon et, tout à coup, j'ai lu: «Gottéron est champion!»
Et ensuite?
Là, c'est parti! J'ai téléphoné à des amis qui étaient à la patinoire à Fribourg, devant l'écran géant, pour fêter avec eux en appel vidéo. Je voulais les rejoindre, mais on m'a dit que tous les accès étaient bouchés.
Mais de manière bon enfant. J'aurais vraiment bien voulu être sur place pour célébrer...
Mais vous vous êtes rattrapé avec la parade en ville le samedi.
Oui, j'y suis allé avec des potes. On n'a pas pu approcher les joueurs, car il y avait trop de monde autour. Mais c'était impossible pour moi de ne pas venir à Fribourg ce jour-là, il fallait absolument marquer le coup!
