DE | FR
Rappelé sur le banc dimanche, l'Argentin du PSG semble interroger son entraîneur du regard, vexé et incrédule.
Rappelé sur le banc dimanche, l'Argentin du PSG semble interroger son entraîneur du regard, vexé et incrédule.
Image: Keystone

Sortir Lionel Messi, un crime de lèse-majesté

Selon un sondage réalisé par L'Equipe et publié ce mardi matin, 41% des internautes estiment que le remplacement de Messi dès la 76e minute face à Lyon, dimanche en championnat, laissera des traces. En d'autres termes: que Mauricio Pochettino pourrait en payer les conséquences.
21.09.2021, 06:4621.09.2021, 15:00
Julien Caloz
Julien Caloz
Suivez-moi

Il y a des matchs qui, dans une saison, marquent un tournant: celui du Paris Saint-Germain (PSG) contre Lyon, dimanche soir en championnat, pourrait en faire partie, mais pas pour les raisons que le résultat final (2-1) laisse supposer. Car, plus que la victoire (la sixième en autant de matchs de Ligue 1 pour Paris), c'est le remplacement de Lionel Messi à la 76e minute de jeu qui s'est inscrit comme un évènement.

L'Equipe y revient d'ailleurs ce matin pour nous donner deux informations:

  1. Le remplacement de l'Argentin «a été dicté par des raisons physiques». Messi avait reçu une béquille au-dessus du genou gauche et son entraîneur a souhaité le préserver en vue de la succession des matchs à venir (Metz demain, Montpellier samedi, puis Manchester City mardi).
  2. 41% des internautes (sur 61 000 participants) qui ont répondu à la question du jour estiment que ce remplacement laissera des traces.

Cette question avait été proposée aux lecteurs avant que le journal ne révèle le coup reçu par Messi, mais la proportion des supporters inquiets est si importante, et l'agacement de l'Argentin si manifeste à sa sortie, qu'on ne peut qu'y suspecter le signe d'un malaise entre la star et son entraîneur.

Car Pochettino a fait ce qu'aucun des entraîneurs de Messi n'avait osé faire ces onze dernières années: sortir le prodige alors que le score était serré (1-1) et que le joueur voulait poursuivre la partie.

La dernière fois que c'était arrivé, Massimo Busacca était encore un arbitre et Thierry Henry un joueur du Barça. C'était le 31 mars 2010, lors du quart de finale aller de la Ligue des champions entre les Catalans et Arsenal. Messi était sorti en fin de match, mais Pep Guardiola avait des circonstances atténuantes ce soir-là: il avait injecté un défenseur pour consolider le 2-2 alors que son équipe était en infériorité numérique.

Dimanche au Parc, rien de tout cela: Paris évoluait à onze et pressait pour arracher la victoire lorsque Pochettino a «puni» le sextuple ballon d'Or.

Un choix rare et surprenant, donc fort, mais compréhensible d'un point de vue sportif: Messi était moins influent en seconde période et les changements ont donné raison au coach puisque Paris s'est imposé grâce à la réussite d'un nouvel entrant (Icardi).

Le problème pour Mauricio Pochettino, et il le sait très bien, c'est que le PSG est bien plus qu'un club de football. C'est une institution, la vitrine d'un puissant pays (le Qatar) et, dans ce contexte, l'image du club ne dépend pas uniquement de ce qu'il se passe sur le terrain. Sortir Lionel Messi le soir même où il est titulaire pour la première fois au Parc des Princes, où il est observé par des journalistes du monde entier (250 médias accrédités), ressemble à une grosse maladresse.

Très vite d'ailleurs, les journalistes ont diffusé les images d'un Messi boudeur, puis figé sur le banc. Incrédule.

Rappelons que Mauricio Pochettino a toujours encouragé une concurrence à tous les postes, à commencer par celui de gardien de but. Il n'a jamais manqué non plus l'occasion d'affirmer son autorité, expliquant dimanche qu'il était là pour «prendre des décisions», au risque de déplaire.

Mais il a sans doute touché à une limite de sa fonction lors de la rencontre face aux Lyonnais. Car, dans chaque équipe, il y a des joueurs qui sont plus importants que d'autres et Lionel Messi est de ceux-là. C'est d'ailleurs à lui que les jardiniers du Nou Camp demandèrent un jour s'il fallait arroser la pelouse pour la deuxième mi-temps d'un match du Barça.

Plus d'articles sur le sport

Montrer tous les articles

Douze clubs européens officialisent une «Super Ligue», l'UEFA furieuse

L'UEFA exclura les clubs qui participeront à une «Superligue» privée», a réaffirmé dimanche l'instance dirigeante du football européen. Elle a réagi à la création de ce lucratif tournoi fermé, rival de la Ligue des champions, qui vient d’être officialisé dimanche soir, et dont la réforme doit être actée lundi.

La guerre est déclarée entre certains clubs et l'UEFA, qui a réagi officiellement à la création d'une «Superligue» fermée par plusieurs clubs anglais, espagnols et italiens allant jusqu'à la menace, et fermement.

Comme c'était pressenti depuis les révélations du New York Times, le projet de création d'une Superligue européenne a bien été officialisé par ses douze membres fondateurs tard dimanche soir. Vouée à supplanter la Ligue des champions, cette compétition pourrait débuter dès 2022.

Déjà …

Lire l’article
Link zum Artikel