Quand on lui explique la raison de notre appel, Julien Fournier est enchanté. «Les trophées, c'est une jolie histoire à raconter», trouve ce membre du comité d'organisation de l'Inalpe Dynafit 2.0 TRAIL, une course de montagne qui aura lieu le samedi 30 août à Nendaz.
Si l'histoire est aussi jolie, c'est parce que Julien Fournier et le comité du trail valaisan ont décidé de fabriquer les trophées et médailles de la course dans du bois d'arolle, une essence directement prélevée dans les forêts de la station valaisanne.
«Promouvoir le bois local me tient à coeur», précise ce garde-forestier de 34 ans, qui considère l'arolle comme une espèce toute indiquée pour une épreuve de course à pied.
Pour fabriquer ces 300 médailles (une par enfant) et 12 trophées (attribués aux meilleurs adultes), Julien et le comité d'organisation se sont fournis auprès d'Ecoforêt Nendaz-Isérables, qui a mis à disposition les bois.
Ils ont dû résoudre ensuite plusieurs problèmes.
Ce premier écueil passé, les planches ont été acheminées à Chermignon-d'en-Bas, dans une entreprise (Flocréation - Gravure & Découpe laser) qui a découpé et gravé chaque médaille. «C'est vraiment un travail d'équipe», insiste Julien Fournier, qui espère que cet effort collectif remettra au goût du jour un bois dont la réputation s'est ternie au fil du temps.
Très utilisé au siècle dernier dans la construction des raccards (granges à blé) valaisans, pour ses propriétés dont on dit qu'ils font fuir les ravageurs et apaisent le rythme cardiaque, ce bois de la famille des pins a aussi été exploité en menuiserie (meubles et boisement intérieur) avant de passer un peu de mode. «Les noeuds qu'il présente le rendent assez spécial au visuel et le démarquent des autres essences, fait remarquer Julien Fournier. On a l'habitude aujourd'hui de voir des bois de qualité sans noeuds.»
L'arolle souffre aussi de son prix. «C'est l'un des résineux indigènes qui coûte le plus cher car il est rare. Tout l'inverse des sapins et épicéas», relève enfin Julien Fournier, qui espère que les trophées et médailles contribueront à faire connaître ce bois rare, trop longtemps négligé, qui garde l’empreinte de la montagne et une histoire profondément ancrée dans les mémoires des Valaisans.