Le recordman du marathon a été très surveillé avant la course
Sabastian Sawe a marqué l'histoire de l'athlétisme, et même du sport en général, dimanche, en devenant le premier homme à terminer un marathon en moins de 2h.
L'arrivée mythique du Kényan:
Cette performance historique est le fruit d'une progression aussi remarquable que fulgurante et insolite. En décembre 2024, Sabastian Sawe a fait une entrée remarquée, en remportant le marathon de Valence, réputé l'un des plus rapides. En 2h02'05, il est devenu le cinquième performeur de l'histoire pour sa première course sur 42,195 km.
Quelques mois plus tard, il a confirmé cette première sortie en remportant au printemps 2025 le prestigieux marathon de Londres, dans un temps proche de celui réalisé à Valence (2h02'27). Mais depuis plusieurs mois, son pays est miné par les affaires de dopage dans l'athlétisme.
Conscient des soupçons qui peuvent accompagner ses performances, Sawe a alors entamé une démarche bien particulière en amont du marathon de Berlin, propice aux records du monde (sept sur les dix derniers, en y intégrant celui de dimanche à Londres).
Régime drastique de contrôles
Avec son entourage, il a pris contact avec l'Unité pour l'intégrité de l'athlétisme (AIU), qui a en charge la lutte antidopage, et demandé un régime drastique de contrôles.
En plus du programme classique, l'AIU a procédé à partir de la fin juillet 2025 et pendant huit semaines, à 25 contrôles supplémentaires, soit un tous les trois jours, Sawe n'étant évidemment au courant ni de la date, ni du lieu, ni du type de contrôle (urinaire ou sanguin) réalisé. Un programme financé par l'équipementier de l'athlète.
L'AIU a loué une démarche «fantastique».
Dans la chaleur berlinoise fin septembre, Sawe a mené un rythme sur les bases de deux heures pendant les 15 premiers kilomètres, mais a terminé en 2h02'16. «Tout est possible en termes de temps. Même Kipchoge (son mentor) dit qu'aucun homme n'est limité, donc un jour, quelqu'un battra» cette barre des deux heures, a-t-il prédit, sans savoir que ce serait lui qui la briserait sept mois plus tard.
(jcz/afp)
