Un phénomène inattendu fait trembler les favoris à Roland-Garros
La chaleur inédite qui écrase Roland-Garros depuis dimanche contraint les joueurs à adapter leur jeu. La balle jaillit plus vite et rebondit plus haut, donnant lieu à des échanges surprenants.
Le dôme de chaleur qui enveloppe la France a donné au tournoi du Grand Chelem parisien des airs d'Open d'Australie ou d'US Open, où l'humidité amplifie les dégâts de la canicule. Les températures qui oscillent autour de 33 degrés mettent à rude épreuve les corps des sportifs, mais c'est toute la structure des échanges qui en pâtit, au point de pouvoir créer des surprises.
La terre battue séchant plus rapidement, la balle, plus légère que si elle frappait une surface humide, rebondit plus haut et part plus vite, ce qui pourrait favoriser certains profils. «C'est très différent», a expliqué la spécialiste de la terre battue Iga Swiatek, quadruple lauréate à Roland-Garros, accueillie à Paris la semaine précédant le tableau finale par la grisaille.
La Polonaise détaille:
«Les balles rebondissent très haut, elles vont très vite. Mais comme j'ai un jeu assez agressif, cela peut être à mon avantage», a souri la no 1 mondiale Aryna Sabalenka, en mission pour décrocher son premier sacre à Paris.
«Je crois que cela m'aide à avoir une balle plus lourde, plus dynamique», a estimé l'ancien no 3 mondial grec Stefanos Tsitsipas, qui y voit un avantage pour son jeu. Pour le Français Quentin Halys, ces conditions favorisent «les joueurs qui ont des gros coups droit liftés, tellement ça gicle.»
«Ca va plus plaire à certains que d'autres», a renchéri le Monégasque Valentin Vacherot, dont le service a profité de la balle «qui giclait énormément», selon lui. Le 19e joueur mondial a prédit des surprises, mais plutôt par rapport à la chaleur et ses effets sur le physique, que la rapidité de la balle en elle-même.
Des différences selon les courts et les horaires
Les joueurs interrogés sur la question ont également noté des différences entre les courts, de même que d'autres subtilités en fonction de l'horaire de la rencontre, soit autant de critères supplémentaires qui compliquent l'équation sportive de la chaleur. En jouant à 11h00 du matin, Arthur Rinderknech a constaté une terre «assez grasse» du fait de l'arrosage en soirée des organisateurs, qui a rendu les balles «pleines de terre, mouillées.»
«S'ils ne l'arrosaient pas autant, on aurait des espèces de plage toute la journée. Là, c'est beaucoup moins agréable: tu glisses sans t'arrêter. Jouer en première (rotation), tu as un terrain assez lourd pour commencer et après, la chaleur prend le dessus», a-t-il décrit.
En dépit des conditions difficiles, aucun des participants qui ont perdu n'a osé s'en servir comme excuse: «Au tennis, il faut savoir s'adapter. Parfois, je suis assez bon pour m'adapter, et parfois non», a philosophé le Russe Daniil Medvedev, tombé au premier tour en cinq sets.
(afp/yog)
