Saint-Gall se déchire après son sacre en Coupe de Suisse
Le président du FC Saint-Gall, Matthias Hüppi, ne s’est pas beaucoup montré sur la pelouse du Wankdorf après la 101e finale de la Coupe de Suisse, remportée dimanche par son équipe face au SLO. Il s’est contenté de soulever brièvement le trophée avec son capitaine Lukas Görtler, devant les supporters. Pourtant, l’image prise au coup de sifflet final en disait long sur sa satisfaction: Hüppi s'est affalé dans un fauteuil en cuir sur le banc du FCSG et savourait le moment, seul et complètement épuisé. Quelle joie ce trophée a dû lui apporter!
Et puis, soudain, Matthias Hüppi est devenu, volontairement ou non, l’un des principaux protagonistes de la finale, en livrant au micro de la SRF son état d’esprit sur la situation du club saint-gallois. «Je suis extrêmement reconnaissant. Le désir de toute une région était si grand. Ces dernières semaines et ces derniers mois ont été extrêmement difficiles pour moi. J’avais beaucoup de choses à gérer, et au FC Saint-Gall, tout n’est pas toujours rose non plus», a-t-il d’abord lâché, sobrement.
L’homme de 68 ans a ainsi abordé un sujet sensible à Saint-Gall. Depuis l’intégration de Patrick Thoma, actionnaire influent et président de l’association des mécènes, au conseil d’administration, certaines choses ont changé. Cette nomination faisait suite au sentiment des actionnaires de ne plus être représentés par la direction du club et à leur volonté d’avoir enfin un représentant issu de leurs rangs au sein du conseil d’administration.
Thoma a donc été élu en tant que sixième membre, mais la relation n’a jamais véritablement fonctionné, même si l’on affirmait jusqu’ici que la collaboration était bonne. Hüppi a toutefois tenu un discours différent à la télévision, ce dimanche: «Différentes forces sont à l’œuvre chez nous. L’une de mes missions en tant que président du club est de faire face à tout et de mobiliser toutes les forces nécessaires pour protéger le club. Il existe actuellement des tendances que nous ne pouvons accepter sous cette forme».
Hüppi n’a pas souhaité préciser davantage ses propos et est parvenu à garder son sang-froid. Mais le président devait bouillir intérieurement: «Nous sommes tellement soudés pour traverser ensemble les moments difficiles. Et nous ne nous en prenons pas publiquement à une personne en particulier. Seuls les perdants laissent des traces en public».
Sa sortie médiatique, au moment même où les résultats sont au rendez-vous, pourrait néanmoins avoir des répercussions. Elle fait en tout cas beaucoup parler en Suisse orientale, à l'heure où certains actionnaires appellent à un renouvellement du conseil d’administration, estimant que la transformation n’a pas été achevée avec la nomination de Thoma.
Ce désir de changement aurait déjà été communiqué à l’actuel conseil d’administration. Deux de ses membres pourraient ainsi être bientôt remplacés, probablement lors de la prochaine assemblée générale à l’automne. L’identité des personnes concernées serait par ailleurs connue: il ne s’agirait pas de Hüppi, mais du conseiller aux Etats Benedikt Würthet du juriste Patrick Gründler. Cependant, rien n’est confirmé à ce stade. Ces informations proviennent des investigations de CH Media, groupe auquel watson appartient.
Il semblerait également que les actionnaires soient loin d’être unanimes et que deux camps s’opposent. D’un côté, ceux qui jugent l’équipe trop coûteuse et estiment que le Kybunpark ne génère pas suffisamment de retombées économiques; de l’autre, ceux qui soutiennent la direction actuelle.
il faut aussi préciser que les cinq membres historiques du conseil d’administration, Matthias Hüppi, Peter Germann, Patrick Gründler, Christoph Hammer et Benedikt Würth, sont très unis. Selon nos informations, ils envisageraient une démission collective si un tel changement était imposé par les actionnaires.
