Les arbitres suisses oublient de faire une chose importante avec la VAR
Il y a eu une scène extrêmement confuse avec l'assistance vidéo à l'arbitrage, la fameuse VAR, lors de la finale de Coupe de Suisse entre le Stade Lausanne Ouchy et Saint-Gall (0-3), dimanche à Berne.
On joue la 59e minute. Ballon en cloche dans les seize mètres vaudois. Il y a un duel entre le défenseur du SLO, Breston Malula, et l'attaquant saint-gallois Aliou Baldé. Les deux hommes s'agrippent mutuellement, légèrement. Puis la balle rebondit sur le bras du Saint-Gallois, avant de toucher celui du Vaudois. Finalement, le défenseur du SLO dégage le ballon avec un grand coup de pied. Baldé s'effondre, apparemment touché par ce coup de pied. Penalty? Non, l'arbitre, Monsieur Cibelli, ne siffle rien et le jeu se poursuit. L'action se termine par un tir saint-gallois à côté du but.
Aliou Baldé est toujours à terre. Et la VAR intervient pour cette histoire de penalty. Longue, très longue discussion entre l'arbitre et l'arbitre VAR. Après 2 minutes 30, Luca Cibelli va enfin revoir la scène sur l'écran en bord de terrain. Il prend encore une minute avant d'indiquer sa décision: penalty!
Toute la séquence en vidéo
Problème: à aucun moment dans le stade, les spectateurs – ni personne d'ailleurs, sauf le corps arbitral – ne sauront pourquoi Monsieur Cibelli (globalement très bon dans cette finale) a sifflé penalty. Sur les écrans géants du Wankdorf, il y a seulement cette inscription laconique: «Penalty Review». On ne sait absolument pas – et on ne saura pas – quel geste du défenseur du SLO est sanctionné par l'arbitre: l'accrochage du maillot? La main? Le coup de pied?
Même les téléspectateurs n'en sauront pas plus. Sur l'écran VAR que consulte Monsieur Cibelli (et qui est montré aux téléspectateurs), tous les trois gestes litigieux sont affichés successivement... Impossible, donc, de savoir lequel est décortiqué par l'arbitre et retenu pour siffler ce penalty. Les commentateurs de la RTS n'ont pas eu davantage d'informations en direct. «Nous aussi, on aimerait bien savoir!», lâchait, un peu dépité, le consultant Raoul Savoy au moment où était diffusé un plan de l'arbitre – pas équipé d'un micro pour la TV – en train d'expliquer aux deux capitaines sa décision.
On n'accuse pas Luca Cibelli d'avoir pris une mauvaise décision (il a assurément des arguments pour la justifier). Là n'est pas le problème.
Surtout quand les trois raisons de siffler penalty semblent à première vue légères – ni l'accrochage de Malula, ni sa faute de main, ni son coup de pied ne sont évidents.
Même l'entraîneur du Stade Lausanne Ouchy, Dalibor Stevanovic, ne connaissait pas la raison de ce penalty, après le match, comme le prouvent ses propos dans Blick:
L'extrait qui mentionne cette scène, dans le résumé du match sur le site web officiel de la Coupe de Suisse, est lui aussi lacunaire:
La solution existe, et elle a déjà été testée dans plusieurs pays (Portugal, Angleterre ou France): après avoir consulté la VAR, l'arbitre annonce, au micro dans tout le stade, sa décision et l'explique brièvement. Ou alors, au moins, afficher un petit texte explicatif sur les écrans géants du stade. Avec la technologie actuelle, celui-ci pourrait facilement être généré par le quatrième arbitre ou un officiel.
Cette transparence ne supprimerait évidemment pas tous les débats et discussions au Café du commerce sur les décisions arbitrales. Mais elle éviterait des polémiques comme celle de dimanche à Berne. D'autant plus sur des décisions aussi cruciales: Lukas Görtler a transformé ce penalty et permis à Saint-Gall de mener 2-0 à la 65e minute et de plier cette finale.
