La pente de Gurgl a été brutale pour certains skieurs. Un tapis de glace qu'Henrik Kristoffersen a critiqué vertement. Le terrible Norvégien se plaignait du danger de la piste, grognant contre le revêtement qui s'est avéré trompeur: «C'est pour cela que tant de coureurs ont eu des problèmes lors de la première manche», a cadré le 6e du slalom dominical, ajoutant que «c'était dangereux pour le corps et terrible pour les genoux».
La piste était-elle vraiment si dangereuse? «Elle était nickel, mais on a tous été surpris», renseigne Marc Rochat, éliminé lors du premier tracé.
Le Vaudois analyse:
Et Marc Rochat, face au changement de conditions, nous confie s'être «planté» concernant le set up de son matériel. «Je n'avais pas du tout assez d'accroche lors de ma manche.»
Et il n'est pas le seul. Le constat est similaire pour Marcel Hirscher, lui aussi chassé hors du premier tracé: «Je me suis rarement trompé à ce point (réd: sur les réglages) dans ma carrière», confiait-il à Eurosport. Un calvaire vécu également par Linus Strasser, sur la (belle) piste Kirchenkar, non qualifié pour la manche finale - pourtant excellent dans ces conditions. L'Allemand parlait même d'«un désastre» et de n'avoir «jamais pu faire travailler son ski» comme souhaité.
Des complaintes que Julien Vuignier, entraîneur des slalomeurs suisses, décortique:
Le coach Valaisan apporte d'autres précisions sur le cas Strasser, lui qui est encore en rodage avec ses fixations (désormais, il skie désormais avec Marker). Selon l'Evolenard, il n'avait pas les repères nécessaires sur une piste aussi glacée.
Concernant son poulain Loïc Meillard, Julien Vuignier ajoute: «Loïc avait opté pour une paire de skis avec un peu moins de grip lors de la première manche, avant de modifier les réglages lors de la seconde manche. Et c'était mieux. Daniel (réd: Yule) a aussi modifié ses réglages.»
Ce dernier nous avait par ailleurs confié, à la sortie de la préparation estivale, l'importance d'un matériel sur ce type de piste injectée d'eau.
Le Valaisan, pertinent dans son analyse, parle de ski comme d'«un sport mécanique». Il précise: «Parfois, la différence entre une 8e place et une 3e, c’est deux dixièmes, et ces détails se nichent parfois dans le matériel. Parfois, je peux faire l’une des meilleures manches de ma carrière, mais mon matériel n’était pas adéquat dans ce genre de conditions»
Si la première manche a été difficile pour les skieurs et les Suisses, rappelons que c'est un autre coach de Swiss-Ski, Thierry Meynet, qui a tracé la première manche, gage de favoritisme pour les athlètes de la nation.
Sauf que les mauvais réglages ont gommé ce joker tactique. «Le but était de tracer plus serré et technique. Si Tanguy (réd: Nef) ne faisait pas cette faute, il terminait dans le top 5. Et normalement, Loïc est très fort sur ce genre de parcours, mais il s'est raté», renseigne Julien Vuignier.
L'entraîneur valaisan concède que cette première manche n'était pas très jolie à voir: «Il y avait moins de vitesse que prévu et ça changé la donne entre le traçage et la course».
Une piste difficile et des réglages aux fraises, Gurgl restera comme une bonne leçon pour les slalomeurs mondiaux.