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Qui est Timo Meier, ce Suisse qui plante des buts en NHL?

Match de dingue lundi soir pour l'attaquant appenzellois, qui a marqué 5 buts, battu des records et fait parler de lui sur tout le continent américain. Portrait.
19.01.2022, 07:0419.01.2022, 12:24
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Jamais un Suisse n'avait réalisé tel exploit. Lundi soir, Timo Meier a marqué 5 buts dans un même match de NHL. Ce n'était jamais arrivé, non plus, dans toute l'histoire des San Jose Sharks. L'Appenzellois a logiquement été élu homme d'un match gagné 6-2 contre Los Angeles. Le dernier quintuplé dans la prestigieuse ligue nord-américaine datait de mars 2020.

Cette prouesse ne vient pas de nulle part: Timo Meier cartonne cette saison. Il est, avec 20 buts et 25 assists (en 35 matchs), le meilleur attaquant suisse de NHL. Au-delà des statistiques, le natif d'Herisau prend une part prépondérante dans le jeu de son équipe, qui réalise un bon exercice (4e sur 8 de la division Atlantique). Pourtant, Meier n'est de loin pas le hockeyeur le plus connu en Suisse. Une raison principale: il n'a jamais joué un seul match professionnel dans son pays.

Rien à envier aux CFF

Agé aujourd'hui de 25 ans, l'Appenzellois a rejoint l'Amérique du Nord en 2013, avant son 17e anniversaire. Et plus précisément Halifax, en ligue juniors québécoise, alors qu'il évoluait avec les jeunes de Rapperswil. Le début du rêve pour celui qui, enfant déjà, ne pensait qu'à la NHL. «Au début, quand j'ai entendu qu'Halifax avait appelé le club, j'ai cru qu'un coéquipier me faisait une farce», rembobinait-il pour watson en 2020. «J'ai donc demandé à mon agent Sandro Bertaggia ce qu'il en était. Il m'a dit que l'appel était réel, et la décision de se lancer dans cette aventure a été rapidement prise.»

La surprise de Timo Meier est compréhensible: il n'était pas le hockeyeur le plus talentueux de sa génération. «Si quelqu'un avait prédit il y a huit ans que Timo serait un grand joueur de la NHL, je l'aurais cru fou», racontait Christian Rüegg, son ancien entraîneur juniors à Oberthurgau, en avril 2019 au Tagblatt. Parmi ses lacunes, le coach pointait la condition physique. Aujourd'hui, elle n'est plus du tout un point faible pour l'Appenzellois, véritable montagne de muscles (1,84 m pour 98 kg).

Mieux: ce grand fan du FC Saint-Gall a fait de ses qualités athlétiques le pilier de son jeu. «Puissance, dynamisme et courage de choisir la voie directe vers le but, peu impressionné par l'opposition», écrivait le journaliste spécialisé Klaus Zaugg à propos de Meier il y a quelques mois. «Un bulldozer sur les adversaires», renchérissait Thomas Roost, recruteur en NHL, tandis que son premier entraîneur outre-Atlantique, Dominique Ducharme, le décrivait «puissant comme un train». Une autre preuve? Le Suisse est l'attaquant des Sharks qui a chargé le plus de fois contre la bande lors de la saison 2020-2021.

Plus bière que champagne

La statistique reflète bien l'état d'esprit de l'international suisse, pour qui le collectif passe avant sa gloriole personnelle. Ses propos après son festival lundi le confirment:

«Je veux toujours marquer, mais vous ne pensez pas trop au nombre de buts que vous inscrivez dans le match. Vous voulez juste gagner. Excellent effort d'équipe, et mes coéquipiers ont fait de superbes passes»
Timo Meier après son quintuplé

Timo Meier n'est pas le genre à choper le melon. Malgré son statut de star et l'épaisseur de son compte en banque (il a signé un contrat de 24 millions de dollars avec San Jose il y a trois ans, qui expire à l'été 2023), il reste très accessible et humble.

Chaque été, il revient en Suisse où il organise un camp de hockey pour les juniors, rend visite aux enfants de son école primaire et s'entraîne avec les amateurs du club d'Herisau.

«La célébrité et l'argent ne l'ont pas changé, confirme Roger Nater, son ex-voisin et coach chez les jeunes à Herisau, dans Tagblatt. Si je lui envoie un texto aujourd'hui pour lui demander de signer une casquette des Sharks pour mon filleul, je l'aurai dans ma boîte aux lettres la semaine prochaine.»

Les aspirations de Timo Meier vont dans le même sens:

«Je suis heureux de m’asseoir au café avec mes collègues de Saint-Gall pour boire une bière. Je ne suis pas homme à boire du champagne, ni un frimeur qui ne mangerait plus que dans les grands restaurants ou ne dormirait plus que dans des palaces. Je ne me sens pas différent d’avant.»
Timo Meier, en octobre 2019, dans L'Illustré

Quand un journaliste lui a demandé ce qu'il pensait de la photo Instagram polémique postée en 2014 (et retirée depuis) par son coéquipier Evander Kane, en train de faire des pompes avec des liasses de billets sur son dos, l'Helvète a répondu:

«Je ne ferais jamais ça. Mes parents m'ont inculqué d'autres valeurs»
Timo Meier, dans L'Illustré
Bio express de Timo Meier
- Né le 8 octobre 1996 à Herisau (AR)
- 184 cm pour 98 kg
- Junior à Herisau jusqu'en 2010
- Junior à Oberthurgau jusqu'en 2012
- M20 de Rapperswil jusqu'en 2013
- 2013 - 2016: Ligue de hockey junior majeur du Québec
- Depuis 2016: NHL avec les San Jose Sharks (352 matchs pour 233 points)
- Record de points (66) pour un Suisse en NHL, lors de la saison 2018-2019
- Vice-champion du monde avec la Suisse en 2018​

Pacte avec papa

Si l'Appenzellois sait garder les pieds sur terre, c'est grâce à son éducation. «C'était particulièrement important pour moi de respecter l'adversaire, le coéquipier, l'arbitre, l'entraîneur et la défaite», expliquait son père, Charly, au Taglbatt.

Il a exigé une chose de son fils: qu'il ne casse jamais une crosse par frustration. «Timo a toujours tenu notre accord», se félicitait Meier senior.

Sa réussite sportive, l'Appenzellois la doit aussi à son abnégation et sa confiance en lui. Non, tout n'a pas été facile de l'autre côté de l'Atlantique. Mais il a su rebondir à chaque fois.

Il avait par exemple connu une période très compliquée en automne 2019, alignant 17 matchs sans marquer. «Tu penses que plus rien ne va, que plus jamais le puck ne rentrera», témoignait-il dans L'Illustré. «Je me suis crispé. Tu deviens superstitieux: tu changes le ruban adhésif de ta crosse, tu modifies ton alimentation. Des bêtises!»

Mais à aucun moment le Suisse n'a fait appel à un coach mental. «Je n'ai jamais douté, je sais ce que je peux faire. Il n'y a pas eu un moment où j'ai pensé abandonner», balayait-il. Et puis, le natif d'Herisau adore le défi, la critique le stimule:

«J’aime bien quand les gens me sous-estiment et qu’on dit que jamais je n’y arriverai! Ça a toujours été une source de motivation. Nul ne m’a cru capable d’arriver où j’en suis. Les gens qui ne croyaient pas en moi ont été un moteur»
Timo Meier, dans L'Illustré

Timo Meier vit tout le contraire, après sa folle prestation. C'est désormais adulé qu'il devra garder sa motivation et son niveau de jeu, notamment pour permettre à San Jose d'atteindre les play-offs après deux échecs consécutifs.

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