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Alpinisme: Karl Egloff veut battre un record sur l'Everest

Karl Egloff a installé une tente hypoxique dans son salon.
Karl Egloff a installé une tente hypoxique dans son salon.Image: DR

Ce Suisse s'entraîne avec une tente dans son salon

Karl Egloff se prépare depuis des semaines pour battre le record de vitesse sur l'Everest. Ce sommet culminant est bien plus qu’un rêve: il fait partie d’une véritable quête de vie.
21.03.2026, 18:4621.03.2026, 18:46
Simon Häring / ch media

La nuit, lorsque le calme s’installe à Höri, dans la campagne zurichoise, Karl Egloff quitte sa chambre pour se glisser dans une petite tente hypoxique installée dans son salon. Celle-ci reproduit l’air raréfié de l’Himalaya. Le père de deux enfants s’y astreint une nuit sur deux. Il s’entraîne également sous cette tente, puisqu'il passe régulièrement jusqu’à douze heures plongé dans cet environnement.

Fin janvier, il s’est entraîné pendant plusieurs semaines en Amérique du Sud, enchaînant des centaines de kilomètres en terrain alpin et multipliant les séances intensives en montagne. Depuis des mois, il n’a pas pris un seul jour de repos, toujours habité par ce rêve qui l’accompagne depuis son enfance en Équateur, où une image du mont Everest était accrochée dans la cuisine familiale: atteindre le toit du monde.

Pour Egloff, ce sommet culminant à 8 848 mètres est bien plus qu’un rêve: il fait partie d’une véritable quête de vie. Son objectif est de gravir les Seven Summits — les plus hauts sommets de chaque continent — en un temps record. Il détient déjà le «fastest known time» (FKT) sur quatre d’entre eux: le Kilimandjaro en Afrique, l’Elbrouz en Europe, l’Aconcagua en Amérique du Sud et le Denali en Amérique du Nord.

La géopolitique s'invite

À 45 ans, l'alpiniste suisso-équatorien vise désormais les trois sommets qui lui manquent, qu’il ambitionne de gravir en l’espace de quelques mois — chaque fois sans oxygène:

  1. D’abord le mont Everest, en Asie.
  2. Puis à l’automne, la pyramide de Carstensz (4 884 mètres), en Australie.
  3. Et, en apothéose, le massif Vinson (4 892 mètres), en Antarctique.

Plus encore que l’altitude, c’est la logistique qui fait de l’Everest le défi majeur. D’un point de vue technique, la voie sud ne lui pose guère de difficulté. Mais le grand nombre d’expéditions provoque inévitablement des embouteillages à deux passages clés dans la cascade de glace du Khumbu, peu après le camp de base, et au Hillary Step, à l’approche du sommet. Le problème est de taille: au moindre ralentissement, non seulement le record devient hors de portée, mais le danger augmente considérablement.

«Si tu restes trop longtemps là-haut, tu meurs»
Karl Egloff
L'alpiniste est en mission.
L'alpiniste est en mission.Image: DR

Il s’est préparé du mieux possible à ces contraintes. «Les devoirs sont faits», confiait-il début mars dans un entretien à CH Media, le groupe auquel appartient «watson». Pour s’acclimater dans les meilleures conditions au camp de base, situé à plus de 5'000 mètres, il prévoit de rejoindre le Népal dès le début du mois d’avril.

Mais la géopolitique s’est récemment invitée jusque dans les régions les plus reculées du globe. Pour rallier le Népal depuis l’Europe, les alpinistes passent généralement par Doha, Dubaï ou Abou Dhabi. Or, en raison du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, le trafic aérien vers la région du Golfe est actuellement fortement perturbé.

Egloff affirme tout mettre en œuvre pour réduire les risques et garder le contrôle sur ce qui peut l’être. Pour sa tentative de record, il sera accompagné de Nicolas Miranda, un ami d’enfance devenu guide de haute montagne, qui portera pour lui une bouteille d’oxygène en cas d’urgence.

«Mais sur l’Everest, beaucoup de choses ne dépendent pas de moi. C’est une partie de poker pour nous tous»
Karl Egloff

L’an dernier déjà, il avait tenté de gravir l’Everest en un temps record — en vain. Les conditions n’étaient pas réunies. Pendant longtemps, il avait attendu, sans succès, une fenêtre météo stable d’environ 36 heures. Et à mesure que la saison touchait à sa fin et que le temps pressait, ni la météo ni son intuition ne jouaient en sa faveur. Malgré tout, Egloff avait décidé de partir.

Aux alentours de 7'000 mètres d’altitude, il avait finalement fait demi-tour, ne voyant plus aucune chance d’atteindre le sommet. Certains observateurs y ont vu un échec. Egloff, lui, malgré la déception, assume pleinement: «Je ne regrette rien et je le referais pour acquérir une expérience précieuse.» Il insiste: il n’est pas un alpiniste prêt à tout risquer. «Le plus important, c’est de rentrer chez moi sain et sauf.»

Pourtant, à son retour, il lui a été difficile de retrouver la motivation, au point de laisser planer le doute sur une nouvelle tentative pour mener son projet à terme. Car même s’il se sent dans la meilleure forme de sa vie, Egloff reste lucide: «Quand je me regarde dans le miroir, je vois un homme de 45 ans. Je n’ai plus 22 ans et j’ai deux enfants.» La vie de sportif de haut niveau exige une discipline absolue et implique de nombreux sacrifices. C’est finalement sa femme, Adriana, qui l’a encouragé à ne pas renoncer à ce rêve auquel il a consacré une grande partie de sa vie.

Lorsque Karl Egloff s’envolera début avril, ses beaux-parents auront déjà fait le déplacement depuis l’Équateur pour aider sa femme à s’occuper des enfants — un soutien précieux, confie-t-il.

Une erreur et un cauchemar

Egloff ne prévoit de s’attaquer à la montagne qu’à la fin du mois de mai. S’il a choisi de partir dès début avril pour le Népal, c’est à la lumière de son expérience de l’an dernier. Il pensait alors que quelques semaines suffiraient pour s’acclimater. «C’était une erreur», reconnaît-il aujourd’hui. Il dormait mal, perdait en performance malgré un entraînement quotidien en altitude, et son corps ne récupérait pas comme espéré.

«Chaque nuit au-dessus de 6'400 mètres était un cauchemar»
Karl Egloff

Son compagnon de cordée était en outre tombé malade. Or rien ne garantit que cela ne se reproduira pas cette année: en haute montagne, de nombreuses incertitudes planent sur chaque ascension. Il se peut que la tentative s’interrompe à nouveau prématurément. Dans ce cas, Karl Egloff affirme qu’il atteindra l’Everest «de façon classique»: encordé, en progressant de camp en camp, et peut-être avec un apport en oxygène.

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