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BRITPOP: Robbie Williams sort un album surprise. Notre avis.

BRITPOP: Robbie Williams fait tout péter par surprise
Robbie Williams revient par surprise avec l’album BRITPOP.

10 ans après l’humiliation, la «mauviette» vise un record

Entre ses tourments et ses baraques en Suisse, tout était fait pour que Robbie Williams se transforme en crooner du passé, abonné aux pages retordes des tabloïds. Voilà qu’il balance sans prévenir, ce vendredi, un nouvel album coup de poing, avec une furieuse envie d’abattre des légendes.
16.01.2026, 12:0616.01.2026, 12:15

Il y a dix ans tout ronds, Robbie Williams vivait le pire pour un chanteur à succès: ne plus en avoir. Les millions de CD’s invendus de son album Rudebox, sorti en 2006, avaient été expédiés en Chine, pour être broyés et recyclés en matériaux de revêtement routier et d'éclairage public.

Une humiliation inédite, malgré le beau geste pour la planète.

Depuis, hélas, il est lentement devenu aussi attachiant qu’une influenceuse affamée d’approbation. Sous nos yeux bourrés de tendresse, l’ancien freluquet de Take That s’est transformé en daddy en crise, qui ouvrirait un compte TikTok pour se rapprocher de ses gosses.

Tel un vieux beau se trouvant trop gros, trop maigre, trop déjanté, trop normal, trop célèbre et pas assez, Robbie Williams s’est tout logiquement épanché dans un documentaire Netflix, amusé dans un long-métrage indéfinissable, embourbé dans ses tourments de nanti du show-business adulé trop tôt.

Sans oublier que les Suisses ont eu l’étrange privilège de l’observer gesticuler entre ses différentes propriétés, de Genève à Gstaad, avant qu’il ne décide tout récemment de péter dans la soie aux Bahamas, dans un bunker paradisiaque évalué à plus de 100 millions de dollars. Le tout, agrémenté d’un empire immobilier à Dubaï et une modeste annexe à Miami.

Dur dur d’être un (vrai) punk adouci par les liasses, à l’heure où il aurait tout à fait le droit de bêtement en profiter.

Mais au lieu de sanctifier ses larmes dorées, le fou du roi a décidé de sortir les armes. Et un album. Un mois avant le vernissage attendu. Ce vendredi, Robbie Williams, 51 ans, est de retour avec BRITPOP, comme pour nous rappeler qu’il possède désormais les clés d’un genre musical popularisé par les Beatles, électrisé par Oasis et anobli par Blur. Alors qu’on l’aurait bien vu errer sans GPS sur la route chinoise construite à la force de son échec, le garnement bien peigné se paie un bolide vintage pour hurler pied au plancher.

Première constatation, l’artillerie est lourde. On avait d’ailleurs eu droit à un premier amuse-bouche il y a six mois, avec le single Rocket, gorgé de munitions heavy métal du guitariste de Black Sabbath, Tony Iommi. Et une question vite répondue, comme le disait un célèbre jeune entrepreneur:

Que faire de ta grosse vie, vas-tu la laisser te bouleverser?
Extrait du single Rocket de Robbie Williams

Gallagher comme à la guerre

«Ça brûle, et ça brûle, et ça brûle, et ça brûle» sur cet album qui a fait le choix d’ignorer toute futilité et de réveiller quelques vieux fantômes lunatiques. Liam Gallagher doit d’ailleurs fulminer dans son survêt’ de luxe à l’écoute de certains nouveaux morceaux de celui qu’il a tour à tour traité de «vieil idiot obèse», de «sale ordure» ou de «mauviette».

Non seulement ça suinte joyeusement les Joyaux de la Couronne britannique, mais Spice ou All my life (pour ne citer qu’elles) tendent un majeur au chanteur d’Oasis en lui braquant ses célèbres envolées nasillardes.

Un hold-up flagrant et volontaire, nourrissant une guerre aussi fraternelle qu’éternelle entre les rares prétendants au trône de la britpop. Pour sûr qu’il avait besoin de prouver sèchement qu’il en a encore sous les pectoraux. Plus rock qu’Elton John et sans doute agacé qu’on le considère encore parfois comme un minois à minettes, le crooner écorché fouette ici son indécrottable nostalgie avec une large dose de distorsion.

Hormis une rare ballade comme il les aime toujours (Human), ça tape, ça dépote, ça monte les tours, ça n’invente pas le fil à couper le beurre, mais ça fout le feu à une poudre plutôt agréable. Jusqu’à tutoyer les punks à chien d’un Camden aujourd’hui gentrifié, avec Bite Your Tongue, hommage sans grande inventivité à l’époque God Save The Queen. Onze morceaux taillés pour le retrouver sur scène, à Lausanne, en septembre.

Surtout que le beau gosse a quatre légendes dans le viseur. Avec BRITPOP, il y a de bonnes chances pour qu’il puisse enfin s’approprier un record qu’il partage avec les Beatles, celui du nombre d’albums ayant atteint le sommet des charts britanniques: «Oui, je le veux plus que tout dans ma carrière actuelle, bien sûr que je le veux». Malgré ce satané «syndrome de l’imposteur».

Pour faire court, on aime ce 13e album. Parce qu’on aime Robbie Williams. Parce que tout y est sincère et à fleur de peau, malgré le vernis pailleté et les clins d’œil top appuyés au passé. Parce qu’il promet déjà cinq morceaux supplémentaires dans une version «deluxe», dont un mystérieux machin baptisé 100% Beau.

Parce que la «mauviette» est depuis longtemps une légende.

Parce qu’il veut manifestement aller bien.

Et que, nous aussi, bon sang.

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