Cette chanson de l'Eurovision a du mal à passer
La prestation de la Roumanie pour l’Eurovision 2026 est-elle en train de franchir la ligne rouge? Entre liberté artistique et banalisation de pratiques sexuelles à risque, le débat s’enflamme.
C’est notamment le quotidien britannique The Guardian qui s’est fait l’écho de la polémique entourant la chanson Choke me («Étrangle-moi») de l’artiste Alexandra Căpitănescu.
Le message porté par le morceau témoignerait d’un «mépris alarmant pour la santé et le bien-être des jeunes femmes», s’inquiète une professeure de droit citée dans l'article.
Alexandra Căpitănescu - Choke Me
Divers médias comme Le Monde avaient déjà mis en garde contre la «strangulation érotique», dont la pratique se banalise sous l'influence du porno, et qui n'est pas sans risques pour la santé (évanouissement, écrasement de la trachée, ou même arrêt cardiaque).
Dans ses paroles, l'artiste chante notamment: «Aime-moi, fais exploser mes poumons», ou encore:
Face à la levée de boucliers, Alexandra Căpitănescu a tenté de calmer le jeu début mars, affirmant que le titre et le refrain ne devaient pas être pris au premier degré.
Pour elle, Choke me signifie plutôt «étouffe-moi d'amour». Elle martèle que l'art ne devrait pas être censuré, tant qu’il ne nuit à personne.
Silence radio du côté de l'UER
L’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) n'a pas souhaité commenter la controverse, préférant renvoyer la balle au diffuseur roumain TVR pour clarifier le sens profond du morceau.
Pour l'heure, on ignore si d'autres pays participants ont déposé une plainte officielle contre la contribution roumaine. Le concours, lui, se tiendra le 16 mai prochain à Vienne.
L'an dernier, la BBC avait déjà déposé une plainte contre Malte pour la chanson Serving Kant («Chanter» en maltais), dont la sonorité rappelait de trop près un terme vulgaire anglais («cunt») désignant le sexe féminin. Le titre de la chanson avait donc été raboté, pour devenir juste Serving.
Cette année, le diffuseur britannique semble plus discret, alors même que le Royaume-Uni prépare une loi visant à pénaliser la possession ou la publication de contenus pornographiques mettant en scène des strangulations.
(sda/jod)
