On tient sûrement l'une des scènes les plus grotesques de l'histoire du foot
On tient certainement l'une des séquences les plus lunaires de l'histoire du football. Elle a eu lieu ce dimanche en Bolivie lors d'un match de la Copa Simon Bolivar, la deuxième division nationale.
On joue les arrêts de jeu entre l'Atlético Independiente de Cochabamba et Wilstermann Cooperativas de Potosi. Le score est de 2-2. Les locaux se créent une dernière occasion: l'attaquant Ernesto Adiri part seul affronter le gardien de Potosi, Gustavo Tesonotte. Le portier joue bien le coup: il bloque le chemin du goal à son adversaire, tout en évitant de commettre la faute. Pourtant, l'arbitre siffle... penalty!
C'est la consternation dans les rangs des visiteurs. Tesonotte et ses coéquipiers contestent avec véhémence, auprès de l'arbitre, sa décision. En vain. Vingt minutes (!) de palabres plus tard, c'est Adiri lui-même – la victime de la «faute» – qui frappe ce penalty. Au lieu de se préparer à arrêter le tir, Gustavo Tesonotte reste collé à son poteau, dos au ballon. L'arbitre siffle. Adiri met un plat du pied tout mou, au milieu de la cage. Tesonotte reste affalé contre son montant, toujours dos tourné, n'esquissant pas le moindre geste pour tenter de stopper le ballon.
La séquence en vidéo
Une fois que la balle a franchi la ligne, le gardien applaudit le tireur. Ironiquement, évidemment. Après le match, il a expliqué la raison de son comportement invraisemblable au média bolivien Unitel:
Le dernier rempart de Wilstermann Cooperativas a précisé que ce geste de protestation avait été décidé collectivement, avec ses coéquipiers.
Gustavo Tesonotte a fait une autre révélation croustillante: selon lui, le tireur lui avait promis de faire exprès de rater son penalty, par fair-play. Une promesse non-tenue, donc. «Nous avions parlé avec l'attaquant du fair-play, nous nous sommes comportés en hommes car il y a aussi des codes dans le football. Nous avons été surpris qu'il marque ce but», a déploré le gardien, toujours à Unitel.
La réaction du commentateur TV après ce goal est mythique. Et en contraste total avec ce qu'il se passe sur le terrain, Ernesto Adiri ne célébrant pas ce but lunaire, ni les fans d'ailleurs. Le commentateur, lui, lâche coup sur coup deux énormes «Gooooooooaaaaaaaaaallllllllllllllllll!!!!!!!!!!», comme les journalistes sud-américains savent si bien le faire. Au point qu'on a presque l'impression d'avoir assisté au but du siècle...
La Fédération bolivienne de football (FBF) a donné raison après la partie, d'une certaine manière, aux joueurs de Wilstermann Cooperativas: elle a suspendu l'arbitre, Carlos Arteaga, pour une période encore indéterminée.
Mais ça leur fait une belle jambe: le score du match (3-2) – qui s'est terminé juste après ce penalty marqué – restera inchangé. Conséquence: les footballeurs de Potosi sont obligés de gagner leur dernière rencontre de groupe, dimanche prochain, pour accéder à la suite de la compétition.
(yog)
