La douche froide olympique dont Alexis Monney avait besoin
Il avait explosé sur la Stelvio, avec une victoire en descente et un podium en super-G lors de la saison 2024/2025. Il avait ensuite enchaîné avec, entre autres, une deuxième place sur la Streif et des médailles aux Mondiaux (descente et combiné par équipe).
Mais sur la piste de ses exploits de l'an passé, qu'il retrouvait avec enthousiasme, les cris de joie ont cédé la place aux larmes de déception. Face aux journalistes, le Fribourgeois a préféré abréger les échanges avec la presse, rattrapé par l'émotion.
Depuis son année folle, le Fribourgeois est devenu un coureur scruté et redouté. Mais la fusée de Châtel-Saint-Denis doit encore trouver son rythme de croisière avant d'être pleinement en orbite. Pourquoi? Pour cette raison toute simple: lorsqu'on brille l'espace d'une saison, lorsqu'on s'impose soudain sur le circuit, la suite peut se révéler traîtresse. Tant de promesses se sont effondrées sous le poids d'un seul verbe: confirmer.
La saison olympique coïncidait avec cette fameuse année épineuse de la sacro-sainte confirmation, celle qui peut dévorer tout cru des talents du ski fraîchement révélés.
Dans le sillage de saisons sublimes ou de coups d'éclat qui propulsent des skieurs au sommet de leur discipline, les désillusions s'empilent; elles deviennent parfois un fardeau qui ont brisé des futurs grands. Cette étape cruciale, celle qui permet de s'installer durablement parmi les poids lourds, devient un écueil fatal pour certains. On songe au talentueux Gilles Roulin, qui n'est jamais parvenu à confirmer ses dispositions. Sur cette liste figurent également des noms comme les techniciens Marc Gini et Sandro Simonet, ou encore les descendeurs Ralph Weber et Nils Mani. Autant de talents qui n'ont su transformer l'éclat d'une saison en carrière accomplie.
Dans le sillage de son pote extraterrestre Franjo von Allmen, pour Monney, c'est l'heure d'apprendre. Le Fribourgeois, qui nous confiait en 2024 ne pas savoir où il en était avec son potentiel, peut se rassurer: il n'a pas encore atteint la pleine mesure de son potentiel.
Aujourd'hui, ce 11 février 2026, il admet avoir skié «trop rond et trop doux», conscient que quelques «drifts» superflus ont alourdi le bilan final. Une analyse lucide et sans fard, qu'il achève ainsi: «C'est de l'expérience qui rentre. Avec du recul, je serai content de ce que j'ai accompli. Surtout, j'aurai beaucoup appris», déclare-t-il devant la caméra de la RTS.
Monney a le cuir épais. Ces Jeux olympiques en deçà de ses espérances ne sont qu'une étape supplémentaire dans son apprentissage pour s'installer durablement dans la hiérarchie mondiale. Ils ouvrent un nouveau cycle de quatre ans vers le firmament: un titre olympique. Cette saison marque un passage obligé, une période charnière dans une carrière appelée à gagner en étoffe.
