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Xhaka et Shaqiri après avoir marqué face aux Serbes lors du Mondial russe en 2018.
Xhaka et Shaqiri après avoir marqué face aux Serbes lors du Mondial russe en 2018. Image: KEYSTONE
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Au Qatar, la Nati ne devra pas répéter la même erreur face à la Serbie

Il y a quatre ans en Russie, l'équipe nationale avait très mal géré la polémique née des célébrations de Xhaka et Shaqiri. Les Suisses avaient perdu beaucoup d'énergie dans l'après-match, et avaient ensuite été éliminés par la Suède.
01.04.2022, 20:2903.04.2022, 09:49
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On le sait depuis ce vendredi soir: l'équipe de Suisse retrouvera la Serbie en Coupe du monde.

Ce sera le 2 décembre prochain au Qatar et ce ne sera pas un match comme les autres. Un sentiment de revanche habitera forcément les Serbes, battus 2-1 en Russie il y a quatre ans, et c'est tout à fait légitime. Mais plus que le comportement de nos adversaires, ce sera celui des internationaux suisses et du staff qui sera observé avant, pendant et surtout après la rencontre.

En 2018, Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri avaient célébré leur but en mimant l'aigle albanais.

Avaient-ils eu raison de le faire? Chacun se fera sa propre opinion, selon sa sensibilité

Ce qui est certain, c'est que ce double geste avait provoqué un vif débat à travers tout le pays. Certains politiciens s'en étaient même mêlés, les UDC Natalie Rickli et Roger Köppel intentant aux deux joueurs d'origine kosovare un procès d'intention en «suissitude». L'affaire avait ensuite parasité les esprits des Helvètes pendant plusieurs jours, notamment lors du fameux 8e de finale perdu sans gloire face à la Suède (0-1).

On y avait suspecté les conséquences de la crise née face à la Serbie, mais personne ne l'avait dit ouvertement, jusqu'à ce que Granit Xhaka prenne la parole, des mois plus tard:

«(Contre la Suède), nous n'étions pas libres dans nos têtes. Notre communication a manqué de clarté après le match contre la Serbie. Nous n'avons pas su évacuer toutes les ambiguïtés qui ont pu peser sur le climat de l'équipe. Sur le terrain face aux Suédois, j'ai senti comme un poids sur mes épaules.»

Ce poids-là, les joueurs suisses ont eu l'occasion de s'en défaire lors des années qui ont suivi, emmagasinant certitudes et sérénité grâce à des prestations abouties en Ligue des nations et à l'Euro. Mais jamais contre la Serbie, dans un match qui reste symboliquement fort pour plusieurs de nos internationaux.

Il s'agira pour eux de ne pas répéter les mêmes erreurs que par le passé, peu importe les polémiques qui pourraient surgir sur le terrain ce 2 décembre 2022. Quand l'arbitre sifflera la fin du dernier match de la phase de groupes, il faudra se projeter vers la suite et, espérons-le, de se concentrer sur le 8e de finale que la Nati aura gagné le droit de disputer. Car si elle entend être championne du monde, comme ne cesse de l'affirmer son capitaine, elle ne peut pas imaginer être éliminée lors des poules par deux équipes (Serbie et Cameroun) moins bien classées qu'elle.

Il sera temps, alors, pour Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri, de montrer qu'ils ont bien grandi, qu'ils ont appris du passé et que leurs 100 sélections (et plus) en équipe nationale leur a conféré une maturité à toute épreuve.

Il sera temps, alors, de ne plus se faire sortir par la Suède, qui n'est de toute façon pas au Mondial cette année. Signe que les temps ont changé, et qu'une autre histoire peut s'écrire.

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