Le cyclisme suisse franchit un nouveau cap
La saison 2026 de cyclisme s’achèvera dans quelques semaines sur une bonne note côté suisse.
Les résultats de Pinarello-Q36.5 et Tudor leur permettront de conserver leur place parmi les trois meilleures formations ProTeams de la saison, ce qui signifie qu’elles seront à nouveau invitées à toutes les épreuves WorldTour, y compris les Grands Tours, en 2027. Cofidis devrait en faire autant.
Mais le plus remarquable est ailleurs. En l’état, les formations Pinarello-Q36.5 et Tudor termineraient aux 16e et 17e rangs du classement UCI de l'année, avec respectivement 7179 et 7174 points.
Si elles peuvent encore espérer dépasser Movistar (7210 points) ou être rattrapées par Lotto-Intermarché (7069 points), tout semble indiquer qu’elles achèveront la première saison du nouveau cycle de trois ans destiné à attribuer les licences WorldTour en occupant l’une des 18 places tant convoitées. La route est bien sûr encore longue. Mais en poursuivant sur ce rythme, elles accéderont pour la première fois à la première division fin 2028.
A l’inverse, deux équipes WorldTour apparaissent déjà en danger: la formation Groupama-FDJ, qui pointe en 20e position avec 6392 points, et l’équipe Picnic PostNL, 30e avec un maigre total de 2019 points.
Cela fait plusieurs années que le collectif néerlandais est en grande difficulté, aussi bien financièrement que sportivement. Contraint de dégraisser, il dispose aujourd’hui d’un effectif qui n’a plus guère l’étoffe d’une formation de l’élite. On imagine mal l’équipe capable de redresser la barre rapidement.
Picnic PostNL pourrait donc libérer une place en WorldTour pour une formation suisse en 2028, et qui sait, peut-être même avant. Sa licence pour le cycle 2026-2028 n’a en effet été accordée que pour une seule saison, en raison de ses difficultés financières. L'équipe devra passer un nouvel examen en fin d'année pour espérer la conserver en 2027.
On ignore encore ce qu’il adviendrait si sa licence venait à lui être retirée. Une solution pourrait consister à l’attribuer à la meilleure formation ProTeam de 2026, qui est, pour l’heure, Pinarello-Q36.5. Un scénario d’autant plus crédible que l'équipe zurichoise avait candidaté l’an passé, comme Cofidis, pour accéder au WorldTour.
Sur le papier, intégrer ou non le WorldTour ne fait guère de différence pour Pinarello-Q36.5 et Tudor: les invitations automatiques accordées l'année suivante aux trois meilleures ProTeams compensent largement l’absence de licence, d'autant que peu d’équipes de deuxième division peuvent véritablement briguer le podium.
Cependant, elles restent sous la menace d’une saison blanche pouvant les priver ensuite des plus grandes courses de la planète et les fragiliser tant financièrement que sportivement, à l’heure où Unibet Rose Rockets, 21e avec 5 683 points, monte en puissance et pourrait à l’avenir rendre la lutte pour les trois premières places plus disputée.
Les deux ProTeams suisses seraient donc bien inspirées de s’assurer une place en WorldTour pour un cycle de trois ans.
