Sport
Espagne

La Vuelta cache un défi XXL pour Tadej Pogacar

On a trouvé le challenge ultime pour Pogacar

Si Tadej Pogacar ne devrait avoir aucun mal à remporter le seul Grand Tour qui manque encore à son palmarès, la Vuelta, dont le départ sera donné samedi, il lui faudra en revanche sortir le grand jeu pour égaler l’incroyable performance réalisée par Freddy Maertens sur la course espagnole en 1977.
17.08.2026, 18:5117.08.2026, 18:51

Tadej Pogacar sera au départ samedi de son deuxième Tour d’Espagne, avec un objectif clair: le remporter pour rejoindre Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador, Vincenzo Nibali, Christopher Froome et Jonas Vingegaard parmi les vainqueurs des trois Grands Tours.

En l’absence de véritable concurrence, le Slovène ne devrait avoir aucun mal à achever cette Vuelta avec le rouge sur les épaules. Ce serait un cataclysme s’il venait à être battu à la régulière, c’est-à-dire sans fait de course comme une chute.

Pour Pogacar, seul sur sa planète, le challenge se trouve donc ailleurs. Par exemple, du côté du record de victoires d’étapes sur un même Grand Tour, détenu depuis 1977 par Freddy Maertens, qui avait levé les bras à 13 reprises sur le Tour d’Espagne, justement. Une performance que l’on pensait intouchable, jusqu’à ce que «Pogi» ne nous fasse comprendre qu’avec lui, même les marques les plus folles, celles d’un cyclisme d’un autre temps, peuvent vaciller.

Un parcours taillé pour lui

Pour tenter de s’approcher du record de Maertens, Tadej Pogacar profitera d’un parcours au moins aussi favorable que celui dont avait bénéficié le Belge pour enchaîner les victoires.

En 1977, les organisateurs de la Vuelta avaient concocté un tracé fait de chronos et de sprints pour attirer l’équipe Flandria de «Fast Freddy», à une époque où la course était boudée et servait surtout de préparation au Giro. Le rouleur-sprinteur s’était emparé du rouge dès le premier jour et ne l’avait plus lâché, résistant en montagne grâce à l’avance acquise dans l’exercice du contre-la-montre et aux bonifications accumulées.

Tour de Suisse 1976: Freddy Maertens (Photo by Blick/RDB/ullstein bild via Getty Images)
Freddy Maertens avec le maillot de l'équipe Flandria-Carpenter-Shimano.Image: getty

En 2026, le parcours sera tout opposé et répondra parfaitement aux qualités de Pogacar. Avec 58 000 mètres de dénivelé positif et dix étapes de montagne, dont sept arrivées au sommet, il s’agira de l’une des Vuelta les plus montagneuses de l’histoire. A cela s’ajouteront deux exercices individuels, des étapes vallonnées et plusieurs arrivées pour puncheurs, faites des célèbres «repechos». Finalement, les hommes rapides n’auront que peu d’occasions de se mettre en évidence. Il pourrait n’y avoir que deux sprints massifs sur l’ensemble des trois semaines de course.

Ce tracé, conjugué au fait que la Vuelta est considérée comme le Grand Tour au plateau le moins relevé, celui où les coureurs en forme ont tendance à enchaîner les victoires, pourrait permettre au Slovène d'améliorer son meilleur total sur une course de trois semaines (six succès lors de son seul et unique Giro en 2024) et de largement surpasser les trois victoires obtenues lors du Tour d’Espagne 2019, qui constituait alors son premier Grand Tour. De là à atteindre la marque de Maertens?

Des raisons de lever le pied

Sur le papier, le leader de la formation UAE Team Emirates semble capable d’une telle prouesse. Mais de nombreux éléments laissent penser qu’il se contentera d’un chiffre bien inférieur.

La priorité de Pogacar sera de remporter sa première Vuelta tout en économisant ses forces, alors qu’il sort du Tour de France et enchaînera, après l’arrivée finale à Grenade, avec plusieurs objectifs de fin de saison. Il cherchera notamment à défendre ses titres de champion du monde et d’Europe, au Canada puis chez lui, en Slovénie, avant de viser une nouvelle victoire au Tour de Lombardie.

KIGALI, RWANDA - SEPTEMBER 28: Gold medalist Tadej Pogacar and Team Slovenia celebrates winning during the medal ceremony after the 98th UCI Cycling World Championships Kigali 2025, Men Elite Road Rac ...
Tadej Pogacar remettra son titre mondial en jeu en septembre prochain.Image: getty

En outre, Tadej Pogacar pourrait vouloir faire quelques cadeaux à son principal lieutenant, João Almeida, en lui laissant une victoire d’étape et en l’aidant à monter sur le podium final de la Vuelta, comme il l’a fait avec enthousiasme pour Isaac del Toro lors du dernier Tour de France.

Le Slovène n’a pas non plus intérêt à écraser totalement la course. Ne rien laisser aux autres susciterait inévitablement la colère du peloton, dans un sport où la coutume veut que le leader du général sache aussi laisser quelques miettes à ses adversaires.

En multipliant les victoires, Pogacar risquerait également de dégrader son image auprès du grand public, et ce, même si la quête du chiffre 13 pimenterait la course. Il lui serait alors plus difficile de cultiver une image de gentleman, alors que lui et son équipe agacent déjà une partie des fans de cyclisme, tant ils dominent la discipline.

Enfin, la comparaison avec Freddy Maertens ne manquerait pas d’alimenter davantage les soupçons à son égard. L’année de ses 13 succès sur le Tour d’Espagne, le Belge avait été contrôlé positif à plusieurs reprises. Une époque peu glorieuse.

Tadej Pogacar a donc peut-être tout à gagner à rester sagement dans le peloton, et à n'en sortir, le rouge sur les épaules, que lors des arrivées les plus marquantes. Comme la dernière, un circuit andalou ressemblant à celui de Montmartre, en lieu et place du traditionnel sprint dans les rues de Madrid.

La Coupe du monde 2026 en images
1 / 33
La Coupe du monde 2026 en images:
source: sda / pamela smith
partager sur Facebookpartager sur X
L'éclipse solaire en Suisse
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
La F1 recrute de très jeunes pilotes sur des critères surprenants
En Formule 1, les écuries repèrent leurs futurs champions dès le plus jeune âge. Et les qualités recherchées ne sont pas toujours celles qu'on imagine.
Le repérage des talents commence toujours plus tôt. Ce que l'on observe depuis longtemps dans le football vaut aussi désormais pour la Formule 1. L'Italien Kimi Antonelli (19 ans), par exemple, a intégré le programme jeunes de Mercedes à tout juste douze ans. Aujourd'hui, cet adolescent originaire de Bologne est peut-être le futur champion du monde.
L’article