Non et c'est normal. Fabio Celestini avait prévenu avant la partie que sa nouvelle recrue avait encore «besoin de deux à trois semaines» d'entraînement pour être au top. Cela signifie que Shaqiri ne devrait pas être en pleine possession de ses moyens contre le FC Sion (samedi prochain à Tourbillon) non plus. «Nous verrons un Shaqiri fort physiquement après la pause internationale», a assuré le coach du FCB, qui ne pouvait tout de même pas laisser sa star sur le banc durant tout le match contre Yverdon. «XS» est ainsi apparu à la 66e minute (en remplacement de Bradley Fink) pour son 93e match de Super League.
D'abord timidement, puis tout a changé ensuite. Xherdan Shaqiri était parmi les derniers bâlois à faire son entrée sur la pelouse pour l'échauffement. Il a été applaudi comme tous ses coéquipiers, sans recevoir de marque d'affection particulière.
Mais c'est lui, ensuite, qui a été le plus applaudi lors de la composition des équipes, puis ovationné lorsqu'il est passé devant la tribune principale pour rejoindre le banc. L'ambiance est encore montée d'un cran quand l'ex-international suisse (125 sélections) a été appelé par son entraîneur.
Il s'est installé sur le côté droit de l'attaque, dans le 3-4-3 de Fabio Celestini. Le coach rhénan n'a DONC pas modifié son système de jeu pour sa nouvelle recrue, et cela fait sens: «XS» est habitué à jouer dans un système à trois attaquants. C'est dans ce registre qu'il évoluait par exemple en équipe de Suisse avec Murat Yakin.
Globalement oui, même s'il lui manque encore du rythme et des automatismes, ce qui est logique et viendra avec le temps. Il s'est illustré sur sa première action en provoquant un coup-franc aux 17 mètres, qu'il s'est lui-même chargé de botter, mais le portier yverdonnois a détourné. Il aurait pu en revanche mieux faire à la 70e, manquant de précision alors qu'il avait à la fois du temps et de l'espace à l'entrée de la surface de réparation.
Au final, l'impression reste très positive, et même prometteuse: la précision de Shaqiri sur coups de pieds arrêtés et sa vision du jeu dans les trente derniers mètres devraient faire des merveilles dans le championnat de Suisse.
Exceptionnelle, évidemment. La dernière fois que le FCB avait accueilli Yverdon en championnat, c'était le 21 mai 2024 pour un match sans réel enjeu. La rencontre s'était soldée par un triste 0-0 devant 17'920 supporters.
Cette fois, ils étaient 30'013 exactement et ce n'est pas parce qu'Yverdon a changé. Tout le monde voulait voir Shaqiri, à l'échauffement déjà. La Muttenzerkurve (le repaire des plus fervents fans rhénans) était comble et bruyante une heure avant le coup d'envoi, et si beaucoup de supporters n'avaient pas le numéro 10 de Shaqiri sur les épaules, c'est uniquement parce que la boutique du club était en rupture de stock.
Le FCB avait écoulé 3500 maillots durant la semaine et prévenu ses adhérents que le temps d'attente pour une tunique floquée était désormais de trois semaines. Ce qui coïncide avec le temps estimé par Fabio Celestini pour voir Xherdan Shaqiri au sommet de son art. Le FC Bâle a décidément pensé à tout.