La Challenge League suit de près une alternative à la VAR
Le recours à l’arbitrage vidéo reste un sujet brûlant dans le monde du football. Il n'y a pas une semaine qui passe sans que la VAR ne fasse l’objet de critiques. Supporters, entraîneurs et experts expriment régulièrement leur mécontentement face à l’utilisation de cette technologie. Mais cette semaine, au Brügglifeld d'Aarau, la fin de match contre Etoile Carouge a rappelé ce que peut être un match de football sans assistance vidéo.
L’arbitre Alessandro Dudic a sanctionné à tort, à la 86e minute, un tacle pourtant irréprochable de David Acquah sur Itaitinga, à la limite de la surface. Le penalty qui a suivi a brisé l’élan du FC Aarau et précipité sa défaite 1-3. Un revers douloureux pour les Argoviens, qui voient leurs ambitions de montée directe sérieusement freinées.
La scène en vidéo:
Avec l’assistance de la VAR, la polémique n’aurait sans doute pas existé. Un simple coup d’œil de l’arbitre Alessandro Dudic à l’écran situé en bord de terrain aurait suffi à constater que David Acquah avait joué le ballon de manière parfaitement régulière. Mais, du point de vue du FC Aarau, cela relève du vœu pieux. Imaginer une introduction prochaine de la VAR en Challenge League tient aujourd’hui encore de l’utopie.
Mais pourquoi cela reste-t-il si illusoire? La réponse est relativement simple: le recours à la VAR est tout simplement trop coûteux pour la Challenge League, une division dans laquelle la moitié des clubs doivent fonctionner avec un budget annuel inférieur à cinq millions de francs. A titre de comparaison, en Super League, la VAR représente environ 1,5 million de francs par an – une somme assumée par les clubs.
Dans l’antichambre de l’élite, le principal obstacle est aussi d’ordre logistique: à chaque journée, un seul match est produit pour la télévision avec plusieurs caméras. Or l’introduction de la VAR nécessiterait des moyens nettement supérieurs, tant sur le plan technique qu’humain. Il faudrait au minimum quatre caméras par rencontre, ce qui engendrerait des coûts difficilement supportables pour un club moyen de Challenge League.
Une autre solution existe
Un regard à l’échelle européenne confirme cette tendance: dans la plupart des deuxièmes divisions, la VAR n’est tout simplement pas utilisée. Des exceptions existent toutefois, notamment en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Turquie, au Portugal et en Pologne. Dans ces pays, les coûts – en particulier ceux liés au personnel – sont parfois plus faibles qu’en Suisse, ce qui facilite la mise en place de l’assistance vidéo.
Une lueur d’espoir pourrait toutefois émerger pour la Challenge League avec le développement du Football Video Support (FVS), testé lors de la Coupe du monde des moins de 17 ans l'an dernier. Le principe est simple: chaque entraîneur bénéficie de deux challenges et peut donc, à deux reprises par match, demander la révision d’une action. Celle-ci est alors examinée par l’arbitre directement au bord du terrain, à la manière d’une «on-field review», mais sans recours à la VAR.
Il reste toutefois une zone d’ombre: le nombre de caméras nécessaires n’a pas encore été précisé à ce stade.
Discussions avec les clubs
Du côté de la Swiss Football League, le Football Video Support est bien connu. Mais une introduction future en Challenge League reste hypothétique. Son porte-parole, Philippe Guggisberg, se montre prudent:
Reste donc à voir si le Football Video Support s’imposera comme une alternative crédible. Une chose est sûre: le besoin d’assistance pour les arbitres demeure. Dans une ligue comme la Challenge League, les erreurs d’arbitrage peuvent avoir des conséquences sportives majeures.
