Roland-Garros tient son nouveau «Rafa»
Il a connu une ascension fulgurante
Rafael Jodar, 19 ans, n'a disputé l’an dernier que des tournois Challenger, ainsi que les Next Gen ATP Finals en fin de saison. Cela ne l’a toutefois pas empêché de passer de la 895e à la 168e place mondiale entre le 1er janvier et le 31 décembre.
Ce qu’il réalise cette saison est encore plus remarquable, puisqu’il parvient, à l’échelon supérieur, à confirmer les attentes placées en lui. Jodar a crevé l’écran en janvier, se hissant au deuxième tour de l’Open d’Australie après être passé par les qualifications. Il a ensuite enchaîné, toujours sur dur, lors de la tournée américaine, se qualifiant pour les tableaux principaux à Dallas et Miami, et franchissant des tours à Delray Beach et Miami.
Le Madrilène occupe aujourd’hui la 29e place mondiale, ce qui fait de lui une tête de série à Roland-Garros. C'est seulement le dixième joueur de l’ère Open à bénéficier de ce statut pour l’un de ses deux premiers tournois du Grand Chelem.
Il excelle sur terre battue
Cette dernière progression au classement, d’une place en dehors du Top 100 au Top 30 mondial, s’explique par la remarquable saison sur terre battue que le jeune Espagnol a réalisée jusqu’ici. Rafael Jodar a remporté le tournoi ATP 250 de Marrakech, disputé les demi-finales à Barcelone et atteint les quarts de finale à Madrid comme à Rome.
Ses débuts au plus haut niveau sur la surface sont aussi meilleurs que ceux de Rafael Nadal. Il est tout simplement l’un des joueurs ayant le plus gagné cette année sur ocre, derrière Jannik Sinner et Luciano Darderi.
Sa surface de prédilection n’est pourtant pas la terre battue. Il confiait l’an passé préférer le dur et apprécier fortement l’Open d’Australie. Logique au regard de sa taille (1,91 m) et de son service de qualité. Mais Jodar est un joueur polyvalent, et surtout un Espagnol formé sur terre battue, et donc parfaitement à l’aise sur cette surface, comme en témoigne son jeu porte d'Auteuil.
Il présente des similitudes avec Nadal
A première vue, la comparaison avec Rafael Nadal, joueur unique et si singulier, semble impossible sur le plan tennistique. Rafael Jodar est droitier, tandis que le Taureau de Manacor possédait un bras gauche légendaire, qui a fait de lui le roi du lift et du passing. Le Madrilène est également moins solide en défense que le vainqueur de 14 Roland-Garros, qui était capable de quadriller le terrain durant des heures. «Il est encore un peu fragile en défense. C'est l'aspect de son jeu qu'il devra le plus progresser dans les mois à venir», a estimé en ce sens Toni Nadal dans El País.
Mais certaines similarités sont frappantes: le tennisman de 19 ans dispose par exemple d'un excellent jeu de jambes et se déplace bien sur terre. C’est également un joueur intense, agressif et très offensif. Un attaquant né, qui met la pression dès qu'il le peut. En outre, il possède un gros mental. C'est sans doute la qualité qui nous fait penser le plus à Nadal.
Jodar n’a perdu que deux de ses huit premiers tie-breaks sur le circuit, et il affichait l’an passé le meilleur taux de conversion de balles de break, avec 52,4%. Il se trouve actuellement à la sixième place du classement des points sous pression, englobant les balles de break à convertir, celles à sauver, ainsi que les tie-breaks et les sets décisifs disputés.
Il est la grande attraction de Roland-Garros
Très attendu à Paris par les observateurs de la petite balle jaune, après sa folle campagne sur ocre, Rafael Jodar profite de ce Roland-Garros 2026 pour se faire connaître du grand public. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne passe déjà plus inaperçu dans les travées de la Porte d’Auteuil.
Avec un prénom comme le sien, le surnom de «Rafa» et sa nationalité espagnole, il est l’une des grandes attractions de la première semaine du tournoi, sa présence ravivant les «Vamos Rafa» et les «Rafa, Rafa, Rafa» autour des courts. Beaucoup attendent aussi ses débuts sur le central, rien que pour réentendre Marc Maury, le speaker de Roland-Garros, se délecter d’un: «Il est espagnol, Rafael…», au moment de la présentation des joueurs.
Rafael Jodar a grandi avec les exploits de Rafael Nadal et a expliqué que l'ancienne star du tennis mondial était son idole. Son prénom n’est toutefois pas lié au multiple vainqueur en Grand Chelem, bien qu’il soit né en 2006, année du deuxième titre de Nadal à Roland-Garros. Il s’agit simplement d’une tradition familiale: son père, son grand-père et son arrière-grand-père s’appellent tous ainsi.
Il peut aller loin cette année à Paris
Le joueur de 19 ans a débuté son tournoi de Roland-Garros par une performance hors pair, en ne concédant que cinq jeux au premier tour face à Aleksandar Kovacevic. Une première pour des débuts sur la terre battue parisienne depuis ceux de Novak Djokovic en 2005.
Il s’est ensuite imposé en quatre sets contre l’Australien James Duckworth avant de défier Alex Michelsen, vendredi, au troisième tour. Une victoire et l’Espagnol aurait un huitième de finale ouvert, face au vainqueur du match entre Pablo Carreño Busta et Thiago Agustín Tirante, après les éliminations des têtes de série Jiří Lehečka et Alejandro Davidovich Fokina dans cette partie de tableau. Si la logique est respectée, Rafael Jodar devrait ensuite retrouver Alexander Zverev en quarts de finale. En cas d’exploit, il s’imposerait déjà comme le troisième homme fort du circuit.
