Voici les candidats pour l'or de la descente des JO
Deux entraînements avalés et des enseignements qui ne le sont pas vraiment, car chacun joue un poker menteur. C'est samedi 7 février (11h30) que tout le monde fera tapis.
Une course olympique est parfois synonyme de surprise. Dans les exemples récents, on peut rappeler la victoire d'Ester Ledecká lors du super-G de Pyeongchang en 2018. Jean-Luc Crétier avait également remporté l'or en descente un peu à la surprise générale, à Nagano en 1998.
Alors on peut aussi s'attendre à une surprise sur la très sélective piste de Bormio. Il y a des candidats aux médailles. Il y a des trouble-fêtes. Il y a de quoi faire. Mais les cadors semblent tenir le haut du panier.
Qui pour succéder à Beat Feuz, le tenant du titre? On passe en revue les prétendants qui peuvent inscrire leur nom au panthéon du ski alpin.
L'armada helvétique pour conquérir l'Olympe
Marco Odermatt, Franjo von Allmen, Alexis Monney et Stefan Rogentin, le quatuor (magique) helvétique flaire bon le titre. Ils sont trois à pouvoir faire vibrer tout une nation. A commencer par Odermatt et von Allmen, qui sont tout simplement les deux meilleurs descendeurs de la planète. Rien de plus à ajouter. Si ce n'est que von Allmen semble être plus en jambes ces jours que l'ogre Odi.
Concernant Alexis Monney, dernier vainqueur sur la Stelvio, il a montré que ses Stöckli vont vite sur la neige italienne; un solide client pour un métal et même pour le plus précieux, et peut-être succéder à Didier Défago comme Romand au sommet de l'Olympe. Pour s'en convaincre, lors du test chronométré de jeudi, ses différents secteurs étaient solides et surtout réguliers, alors que le Fribourgeois ne semblait pas gratter ses limites.
Pour la dernière carte helvétique: Stefan Rogentin. Sorti vainqueur de son duel avec Niels Hintermann, le Grison paraît un cran en-dessous. Mais le jour J, sait-on jamais...
«RCS» et le fighting spirit de l'oncle Sam
Ryan Cochran-Siegle, à la peine cette saison, est revenu, comme par hasard, à un excellent niveau juste avant le grand rendez-vous du mois de février. Sur la boîte à Crans-Montana, l'Américain a été excellent sur le premier entraînement en se montrant le plus véloce. Sa deuxième descente était plus en retenue, mais chaque dépense d'énergie est calculée en vue de samedi.
Le skieur du Vermont connaît cette piste comme sa poche. La Stelvio compte parmi ses terrains de chasse favoris. Comment oublier ce week-end de 2020 à Bormio, quand il y avait décroché son unique victoire en Coupe du monde, un super-G éclatant? L'Américain avait même frôlé un deuxième triomphe sur ces pentes, avant qu'une faute grossière sur le bas du tracé ne l'en prive.
Le médaillé d'argent du super-G de Pékin, en 2022, pourrait être le grand vainqueur de cette descente olympique, boosté au fighting spirit américain qui fait souvent des dégâts dès qu'on parle de JO.
Paris comme meilleure carte pour la Squadra Azzura
Bormio, c'est le royaume de Dominik Paris: six sacres en descente, un en super-G. L'Italien connaît la Stelvio par cœur, dans ses moindres virages, ses moindres bosses. Ici, c'est un rouleau compresseur: des appuis d'une violence rare qui font ployer ses Nordica et pulvérisent la concurrence.
C'est lui qui devrait être le principal atout du quatuor italien. Paris est impitoyable quand la Stelvio est glacée. Petit désagrément pour l'Italien: les chutes de neige ont rendu le revêtement plus mou et, par conséquent, moins favorable pour lui.
Outre Paris, une autre carte maîtresse est attendue dans le clan transalpin: Giovanni Franzoni. La nouvelle coqueluche de l'équipe italienne paraît un ton en-dessous après son mois de janvier magique et ses victoires lors du super-G de Wengen et sur la Streif. Mais son toucher de neige peut faire de gros dégâts et valoir de l'or.
Toujours dans le camp italien, Mattia Casse, tout comme Florian Schieder, sont des candidats à la médaille, mais ne devraient pas se battre pour la plus haute marche.
Nils Allègre, la grosse cote
Il ne fait pas beaucoup de bruits, mais il skie fort, très fort. Nils Allègre pourrait être sacré samedi, ce n'est pas une folie de le penser. Une médaille d'or ne serait pas volée pour le Français, lui qui n'est jamais loin d'un exploit XXL, toujours gêné par une petite erreur qui vient contrecarrer ses plans – ou ses manches.
Le descendeur de Serre Chevalier a le ski pour briller: très bien posé sur ses lattes et capable d'enchaîner des courbes propres. Il était l'un des plus convaincants lors des deux premiers entraînements.
Attention au Français, qui pourrait succéder à Antoine Dénériaz, dernier Français champion olympique, vainqueur à Turin en 2006.
Et l'Autriche comptera sur l'éternel Kriechmayr
Il n'a pas fait le déplacement à Crans-Montana, en colère après ses performance de Kitzbühel. Le leader de la formation autrichienne, Vincent Kriechmayr, est l'Autrichien le mieux armé pour rafler le titre olympique. Et la Stelvio, il l'a déjà domptée, en 2022, avec une victoire éclatante. Il compte pas moins de six podiums sur cette piste.
Quatre ans plus tard, le skieur de 33 ans et sa technique sublime traversent une période moins flamboyante. Si Kriechmayr n'a jamais glané de médaille olympique, sa quête d'un premier métal pourrait basculer dans la légende avec un titre suprême. Pour l'atteindre, l'Autrichien détient les clés.
