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JO: Le suisse Andreas Däscher a révolutionné le saut à ski

Cet athlète suisse a révolutionné le saut à ski aux JO
Andreas Däscher a révolutionné la technique de saut avec cette posture.image: photopress-archiv

Cet athlète suisse a révolutionné le saut à ski aux JO

Gregor Deschwanden a créé la surprise en remportant une médaille de bronze en saut à ski aux JO 2026. Mais c’est un autre Suisse, Andreas Däscher, qui a véritablement marqué l’histoire de la discipline. C'était déjà à Cortina, il y a 70 ans.
16.02.2026, 08:5216.02.2026, 08:52
Klaus Zaugg
Klaus Zaugg

Originaire de Davos Clavadel dans les Grisons, Andreas Däscher n’est jamais monté sur un podium tant aux Championnats du monde qu'aux JO. Son meilleur classement olympique reste une sixième place à Cortina en 1956. Pourtant, il a eu une influence plus grande sur son sport que le quadruple champion olympique suisse Simon Ammann, ou que le récent médaillé Gregor Deschwanden.

Dans les années 1950, Däscher a totalement révolutionné la technique de saut. Jusqu’alors, il était courant de tendre les bras vers l’avant durant le vol. Andreas Däscher a compris qu’une posture plus aérodynamique, les bras plaqués le long du corps, réduisait la résistance à l’air et permettait des sauts plus stables et plus longs, tout en offrant une réception plus sûre.

C’est ainsi qu’on sautait dans les années 1950.
C’est ainsi qu’on sautait dans les années 1950.image: photopress-archiv

Sa technique, qui s’imposera plus tard dans le monde entier sous l'appellation «style Däscher», a marqué un tournant décisif dans l’histoire de la discipline. Et pour cause: elle constitue la base du saut moderne.

Andreas Däscher a développé sa posture par observation et par intuition, bien avant que la science ne s’intéresse à la question et que les tests en soufflerie fassent leur apparition en saut à ski.

Problème: ce nouveau style allait à l’encontre des conceptions esthétiques alors en vigueur. Les juges n’évaluaient pas les sauts uniquement en fonction de la distance parcourue, mais aussi selon des critères tels que la «posture», la «beauté» et la «tradition». Les points de style s’ajoutaient à la distance réalisée.

Andreas Däscher.
Andreas Däscher.image: photopress-archiv

Le style traditionnel, bras tendus vers l’avant, était alors particulièrement bien noté. Développé en Norvège, il était appliqué avec succès par Birger Ruud, champion olympique en 1932 et 1936.

Les notes de style du Suisse furent donc moins bonnes. Sa technique révolutionnaire était d'abord considérée comme «incorrecte» ou «non conventionnelle». Il parvint néanmoins à s’imposer malgré tout avec le temps.

Dans les années 1980, Jan Boklöv développa la position de Däscher, donnant naissance au style moderne en V. Comme le Suisse, il fut pénalisé par les juges, qui qualifiaient sa technique de «mauvaise». Autre point commun: le Suédois ne monta sur aucun podium tant aux Mondiaux qu'aux Jeux olympiques. Il remporta néanmoins la Coupe du monde en 1989.

Les histoires d’Andreas Däscher et de Jan Boklöv illustrent un schéma classique dans le sport: l’innovation est souvent d’abord accueillie avec scepticisme. Par nature, les instances dirigeantes sont conservatrices, freinant l’élan et l’audace des jeunes générations.

Après sa carrière, Andreas Däscher fonda une entreprise de plomberie à Meilen (ZH). Il est décédé le 4 août 2023, à l’âge de 96 ans, dans un home. Il restera à jamais l’un des plus grands pionniers du saut à ski.

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