«Ça fait ch…»: la mésaventure qui a plombé Noè Ponti
Noè Ponti semble maudit à Paris. Après avoir flirté deux fois avec le podium aux JO 2024, le Tessinois a joué de malchance mardi en finale du 50 m papillon des Européens, perdant ses lunettes au départ. La soirée fut en revanche belle pour Roman Mityukov et Flavio Bucca, qui joueront les médailles sur 200 m dos mercredi.
La frustration était forcément grande pour Noè Ponti, vice-champion du monde 2025 de la discipline, qui n'a pas souhaité s'arrêter en zone mixte. La veille, il avait rappelé que la moindre erreur se payait cash sur un 50 mètres. Il l'a appris à ses dépens mardi soir. «J'ai perdu mes lunettes après mon plongeon, et j'ai dû boucler ma course dans ces conditions», a-t-il expliqué au micro de la RSI.
Dans ces conditions, impossible de rivaliser avec les meilleurs, même si ceux-ci n'ont pas affolé le chronomètre en finale. Favori, le Russe Egor Kornev s'est paré d'or en 22''52, loin de son chrono des demi-finales (22''36), alors que le champion du monde en titre du 50 pap' Maxime Grousset a cueilli l'argent en 22''54.
Le temps réalisé par le médaillé de bronze Grigori Pekarski (22''68) doit encore aviver les regrets de Noè Ponti, qui avait réalisé 22''53 en demi-finales. «Heureusement, dans ce sport, les courses s'enchainent. Demain (mercredi) est un autre jour», a conclu le Tessinois, qui aura certainement le couteau entre les dents dès les séries du 100 pap' mercredi matin.
Contraste
La déception du chef de file de la natation helvétique contrastait évidemment avec le sourire immense affiché quelques minutes plus tard par Flavio Bucca en zone mixte. «C'est une journée incroyable. Il me faudra encore un peu de temps pour réaliser. Je suis très heureux», a lâché le Thurgovien de 21 ans, 6e des demi-finales.
Flavio Bucca a, il est vrai, frappé très fort lors de cette journée. Alors qu'il affichait 1'57''33 comme «personal best» avant ces joutes, le Thurgovien a nagé en 1'56''63 en séries puis en 1'55''73 en demi-finales. Soit 1''6 de mieux en un jour ! «Je ne pensais pas réussir un tel chrono si tôt dans ma carrière», a-t-il souligné.
Roman Mityukov a quant à lui nagé en 1'54''85 pour réaliser le 4e temps de ces demi-finales, à 0''02 de son record de Suisse établi en demi-finales des Mondiaux 2025 à Singapour. «C'est la troisième fois que je fais presque le même temps», a lâché le Genevois, qui avait cueilli le bronze olympique en 2024 en... 1'54''85 !
«J'ai bien maîtrisé la chose, maintenant j'ai hâte de voir ce que ça donne en finale», mercredi à 18h40. «Je suis tellement dégoûté par ma finale de Singapour (red: il avait fini 7e) que je vais m'arracher en finale. Je vais donner tout ce que j'ai, et j'espère obtenir quelque chose de bien», a-t-il glissé.
Roman Mityukov et Flavio Bucca devront certainement nager bien plus vite encore pour jouer les médailles. Troisième des demi-finales, le Tchèque Jan Cejka a réussi 1'54''40, soit 0''43 de mieux que le record national du Genevois. Et le Hongrois Hubert Kos a remporté ces demi-finales en signant un nouveau record d'Europe (1'52''30).
Kay-Lyn Löhr dans le grand bain
Les autres Suisses engagés mardi sont passés à la trappe dès les séries. Sur 100 m libre, Balint Ashton (49''10) et Mattia Mauri (49''48) ont certes tous deux battu leur record personnel, Mauri l'ayant même explosé de 0''61. Mais cela n'a pas suffi pour accéder aux demi-finales, un chrono en dessous de 48''55 étant nécessaire.
Cette session matinale a par ailleurs vu l'espoir Kay-Lyn Löhr (18 ans), double médaillée d'argent aux récents Européens juniors, effectuer ses débuts dans l'élite sur la scène internationale. Elle n'a pas signé d'exploit, signant le 25e temps sur 200 m brasse (1'09''24) en restant loin de son meilleur chrono (1'08''39).
«J'étais beaucoup plus nerveuse que d'habitude. Je l'ai ressenti dans tout mon corps, je tremblais. Mais c'était une belle expérience, même si je suis un peu déçue de mon chrono», a relevé la Zurichoise en zone mixte. «Je me sens mieux préparée pour le 200 m brasse» dont les séries auront lieu jeudi, a-t-elle conclu. (Gilles Mauron, ats)
