Le tour de passe-passe du patron du ski mondial pour rester en place
En 2021, Johan Eliasch battait le Suisse Urs Lehmann lors d’une élection très disputée pour la présidence de la Fédération internationale de ski (FIS). Depuis, ce milliardaire anglo-suédois, anticonformiste et obstiné, s’est fait tellement d’ennemis durant son mandat qu’il doit sérieusement craindre pour sa réélection lors du Congrès de l'instance prévu en juin à Belgrade.
Le Liechtensteinois Alexander Ospelt est aujourd’hui considéré comme le candidat le plus prometteur. Les autres adversaires sont Anna Harboe Falkenberg (Danemark), Dexter Paine (Etats-Unis) et Victoria Gosling (Grande-Bretagne), comme l’a indiqué la FIS mercredi, tard dans la soirée, en précisant que la liste finale devait encore être approuvée par le Comité de nomination et de rémunération au plus tard le 20 mai.
Ce communiqué révélant l’ensemble des candidats était particulièrement attendu, car la présence de Johan Eliasch n’était pas totalement acquise. Pour se présenter, une personne doit obtenir le soutien d’une fédération, ou plutôt de «sa» fédération. Selon les statuts de la FIS, elle doit impérativement être en possession du passeport de la nation concernée.
Comme ni la Grande-Bretagne, qui avait soutenu Eliasch il y a cinq ans, ni la Suède n’étaient disposées à le présenter comme candidat, le propriétaire anglo-suédois de la marque Head pouvait logiquement craindre de ne pas pouvoir se présenter à sa propre réélection. Mais il a visiblement trouvé une solution.
Johan Eliasch figure bel et bien sur la liste communiquée par la FIS. Il est soutenu par la Géorgie, et non par l’Arménie comme certaines rumeurs l’avaient laissé entendre ces derniers jours. On attend avec impatience de savoir comment cet homme de 64 ans a pu obtenir un tel passeport.
Désormais candidat à sa réélection, sauf bien sûr si le Comité de nomination et de rémunération s’y oppose, Eliasch n’a en tout cas pas à craindre d’adversaire suisse. Son ancien rival, Urs Lehmann, est aujourd’hui CEO de la FIS et fait en quelque sorte partie de ses proches collaborateurs. L’ancien président de Swiss-Ski se tient ainsi à l’écart de toute intrigue politique.
