Loïc Meillard prend un virage crucial dans sa carrière
Loïc Meillard est devenu champion olympique de slalom cette semaine. Il est le deuxième Suisse de l'histoire à réaliser cet exploit après Edy Reinalter à Saint-Moritz en...1948. Une page d’histoire du sport s'est donc écrite en Italie, mais un détail a presque éclipsé cette victoire: le commentaire de Stefan Hofmänner, le journaliste sportif de la SRF. En plein direct, il a annoncé: «Il va devenir papa. Je pense qu’on peut le dire maintenant.»
La nouvelle a sans doute surpris les téléspectateurs, mais beaucoup dans le monde du ski savaient déjà que Loïc Meillard et sa compagne, Zoé Chastan, attendaient leur premier enfant. «Nous ne l'avons pas gardé secret. Nous l'avons annoncé aux personnes qui comptent pour nous», a expliqué Loïc Meillard à Tamedia. Le moment choisi par Stefan Hofmänner pour révéler cette information au public était toutefois un peu particulier.
Pour Meillard et Chastan, qui gèrent notamment la communication au sein de l'équipe suisse de ski, une nouvelle phase de leur vie s'ouvre donc. «2026 sera une belle année, nous sommes vraiment impatients», a anticipé le skieur. Quant à l'organisation de sa carrière après la naissance de leur enfant, il avoue ne pas encore savoir:
Un bébé qui a précipité la retraite
Âgé de 29 ans, le natif de Neuchâtel a encore plusieurs années de haut niveau devant lui. La question est donc de savoir de quelle manière un enfant transforme la vie d’un skieur professionnel. L'Allemand Felix Neureuther a la réponse. En octobre 2017, il est devenu père pour la première fois. Aujourd’hui, il confie: «À partir de ce moment-là, un petit sentiment de culpabilité t’accompagne, parce que tu veux être avec ton enfant.»
Un peu plus de deux mois après la naissance de sa fille, et alors qu'il avait 33 ans, Neureuther s'est blessé lors d’un entraînement et s'est déchiré le ligament croisé. «Je me suis retrouvé plus souvent à la maison et, pour être honnête, après cela, je n'avais plus la motivation totale pour tout donner en rééducation.» Pourtant, Neureuther a réussi à revenir en Coupe du monde.
En mars 2019, Felix Neureuther a annoncé sa retraite. Sa fille n'avait qu'un an et demi. «J’étais arrivé à un point où je me suis dit: "Je ne veux plus et je ne peux plus être autant en déplacement, car je veux être là pour ma famille." Cela a joué un rôle majeur dans ma décision d’arrêter ma carrière», confie-t-il aujourd'hui. Neureuther souligne cependant qu’un enfant «donne aussi une énergie folle». Mais, pour lui, les inconvénients des voyages incessants ont fini par l’emporter.
Un autre regard sur le danger
Les spécialistes des disciplines techniques, comme Neureuther et Meillard, voyagent relativement moins que les descendeurs. Ils se rendent souvent aux courses à la dernière minute, tandis que les descendeurs arrivent plusieurs jours à l’avance pour s’entraîner. De surcroît, le facteur risque est bien plus élevé dans les disciplines rapides.
En 2018, le descendeur Beat Feuz est devenu père pour la première fois. Dans la NZZ, il expliquait comment son rapport aux risques avait évolué depuis la paternité:
Aujourd’hui, l’ex-champion du monde de descente et médaillé olympique, qui a pris sa retraite en 2023, préfère ne plus s’exprimer sur le sujet et insiste sur le fait que la paternité dans le ski n’a rien d’exceptionnel.
En réalité, la liste des skieurs pères est assez longue. Du côté des descendeurs, on retrouve des athlètes comme Dominik Paris ou Romed Baumann. Chez les techniciens, des skieurs tels que Henrik Kristoffersen, Alexis Pinturault, Dave Ryding ou Manuel Feller sont également des pères toujours en activité.
Feller a évoqué dans une interview à CH Media, le groupe auquel «watson» appartient, les longues absences: «Au bout d’une semaine environ, les enfants sont presque vexés de mon absence et ne veulent même plus me parler au téléphone.» En décembre 2023, l’Autrichien a décidé de voyager avec sa famille sur le circuit Coupe du monde, mais uniquement pour les courses qui ne nécessitent pas de longs voyages. Un choix que fera peut-être Loïc Meillard dans quelques hivers.
