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JO 2026: Voici la vraie raison de l’échec des hockeyeurs suisses

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Sandro Schmid en échec face au gardien finlandais Juuse Saros.image: Keystone

Voici la vraie raison du cruel échec de la Nati aux JO

Les hockeyeurs suisses ont subi mercredi une cruelle défaite en quart de finale du tournoi olympique. Voici la raison de cet échec, et des précédents, survenus si près du but.
19.02.2026, 12:0419.02.2026, 12:04
klaus zaugg, Milan

Il y a 50 ans, un Suisse inventait la zone mixte: c’était lors des Jeux de Montréal 1976. A l’époque, les chaînes de télévision, toujours plus influentes, reléguaient les journalistes de presse écrite au second plan lors des interviews d’après-compétition. Autant dire que la grogne montait chez certains.

Hugo Steinegger décida alors de mettre de l’ordre. Aujourd’hui âgé de 82 ans, il collabore toujours avec le Comité international olympique (CIO). En 1976, il gérait le dispositif médiatique des JO. Il improvisa et créa, à l’aide de cordons de séparation, deux espaces distincts: l’un réservé aux interviews télévisées, l’autre aux questions des autres professionnels des médias.

Depuis, le système s’est structuré et professionnalisé. En hockey sur glace, joueurs et entraîneurs regagnent le vestiaire en passant devant les télévisions et les radios. Après le match, ils quittent la patinoire par une zone aménagée, où les autres journalistes peuvent les interroger.

Devant les caméras et les micros, tous se tiennent à carreau. Les joueurs et les entraîneurs dévoilent rarement leurs véritables émotions. C’est un sport rude, pratiqué par des hommes endurcis. En outre, tout le monde est aujourd’hui rompu à l’exercice médiatique. Au 21e siècle, il est presque impossible de déclencher une polémique à partir de déclarations d'après-match.

Et pourtant, face aux journalistes qui n’enregistrent pas et se contentent de prendre des notes, les joueurs et les entraîneurs laissent parfois transparaître un peu d’émotion. Comme Patrick Fischer, mercredi à Milan, après l’amère défaite contre les Finlandais. Le sélectionneur avait déjà encaissé plusieurs revers douloureux. Et voilà maintenant ce 3-2 concédé après prolongation, alors qu’il disposait de la meilleure équipe suisse de l'histoire, et que ses joueurs menaient encore 2-0 à la 54e minute. Pour la troisième fois consécutive, Patrick Fischer échoue à atteindre les demi-finales des Jeux.

Jamais Fischer n’avait été aussi aigri, aussi laconique et aussi déçu que mercredi soir à Milan, dans cette zone dépourvue de caméras de télévision. Interrogé par des confrères finlandais, il a résumé la situation ainsi:

«Je suis énervé. Nous sommes tristes et nous ne sommes pas contents»
Patrick Fischer

Les mots parlent d’eux-mêmes. Il ne voulait rien ajouter. De toute façon, que pouvait-il dire de plus?

Patrick Fischer, head coach of Switzerland national ice hockey team, looks disappointed as they leave his bench after the second period, during the men's group A preliminary round game between Ca ...
Patrick Fischer, la tête basse.image: Keystone

L’échec de Milan s’inscrit dans une série qui a débuté en 2018 (revers 3-2 aux tirs au but contre la Suède en finale du Mondial), puis s’est poursuivie en 2024 (défaite 2-0 face aux Tchèques en finale du Championnat du monde) et 2025 (revers 1-0 après prolongation contre les Etats-Unis lors de la finale mondiale). La défaite 3-2 face aux titans finlandais de la NHL en quart de finale des JO est toutefois encore plus amère. Outre le scénario, une demi-finale olympique, dans un tournoi réunissant les meilleurs joueurs du monde, aurait eu une valeur supérieure à toutes les médailles mondiales remportées.

Ces échecs dramatiques et extrêmement serrés placent régulièrement l’entraîneur Patrick Fischer sous le feu des critiques. Pourquoi la Suisse ne parvient-elle pas à franchir la dernière étape décisive? Pourquoi une avance de deux buts est-elle perdue en phase finale? Est-ce la faute du sélectionneur? A cette dernière question, la réponse est définitivement non.

Les Suisses n’échouent pas dans la dernière ligne droite à cause de leur entraîneur. Au contraire, c’est grâce à lui qu’ils s'approchent aussi près du but. Dans tous ces drames, nos joueurs n’ont jamais failli sur le plan défensif et n’ont commis que les erreurs normales d’un match de hockey. Sous la direction de Patrick Fischer, l’équipe a trouvé son style inimitable: patiner sans relâche, porter le spectacle devant, mettre la pression sur l'adversaire avec un forechecking intense. Cela allège le travail de la défense et permet de conserver une organisation solide.

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Les défenseurs suisses, autour de Jonas Siegenthaler, ont tenu la Finlande à distance malgré la présence de la superstar Mikko Rantanen.image: Keystone

Une équipe qui n’a jamais concédé plus de deux buts dans le temps réglementaire d’une finale (le 2-0 de 2024 étant même tombé dans une cage vide) fait tout correctement sur le plan défensif. Cependant, pour triompher, il faut marquer plus de deux buts en finale, ou lors d’un quart de finale olympique réunissant les stars de la NHL. La défense, c’est-à-dire un jeu structuré et discipliné, s’apprend et peut être inculquée par un entraîneur. C’est davantage un travail qu’un art.

L’attaque, en revanche, ne s’apprend pas. Elle relève davantage de l’art que du travail et repose avant tout sur le talent individuel. Or le talent est un don des dieux du hockey: il peut être poli, affiné, mais non enseigné. Patrick Fischer n’a jamais disposé de plus de deux lignes capables, par leur seule créativité, de marquer régulièrement au plus haut niveau mondial. Le constat est simple: il mène son équipe trop haut, là où l’oxygène en attaque se raréfie. En 2018, 2024, 2025 et désormais en 2026, les Suisses ont échoué avant tout sur le plan offensif.

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