Les choix de décoration de Trump sont de pire en pire
Depuis son entrée en fonction il y a un an, Donald Trump n'a pas fait que bouleverser l'ordre mondial et national. Il s'est aussi improvisé décorateur en chef et directeur artistique de la Maison-Blanche, un titre que l'ancien promoteur immobilier prend particulièrement au sérieux.
Le monde entier ou presque était déjà familier des clichés de son triplex de la Trump Tower, à Manhattan, recouvert d'or 24 carats, qui ont largement servi d'exemple comme preuve du goût douteux du milliardaire.
Ces goûts se retrouvent à Mar-a-Lago, le manoir adoré de Donald Trump à Palm Beach, en Floride, acquis en 1985, dont l'or recouvre presque tous les plafonds, les murs, les cadres et les bureaux. Il faut dire que le décorateur d'origine, Joseph Urban, était un scénographe d'opéra qui s'inspirait des grands palais européens.
Très attaché à sa résidence floridienne, Donald Trump s'est appliqué à transformer la Maison-Blanche en Mar-a-Lago 2.0 dès ses premiers jours de mandat.
Comme l'affirme une «source mondaine de Floride» au magazine People: Donald et Melania «préférant» se trouver à Palm Beach, «leurs projets pour la Maison-Blanche sont conçus pour leur rappeler Mar-a-Lago. Ainsi, même lorsqu'ils ne sont pas à Palm Beach, ils y sont par la pensée.»
C'est peu dire que d'énormes changements ont été apportés à la Maison-Blanche. Selon le New York Times, si chaque président a apporté sa patte, ceux de l'homme d'affaires sont d'une ampleur, d'une rapidité et d'un coût sans précédent.
Peinture dorée, sculptures dorées, lustres dorés, miroirs dorés, cadres dorés: le président/décorateur est si nostalgique qu'il même fait venir des chérubins (on vous laisse deviner la matière) de Mar-a-Lago jusqu'à Washington.
Dans le Daily Telegraph, Kate Andersen Brower, auteure de plusieurs ouvrages sur la Maison-Blanche, qualifie ces rénovations comme «tout à fait conformes à son image de magnat de l'immobilier new-yorkais».
Pour superviser cette bling-blingisation de la résidence présidentielle officielle, Donald Trump a fait appel à John Icart, son «golden guy» comme il le surnomme, un ébéniste du sud de la Floride, pour peaufiner les finitions dorées et les moulures sur mesure du Bureau ovale.
Et ce serait oublier de mentionner la nouvelle terrasse venue remplacer la roseraie de la Maison-Blanche, qui comprend désormais des dalles en calcaire et des parasols à rayures jaunes et blanches (les mêmes que ceux de Mar-a-Lago), ainsi que la construction toujours en cours d'une salle de bal de 27 000 mètres carrés, pour refléter plus fidèlement l'ambiance du beach club de Floride.
Poutine au-dessus de sa petite-fille
La dernière trouvaille du président américain a fait s'étrangler plus d'un observateur. Selon le New York Times cette semaine, c'est au sein de la Palm Room (littéralement «pièce des palmiers»), également fraîchement rénovée par la nouvelle administration, que se trouve cette nouveauté.
En septembre dernier, le nouveau look de la pièce avait déjà fait jaser: autrefois éclairée d'une lumière tamisée, agrémentée de plantes et d'arbres en pot, et meublée de bancs et de tables sur un sol carrelé gris, la Palm Room ressemble désormais à n'importe quelle cuisine d'influenceuse de Miami: d'un blanc éclatant, avec un lustre flambant neuf et un sol en marbre.
Ce n'est pas tant l'excès de marbre qui a tapé dans l'oeil du Times et des visiteurs de la Maison-Blanche, qu'une photographie Donald Trump et Vladimir Poutine côte à côte en Alaska. Et comme le président américain a un sens bien particulier de la décoration, il l'a fait accrocher au-dessus d'un cliché avec sa petite-fille, Carolina, 6 ans.
«Mettre Poutine au-dessus du peuple américain et de sa propre famille, c'est presque trop évident», commente le sénateur démocrate Mark Warner, sur X. Pendant que le président de la commission des affaires étrangères du Parlement estonien souligne:
Ceci dit, nous ne sommes pas à une absurdité décorative près. A côté de la Palm Room prend place une nouvelle installation photographique, la «Presidential Walk of Fame», bordée de portraits des anciens présidents américains, classés par ordre d'élection.
Parmi les portraits de George W. Bush, Barack Obama et Donald Trump lui-même, celui du président Joe Biden est absent. A sa place, on trouve la photo d'un stylo automatique – un outil que les présidents américains ont ouvertement utilisé pendant des décennies pour reproduire leur signature.
Une démonstration de l'élégance inégalée de l'artiste Donald Trump.
