«Triste pour le sport»: il y a un problème aux Européens d'athlétisme
Les tribunes à moitié vides de l'Alexander-Stadium ont sonné creux y compris lors des finales du 100m, pourtant épreuves reines, lors des trois premières journées des Européens à Birmingham. L'organisation est sous le feu des critiques en raison des prix élevés des places.
Une piste bleue magnifique dans l'enceinte qui compte 23 000 places, des sprinteurs britanniques en feu à domicile pour les premiers Championnats d'Europe dans une terre d'athlétisme: tout était réuni ou presque pour réussir le rendez-vous de l'année sur le Vieux Continent. Pourtant, difficile de passer à côté des images de tribunes à moitié remplies (plus de 13 000 spectateurs selon les organisateurs) lors de la finale du 100m dames lundi soir, qui a vu le sacre de la Britannique Amy Hunt.
Des images qui contrastent avec les JO de 2012 ou les Mondiaux 2017 organisés à Londres dans le stade olympique, plein à craquer, voire avec la Diamond League dans la capitale anglaise qui attire 60 000 spectateurs tous les ans. «C'est triste pour ce sport», regrette Lisa Veal, 43 ans et originaire d'Oxford, qui a vu les images à la télévision lors des deux premières soirées du championnat.
Cette fan d'athlétisme, qui venait pour la première fois au stade, a déboursé 60 livres (66 francs suisses) par billet, découragée par les prix plus élevés dans les catégories supérieures.
Une ville pauvre
A titre d'exemple, les prix variaient entre 50 et 150 livres (55 et 165 francs suisses environ) pour la soirée de jeudi et rien à moins de 70 livres (77 francs) de vendredi jusqu'à dimanche. Lisa Veal, qui a offert son billet à sa mère pour son anniversaire, souligne:
Ces prix «sont censés attirer qui? Certainement pas les familles et les enfants qui pourraient avoir envie de devenir athlètes! Pas étonnant que les tribunes soient aussi clairsemées», a regretté sur X Stan Collymore, ancien attaquant d'Aston Villa.
D'autant plus que la compétition est organisée dans la deuxième ville du pays (1,1 million d'habitants), l'une des zones urbaines les plus touchées par la pauvreté au Royaume-Uni.
A Rome en 2024, les billets les plus chers pour les soirs de grandes finales (100 m masculin par exemple) coûtaient 88 euros (82 francs). Même dans les catégories inférieures en début de semaine, avec des billets entre 26 et 40 livres, de nombreuses places étaient vides lundi ou mardi soir.
20 francs le sandwich-frites
L'espoir que la situation s'améliore est permis, comme ce fut le cas aux Mondiaux 2023 à Budapest, une édition dont la réussite a fait l'unanimité mais dont les débuts étaient poussifs, avec des tribunes à deux tiers remplis lors des deux premières soirées.
European Athletics, qui organise la compétition, affirme que le stade sera «plein lors des soirées en deuxième partie de semaine». «Naturellement, nous aimerions voir un stade comble à chaque session, car rien n'égale l'énergie d'un Alexander-Stadium plein à craquer et le soutien que cela apporte aux athlètes», assurent les organisateurs, qui se réjouissent que la demande de billets soit «forte pour la seconde moitié de championnat».
Esther Taborn, venue de Coventry avec son fils, commente:
Pour se restaurer, les spectateurs doivent en plus débourser jusqu'à 18,50 livres (20 francs) pour un sandwich au porc effiloché avec des frites, puis près de 4 livres (4,50 francs) pour une bouteille d'eau autour du stade.
(ats/yog)
