Le terrain de la Laver Cup a quelque chose de très rare en tennis
La Laver Cup vit, ce week-end à Londres, sa neuvième édition. Cette compétition insolite en tennis masculin – qui oppose l'Europe au reste du monde –, co-fondée par Roger Federer, avait connu sa grande première à Prague en 2017. Lors de chaque cuvée, le court – en surface dure – est exactement le même: entièrement noir.
Il s'agit d'une couleur très rare pour un terrain de tennis. Ce choix s'explique tout d'abord par une volonté des organisateurs de la Laver Cup de se démarquer. Steve Zacks, le directeur général, a expliqué dans un communiqué de l'événement:
Alors oui, le noir offre cette singularité, aucun autre tournoi pro n'ayant durablement adopté cette couleur. Mais ce n'est pas le seul critère du choix: il faut aussi que le court offre des conditions visuelles idéales aux joueurs et aux téléspectateurs. En d'autres termes: il est nécessaire d'avoir un contraste entre le terrain et la balle jaune, pour que celle-ci soit parfaitement visible. Les terrains foncés sont donc l'idéal.
L'instance du tennis masculin, l'ATP, n'a pas un règlement contraignant concernant la couleur des courts. Mais elle recommande – pour les surfaces dures – du bleu foncé, souligne le média américain The Athletic. C'est d'ailleurs la couleur qu'ont adoptée les deux tournois du Grand Chelem joués sur dur, l'Open d'Australie (dès 2008) et l'US Open (2005). Le noir coche aussi la case, tout en permettant de se démarquer. Bingo!
Un détail que les plus fins observateurs auront remarqué: sur la plupart des tournois, la couleur à l'extérieur des lignes change légèrement de celle du rectangle de jeu. C'est le cas à Melbourne (bleu plus clair à l'extérieur) et à New York (vert).
Ce contraste permet de mieux cerner les limites du terrain. A la Laver Cup, il n'y a aucune distinction. Pour les joueurs, il est donc important de venir suffisamment tôt avant la compétition pour prendre des repères visuels.
Les organisateurs n'ont rien laissé au hasard. Avant la première édition en 2017, ils ont collaboré avec la fédération australienne pour tester une première version du court noir, avec les mêmes caméras et éclairage qui allaient être utilisés durant la compétition. Le résultat n'était pas concluant, comme le fait savoir Steve Zacks:
Le fabricant a alors retravaillé pendant cinq mois pour trouver la couleur idéale. Elle a été validée après un second test, et officiellement labellisée «Laver Cup Black».
Le terrain de la prestigieuse compétition – devenue un événement phare de la saison – a une autre particularité: il est «l'un des plus grands courts au monde, si ce n'est le plus grand, avec ses 49 mètres de long et 23 mètres de large», surface hors des lignes comprise, évidemment, fait savoir la Laver Cup. De quoi plaire aux joueurs avec un profil défensif, qui ont ainsi beaucoup de recul pour aller chercher des balles «impossibles».
En comparaison, le central de Roland-Garros – le fameux court Philippe-Chatrier –, connu pour être particulièrement vaste, ne mesure «que» 43,87 mètres de long et 21,85 mètres de large.
Le terrain de la Laver Cup est aussi un bijou technologique: il est portable. C'est le même matériel qui est installé d'édition en édition, que ce soit à Londres, Genève ou San Francisco. Le terrain est entreposé à Munich, et «Il est composé de 460 panneaux de bois qui s'emboîtent comme un puzzle géant, prêts à être remontés chaque année dans la ville hôte», précise The Athletic. Le média affilié au New York Times ajoute:
Ne reste plus qu'à savoir qui sera le plus à l'aise, ce week-end, sur ce court si particulier: les tennismen européens ou ceux du reste du monde? Les joueurs du Vieux Continent mènent 5-3 sur l'ensemble des confrontations, mais leurs adversaires ont remporté la dernière, l'an passé.
