La Nati a déjoué un sacré traquenard
Il y a encore quelques semaines, et même quelques jours, la Suisse avait de sérieuses raisons d’aborder sa campagne automnale de Ligue des nations avec inquiétude.
Noah Okafor venait de claquer, sans ménagement, la porte de la sélection. Granit Xhaka était embourbé dans la polémique liée à son faux certificat Covid, alors que Breel Embolo se retrouvait lui aussi rattrapé par une affaire remontant à la pandémie. Deux dossiers chauds, privant l’équipe de Suisse de son capitaine et de son principal avant-centre.
Au-delà de ces turbulences, la Nati était aussi privée de Ruben Vargas, si décisif au Mondial, mais blessé depuis le début de la saison. Elle craignait par ailleurs l’absence de sa nouvelle star Johan Manzambi, qui a mis du temps à retrouver les terrains après sa blessure au genou au Mondial, avant finalement de pouvoir être appelé à la dernière minute.
En outre, la sélection helvétique devait composer avec des départs à la retraite et l’intégration, toujours difficile mais devenue obligatoire, de jeunes joueurs pour renouveler son effectif. Tout cela, alors qu’elle s’apprêtait à disputer, en tant que favorite de son groupe de Ligue des nations, des matchs pièges face à des Macédoniens ayant récemment réussi de jolis coups contre les Belges, mais aussi face à des Ecossais et des Slovènes contre lesquels la Nati restait sur des matchs nuls.
Enfin, le nouveau calendrier de cette Ligue des nations, avec quatre premiers matchs rapprochés ne laissant place à aucun faux départ, n’avantageait guère les Suisses, amenés à jouer leurs deux premiers matchs à l’extérieur, dans l’hostile Macédoine du Nord et la fervente Ecosse.
Tout cela ne laissait donc rien présager de bon, surtout quand on connaît la propension des hommes de Murat Yakin à réussir de grands tournois, mais à moins bien négocier les rendez-vous de moindre importance.
Et voilà qu’après deux journées de Ligue des nations, tout semble prendre une autre tournure. Tout semble sourire à la Nati.
La sélection à croix blanche a remporté ses deux rencontres initiales, s’imposant facilement 3-0 en Macédoine du Nord et 3-0 en Ecosse, bien aidée, il est vrai, par l’expulsion prématurée de Jack Hendry à la 11e minute. Mondialistes, les Ecossais étaient néanmoins annoncés comme les adversaires les plus redoutables pour la Suisse dans ce groupe.
En plus des résultats, la Nati s’est montrée réaliste offensivement et séduisante par séquences, permettant à Zeki Amdouni ou Zachary Athekame de prendre de l’importance au sein du groupe. Elle a également offert à Gregor Kobel deux précieux clean sheets.
L’équipe de Suisse figure aujourd'hui en tête de son groupe, compte tenu des résultats qui lui ont été favorables dans les autres matchs. Cela, avant même ses deux premières rencontres sur son territoire.
2. Slovénie (4 points)
3. Ecosse (1 point)
4. Macédoine du Nord (0 point)
Avec six points et une quatrième place, synonyme de relégation directe, qu’elle ne peut quasiment plus occuper (rares sont les quatrièmes à compter six points), les hommes de Murat Yakin vont pouvoir plus que jamais voir venir. Ils sont par ailleurs très bien partis pour s’emparer de l’une des deux premières places du groupe, qui permettent la montée en Ligue A, soit directement, soit par le biais d’un barrage. Ces positions assurent qui plus est aux équipes qui les obtiennent de figurer dans le deuxième pot du tirage au sort des éliminatoires de l’Euro.
Forte de ses deux premiers succès, la Nati va désormais pouvoir travailler sereinement et tourner la page des polémiques. Eventuellement offrir un peu de répit à certains cadres. Donner du temps de jeu aux nouveaux venus. Poursuivre tranquillement l’intégration de ceux qui constituent l’avenir de la sélection.
Surtout, l'équipe de Suisse ne sera pas obligée de précipiter les choses concernant Granit Xhaka et Breel Embolo. Si les bons résultats continuent de s'enchaîner, elle n’aura pas besoin de rappeler ses deux cadres dès le prochain rassemblement de novembre. Elle pourra laisser le temps faire son œuvre, attendre que les différents dossiers s’apaisent et même attribuer des suspensions si cela s’avère nécessaire. Ce n’est que comme cela que les retours de Xhaka et Embolo pourront se faire dans un contexte apaisé en 2027.
