Ce politicien suisse n'aurait pas dû parier sur les JO
Alex Hürzeler a repris la route. L’ancien conseiller d’État et directeur des sports argovien honore actuellement le troisième volet de son pari. Lors d’une intervention au «Sport Forum Aargau», à l’automne 2023, le sexagénaire avait promis que si un athlète du canton remportait une médaille aux Jeux olympiques ou paralympiques d’été de Paris 2024, il rentrerait à pied de la capitale française jusqu’à son domicile d’Oeschgen.
Grâce à la tireuse Chiara Leone (or au tir à la carabine trois positions), à la para-nageuse Nora Meister (argent sur 400 m nage libre) et à la joueuse de para-badminton en fauteuil Ilaria Olgiati (bronze en simple), les athlètes argoviennes ont finalement offert à leur canton une jolie collection de médailles. Fidèle à sa promesse, Hürzeler a réparti les quelque 710 kilomètres du parcours en trois étapes.
En mai 2025, le parieur-marcheur avait relié Paris à Troyes. Il avait parcouru 233 kilomètres en neuf jours, non sans s’étonner d’avoir eu «l’impression qu’il fallait 100 kilomètres rien que pour sortir de Paris». En septembre 2025, il avait enchaîné avec un deuxième périple entre Troyes et Vesoul: 263 kilomètres avalés en dix étapes quotidiennes.
Vendredi dernier, Alex Hürzeler est reparti de Vesoul, en Bourgogne, avec l’objectif de parcourir les 215 derniers kilomètres qui le séparent encore de son domicile argovien. Son itinéraire doit le mener via Belfort, Weil am Rhein et Rheinfelden, en neuf étapes quotidiennes, jusqu’au 23 mai prochain. Il achèvera ainsi la promesse qu’il s’était faite.
Alex Hürzeler raconte avoir davantage tiré de cette aventure «sur le plan de la randonnée que sur le plan culturel». Lors de la deuxième étape de son périple, il avait considérablement réduit le volume de son sac à dos — sans pour autant l’alléger vraiment. Il avait notamment renoncé à emporter une garde-robe complète, préférant prévoir quelques lessives supplémentaires dans ses hébergements. En revanche, il a accordé bien plus d’attention au soin de ses pieds, après que les ampoules au pied droit eurent constitué sa principale difficulté lors de la première partie du voyage.
Même le conseil d’une connaissance ne s’est révélé utile qu’en partie. «Si tu cherches de l’eau fraîche en France, va dans les cimetières», lui avait-on recommandé. Un après-midi, alors qu’il avait une nouvelle fois épuisé toute sa réserve d’eau, l’ancien politicien s’est souvenu de cette astuce. Et effectivement, il a fini par trouver un cimetière — ainsi que la fontaine tant espérée. Mais Alex Hürzeler a beau avoir tourné le robinet dans tous les sens: pas une goutte d’eau n’en est sortie.
Une fois les rares villes traversées derrière lui, Alex Hürzeler a découvert la véritable réalité démographique de la campagne française: l'exode rural.
Les possibilités de faire des courses étaient extrêmement rares sur son parcours, au point que l’ancien conseiller d’État a dû, à deux reprises, se coucher sans dîner faute de ravitaillement. «Au final, j’ai croisé bien plus de vaches que d’êtres humains», résume-t-il avec humour.
La preuve:
Après chacune de ses étapes, il se réjouissait lorsque sa chambre d’hôte ne se trouvait pas au deuxième étage. Les courbatures du soir l’ont davantage fait souffrir qu’il ne l’avait imaginé avant le départ. Mais il en a tiré une autre constatation, bien plus réjouissante: «Le matin, à de très rares exceptions près, je me sentais de nouveau en forme et les muscles parfaitement détendus.»
Malgré cette expérience au long cours, Alex Hürzeler ne compte pas faire de la randonnée l’occupation principale de sa retraite. Le virus de la marche ne l’a pas totalement gagné. Quant aux quelques kilos perdus depuis son départ du gouvernement, il les attribue «moins à l’entraînement lié à la marche qu’à l’absence des apéritifs du soir».
En chemin, Alex Hürzeler s’est fié à l’application de randonnée Komoot. Non sans quelques déconvenues. Le sexagénaire se souvient de plusieurs impasses où le sentier indiqué se perdait soudain dans les broussailles ou les ronces. «À voir les traces, les derniers usagers de ces chemins devaient être des sangliers», raconte l'ancien élu UDC avec amusement.
S'il a commencé son aventure seul, Alex Hürzeler devrait la terminer bien accompagné. Pour la dernière étape, prévue le samedi 23 mai entre Rheinfelden et Oeschgen, il invite le public à marcher à ses côtés. La championne olympique Chiara Leone a déjà annoncé sa participation.
