Ce défi sportif veut rapprocher Suisses et Français
Beaucoup de Suisses qui habitent au bord du Léman ont tous les jours, devant leurs yeux, la magnifique vue sur les Alpes de Haute-Savoie. Mais peu connaissent bien cette région, pourtant juste de l'autre côté du lac, à une dizaine de kilomètres seulement à vol d'oiseau. C'est certainement réciproque pour pas mal de Français.
Ce paradoxe pourrait bientôt changer, ou en tout cas être atténué, grâce à Guillaume Gagnaire et son équipe. Ce guide de montagne, qui habite au-dessus de Thonon-les-Bains, a fondé le Tour du Lac Léman. L'événement vivra sa 15e édition du 13 au 17 mai, pendant le long week-end de l'Ascension. Son concept: effectuer – en groupe – le tour du lac en cinq étapes, soit en randonnée, en nordic walking, en VTT ou en trail.
«Je veux rassembler toutes les personnes qui habitent au bord du Léman. Les Suisses, sur l'autre rive, sont nos voisins et nos plus grands amis», s'enthousiasme au bout du fil le Haut-Savoyard, 50 ans, d'une voix très enjouée.
Débarqué dans la région il y a quarante ans, Guillaume Gagnaire en est tombé amoureux. Comme beaucoup avant et après lui. Un amour qu'il souhaite partager à travers son Tour du Lac Léman:
«Le Léman n'est pas qu'une carte postale»
Peu importe leur activité, les participants traverseront des paysages somptueux. Sur la partie suisse, qui accueille trois étapes entières, on peut citer la réserve naturelle des Grangettes entre le Bouveret (VS) et Villeneuve (VD), les préalpes de la Riviera vaudoise, le Lavaux ou encore les vignobles de la Côte. Guillaume Gagnaire sourit:
Des dégustations chez les vignerons sont prévues, tout comme la visite de châteaux. «On accèdera à des lieux qui ne sont pas forcément ouverts au public le reste du temps», précise le fondateur du Tour du Lac Léman.
Pas besoin d'être un bon sportif pour s'inscrire, ni d'être jeune. «Il n'y a pas de course, c'est un défi personnel», souligne Guillaume Gagnaire. Seule la catégorie trail – avec des parcours différents du reste des groupes, sur les hauteurs – est plus difficile physiquement. Quant aux VTT, beaucoup de participants amènent leur vélo électrique. Il existe deux formules:
- Une inscription pour le tour du lac entier, sur cinq jours (elles ne sont plus possibles pour cette édition). Il faut choisir l'une des quatre disciplines.
- Une inscription pour l'une des cinq étapes, dans l'une des quatre disciplines.
Les cinq étapes:
- Thonon-les-Bains (France) ➡️ Saint-Gingolph (VS)
- Saint-Gingolph (VS) ➡️ Lutry (VD)
- Lutry ➡️ Bursinel (VD)
- Bursinel ➡️ Genève
- Genève ➡️ Thonon-les-Bains (France)
Pour les Suisses qui voudraient participer, ils peuvent encore le faire pour les étapes 1 et 2, dans chaque discipline. «L'inscription coûte entre 20 et 50 euros (pour le trail) et comprend l'activité, le pic-nic, le repas du soir et une casquette-souvenir», détaille Guillaume Gagnaire. «Et pour les personnes qui viennent accompagnées d'un enfant de moins de 16 ans, c'est gratuit». Toutes les informations sont à retrouver en cliquant ici.
Festins, mariages et bébés
Le guide haut-savoyard assure «ne pas organiser cet événement pour l'argent». D'ailleurs, son association – Léman Nordic – est à but non lucratif. Les recettes doivent surtout servir à défrayer le staff.
Et des bons moments, Guillaume Gagnaire en promet beaucoup. Notamment lors des repas le soir. «Après les différentes activités, tout le monde mange ensemble. On ripaille, on rigole, on se raconte ce qu'on a vécu durant la journée». Et en quatorze éditions, il y a eu déjà pas mal de jolies histoires.
Le fondateur du Tour du Lac Léman insiste: il veut que son événement – qui accueillera environ 150 participants cette année – reste convivial. Et à taille modeste. «On ne veut pas devenir le marathon de Genève ou l'Ultra Trail du Mont Blanc».
Mais il espère, dès l'année prochaine, voir davantage d'Helvètes s'impliquer. «J'aimerais bien que des associations sportives organisent des étapes sur le côté suisse». Pragmatiquement, cela permettrait aux Suisses de s'inscrire sur les trois étapes qui se déroulent entièrement dans notre pays (sans faire le tour entier).
Davantage de participants avec le passeport rouge à croix blanche auraient de quoi renforcer cette cohésion lémanique franco-suisse. Et, qui sait, faire augmenter le taux de natalité dans la région.
