Wemby a subi «la plus grande leçon» de sa vie
Stoppé nettement en finale NBA samedi par les Knicks, Victor Wembanyama a tout de même semé d'immenses promesses lors de ses premiers play-offs, de quoi envisager la suite avec sérénité tant les Spurs et leur prodige de 22 ans semblent avoir de la marge.
Dépité samedi soir à San Antonio après une défaite 94-90 et une série perdue 4-1, Victor Wembanyama a expliqué avoir subi «la plus grande leçon» de sa vie. Si les Knicks ont attendu 53 ans pour retrouver le trophée,« Wemby» va se montrer beaucoup plus pressé.
Le Français ne semblait pas se satisfaire d'avoir atteint la finale NBA dès sa première apparition en play-offs à 22 ans, pour sa troisième saison, avec des Spurs qui côtoyaient le fond du classement depuis 2020. Quand un reporter lui a fait remarquer que Michael Jordan a eu besoin de sept saisons, LeBron James de neuf et Jerry West de douze pour soulever un trophée, «Wemby» a répondu qu'il était certain que «ces gars ne se satisfaisaient jamais d'une défaite», peu importe à quel stade. Cette expérience «douloureuse va «le nourrir» pour la suite, a-t-il promis.
Après un grand parcours qui les a vu éliminer les expérimentés Timberwolves, puis le Thunder, tenant du titre au bout du 7e match d'une série brutale, les Spurs sont tombés face à des Knicks sûrs de leur force et portés par un leader infaillible, Jalen Brunson. Wembanyama s'est dit «marqué» par la capacité de Brunson à «garder le contrôle du jeu» pendant 48 minutes, quand le géant français a parfois semblé à bout de souffle.
«Il y a trop de moments où je suis passif», a-t-il convenu. Le Français s'est déjà projeté sur l'été durant lequel il veut «travailler encore plus dur».
Une équipe jeune et des salaires «raisonnables»
Escorté d'attentes immenses depuis sa draft en 2023, le géant de 2,24 m a confirmé cette saison son potentiel, en devenant un problème presque insoluble dans sa raquette, lui valant le titre de défenseur de l'année à l'unanimité, et en progressant encore en attaque où sa palette élargie semble parfois lui laisser trop de choix.
Déjà arrivé troisième au classement du MVP, derrière Shai Gilgeous-Alexander et Nikola Jokic, Wembanyama, à la progression constante, semble sur le point de devenir le joueur incontournable de la grande ligue de basket nord-américaine. Autre motif d'espoir, son équipe, jeune et talentueuse, possède une immense marge de progression, malgré un niveau déjà très élevé.
Après Wembanyama, les Spurs ont drafté avec brio Stephon Castle (21 ans), élu rookie de l'année en 2025, puis Dylan Harper (20 ans), la révélation des finales, deux meneurs-arrières aux qualités fantastiques, sans même compter le prometteur ailier Carter Bryant (20 ans). Tous ces jeunes joueurs restent sous contrat rookie pendant leurs quatre premières saisons, avec des salaires «raisonnables» décorrélés de leur niveau.
De quoi laisser une grande marge de manoeuvre aux Spurs pour attirer des joueurs confirmés sans compromettre le plafond salarial. C'est ce qu'avait fait San Antonio en février 2025 avec le meneur All-Star De'Aaron Fox, qui a toutefois été très décevant lors des play-offs, et particulièrement en finale.
Le contrat de Wembanyama devrait exploser à partir de la saison 2027-2028. Malgré toutes les promesses, les Spurs vont devoir cravacher pour retrouver les finales, qui ont vu huit équipes différentes en quatre ans. Les Golden State Warriors de Stephen Curry sont les derniers à avoir enchaîné à ce niveau, de 2015 à 2019.
