Le Mondial a eu un effet «très surprenant» aux Etats-Unis
La Coupe du monde de football ne semble, pour l'heure, avoir eu qu'un impact très limité sur l'emploi dans le tourisme aux États-Unis. Selon les données du Bureau américain des statistiques du travail, l'économie a créé 57 000 emplois en juin, mais les secteurs des hôtels, du tourisme et de la restauration ont, eux, perdu 61 000 postes.
Le mois de mai avait pourtant laissé entrevoir une dynamique plus favorable. Les premières estimations faisaient état de 70 000 créations d'emplois dans le tourisme, avant d'être révisées à 44 000. Sur cette base, les économistes de Goldman Sachs anticipaient un véritable coup d'accélérateur en juin. Il n'en a rien été, à la surprise de nombreux analystes.
L'administration de Donald Trump tablait sur la création de 185 000 emplois grâce à la Coupe du monde. Une task force mise en place par le président américain estimait également que l'événement générerait 17 milliards de dollars de richesse supplémentaire pour l'économie américaine. Selon le média américain Axios, le secteur des loisirs et de l'hôtellerie-restauration a supprimé en moyenne 9 000 emplois par mois au cours des trois derniers mois, alors qu'il en créait encore environ 13 000 par mois sur les douze mois précédents.
Interrogé par la BBC, James Knightley, économiste en chef pour les États-Unis chez ING, qualifie ce secteur de «véritable point faible» des statistiques publiées jeudi. Il juge ce recul «très surprenant», alors même que «la Coupe du monde est en cours et que les bars ainsi que les lieux de rassemblement affichent une forte fréquentation».
Près de 4,6 millions de spectateurs ont assisté aux rencontres de la phase de groupes, rapporte Reuters. Une grande partie d'entre eux étaient des Américains. Si le football reste moins populaire aux États-Unis que le baseball ou le football américain, les grands événements sportifs y attirent toujours les foules.
«Beaucoup prévoyaient que les entreprises devraient recruter davantage pour faire face à l'afflux de visiteurs étrangers et américains convergeant vers les villes hôtes», observe Jim Baird, conseiller chez Plante Moran Financial Advisors, cité par Axios. «Soit cette vague d'embauches n'a jamais eu lieu, soit elle a été plus que compensée par des suppressions de postes dans d'autres secteurs.»
Les créations d'emplois se sont principalement concentrées en juin dans les secteurs de la santé et des services sociaux. Le taux de chômage a légèrement reculé, passant de 4,3% à 4,2%. «Le rapport sur l'emploi de juin confirme une économie toujours fragile sous la présidence de Donald Trump: les créations de postes sont restées nettement inférieures aux attentes et les chiffres des deux mois précédents ont été fortement révisés à la baisse», estime Angela Hanks, directrice des programmes politiques du groupe de réflexion progressiste Century Foundation, dans les colonnes du Daily Beast.
Elle nuance toutefois la baisse du chômage: «Le taux est certes retombé à 4,2%, mais cet indicateur nous dit seulement combien de personnes travaillent. Il ne dit rien de leur capacité à faire face au coût de la vie.» Toujours selon le Bureau américain des statistiques du travail, le salaire horaire moyen a progressé de 0,3% en juin, soit 13 cents de plus, pour atteindre 37,64 dollars.
(jcz/t-online)
