Noah Okafor peut-il devenir un problème pour la Nati?
Enfin! C’est sans doute ce qu’a pensé Noah Okafor lorsque Murat Yakin l’a appelé au milieu de la seconde période face à l’Algérie, vendredi en 16e de finale de la Coupe du monde (2-0). Enfin, l’attaquant allait disputer ses premières minutes de jeu dans le tournoi.
Jusqu’ici, le joueur de 26 ans avait dû se contenter du banc pendant toute la phase de groupes, une situation qu’il avait mal vécue.
Contre l'Algérie, Okafor est apparu pour les trente dernières minutes, avec pour mission de soulager une Suisse sous pression face aux offensives désespérées des Algériens. Sur le papier, ses qualités de vitesse semblaient idéales pour cet exercice. Sur le terrain, en revanche, il est passé totalement à côté de son match. Pire encore: dans le temps additionnel, sa perte de balle évitable a provoqué la colère de Murat Yakin. Sur son banc, le sélectionneur a laissé éclater sa frustration en jetant violemment une bouteille d’eau au sol, avant de lancer un regard noir en direction de son attaquant.
Sans doute revoyait-il alors le scénario du match d’ouverture contre le Qatar, où une fin de rencontre mal maîtrisée avait coûté une égalisation. Mais cette fois, la Suisse a tenu bon.
Interrogé après la rencontre sur cet accès de colère, Yakin a refusé de cibler un joueur en particulier.
Au coup de sifflet final, le sélectionneur a pris néanmoins Noah Okafor à part pour un échange en tête à tête. Il est fort probable que la fameuse action ait été au cœur de la discussion. Reste à savoir comment l’attaquant a vécu cette entrée en jeu manquée. Une chose est sûre: contrairement à ses coéquipiers, il n'a pas quitté le stade avec le sourire. Alors que tous les joueurs utilisés contre l’Algérie se sont arrêtés devant les journalistes suisses dans la zone mixte, Okafor a ignoré les sollicitations et rejoint le bus sans prononcer un mot.
Un autre détail a interpellé. Tandis que le reste de l’équipe passait de longues minutes à célébrer la qualification avec les supporters suisses, un joueur manquait à l’appel: Noah Okafor, qui a préféré regagner directement les vestiaires.
Le précédent est encore dans toutes les mémoires. Lors de l’Euro 2024 en Allemagne, l’attaquant avait déjà affiché ouvertement son mécontentement face à son statut de remplaçant, au point qu’un renvoi durant le tournoi avait été évoqué. Deux ans plus tard, la Coupe du monde ne répond une nouvelle fois pas à ses attentes personnelles. De quoi faire naître un foyer de tension au cœur de l’euphorie qui entoure actuellement la sélection suisse?
Mardi contre la Colombie (22h, heure suisse), la Nati aura l’occasion d’écrire une page d’histoire en se hissant, pour la première fois de l’ère moderne, en quarts de finale d’une Coupe du monde. Elle a déjà suffisamment à faire pour ne pas avoir, en plus, à gérer une situation délicate née du comportement d’un joueur.
Il appartient désormais à Murat Yakin, aux cadres de l’équipe et à la Fédération de gérer avec doigté le cas Noah Okafor. Une chose paraît toutefois probable: au vu de sa prestation face à l’Algérie, l’attaquant a peut-être compromis ses chances de rejouer dans ce Mondial.
