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Football: la police saint-galloise pousse un coup de gueule

Dans les stades suisses, les policiers sont souvent victimes de messages insultants, comme ici avec les sigles «ACAB» ou «1312» (fumigènes).
Dans les stades suisses, les policiers sont souvent victimes de messages insultants, comme ici avec les sigles «ACAB» ou «1312» (fumigènes). image: watson

Ces policiers suisses ont une idée pour ne plus être insultés au stade

Insultés sur une banderole de fans du FC Saint-Gall, les policiers saint-gallois poussent un gros coup de gueule et proposent des mesures pour éviter pareils incidents.
24.12.2025, 05:3124.12.2025, 05:31
Gian-Luca Fedi / ch media

Lors du match de football entre le FC Thoune et le FC Saint-Gall (0-2), le 13 décembre, des supporters saint-gallois ont déployé pendant plusieurs minutes une immense banderole affichant le message «ACAB – Hass geg Bulle».

Il s'agit d'un message explicitement anti-police, qu'on peut traduire en français par «ACAB – Haine contre les flics». «ACAB» est l'acronyme de l'expression en anglais «all cops are bastards» («tous les flics sont des bâtards»).

La banderole anti-police déployée par les ultras saint-gallois à Thoune, le 13 décembre.
La banderole anti-police déployée par les ultras saint-gallois à Thoune, le 13 décembre. image: keystone

Ce n'est de loin pas la première fois qu'un message anti-police est affiché par des supporters ultras dans les stades suisses. Un exemple? Le 5 octobre dernier, lors de Servette-Bâle, les ultras servettiens de la Section Grenat – dont le local venait d'être perquisitionné – ont allumé des fumigènes pour former le nombre 1312, qui donne «ACAB» en faisant correspondre les lettres à leur numéro dans l'alphabet.

On devine le «1312» formé par les torches des ultras servettiens, le 5 octobre dernier.
On devine le «1312» formé par les torches des ultras servettiens, le 5 octobre dernier. image: instagram

Après les événements du 13 décembre à Thoune, les associations du personnel de la police cantonale saint-galloise et de la police municipale de Saint-Gall dénoncent fermement ces insultes ouvertes visant la police et parlent d’un franchissement inacceptable des limites.

Dans un communiqué, elles rappellent que les policières et policiers sont régulièrement diffamés publiquement lors de manifestations sportives. Selon elles, ce manque de respect a atteint un niveau qui ne peut plus être toléré. Elles écrivent:

«Fermer les yeux du côté des fédérations et des clubs est inacceptable»

Ces associations de policiers saint-gallois soulignent que la Fifa et l’UEFA (les instances mondiale et européenne du football) disposent de règlements éthiques stricts, dont les violations sont poursuivies de manière conséquente lorsqu’il s’agit de propos discriminatoires. Elles jugent donc incompréhensible que des insultes envers la police puissent être tolérées. «Quand on exige une éthique, il faut aussi l’appliquer», insistent-elles.

Les fans suisses ont mauvaise image en Europe👇

Elles rappellent également que les grands événements (y compris, donc, les matchs de foot) ne peuvent avoir lieu sans présence policière. De nombreux agents effectuent des services supplémentaires le week-end et mettent leur santé en jeu pour garantir la sécurité. Les insultes publiques émanant de certains groupes de supporters sont, selon elles, totalement disproportionnées au regard de cet engagement.

Des sanctions claires exigées

Les incidents survenus à Thoune ne doivent pas rester sans conséquences, estiment les associations. Elles demandent à la hiérarchie policière, à la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSP), au monde politique – en particulier à la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP) – ainsi qu’à l’Association suisse de football (ASF) d’agir avec fermeté.

En cas d’insultes visant la police, elles réclament notamment l’interruption immédiate des matchs et leur non-validation, ainsi qu’en cas de récidive des retraits de points pour les clubs concernés.

Elles demandent aussi le retrait des forces de police lors des événements qui ont posé problème, le retrait des autorisations d’organiser des matchs et la facturation intégrale des coûts de sécurité aux clubs ou à l’Association suisse de football. «Celui qui profite de la sécurité doit respecter celles et ceux qui la garantissent», écrivent-elles.

Le ministre de la Justice soutient la police

Sur le plan politique aussi, les faits suscitent une vive réaction. Le conseiller d’Etat saint-gallois Christof Hartmann, en charge du Département de la sécurité et de la justice, se dit «très choqué» par le comportement des fans du FC Saint-Gall. Dans un courrier adressé au conseil d’administration du club, il a clairement indiqué que la violence contre les policiers – tout comme les appels à cette violence, par exemple à travers des chorégraphies – ne serait pas tolérée. Il en va de même pour les importantes dégradations commises dans le train spécial.

Hartmann rappelle que le canton investit déjà des moyens humains et financiers considérables pour assurer la sécurité pendant et autour des matchs de football, des coûts qui sont loin d’être couverts. «Je suis convaincu qu’une symbolique creuse n’a plus sa place à l’avenir: il faut des mesures dures et efficaces», écrit-il.

Toujours concernant le foot suisse👇

Le conseiller d’Etat salue la prise de position claire des associations du personnel de la police cantonale et municipale. Reste à voir quelles mesures seront pertinentes et applicables. Une chose est sûre, selon lui: la violence des supporters continuera malheureusement d’occuper la CCDJP.

Interrogé, le FC Saint-Gall indique avoir pris connaissance du communiqué des associations de policiers, mais ne souhaite pas commenter leurs revendications. Son porte-parole renvoie notamment au communiqué publié après le match à Thoune. Le club y condamnait tant la banderole déployée dans le stade que les dégâts matériels causés dans le train spécial.

Adaptation en français: Yoann Graber

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source: sda
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