Mathieu Belloir a participé aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.image: Getty
Ce patineur risque sa vie en pratiquant son sport
Le patinage de vitesse est un sport à risque en raison des lames tranchantes que chaussent les athlètes. Il l’est davantage encore pour Mathieu Belloir, atteint d’une maladie génétique.
Vendredi, du sang a jailli sur la glace de Milan-Cortina. Prise dans une chute collective, la short-trackeuse polonaise Kamila Sellier venait d’être entaillée au visage par le patin d’une adversaire, en quart de finale du 1500 mètres féminin. Alors que les images laissaient craindre le pire, son œil a finalement été épargné. Cette scène illustre le danger du patinage de vitesse sur piste courte.
Mathieu Belloir, lui, évolue sur l'anneau de 400 mètres. Là aussi, les lames sont longues, fines et aiguisées. La discipline est cependant moins risquée que sa petite sœur, chaque couloir étant attribué à un athlète. Sauf lors de la mass start, la seule course sur piste longue courue en peloton.
Cette mass start est précisément l’épreuve à laquelle Belloir a choisi de se consacrer. Confrontation oblige, les chutes y sont fréquentes et exposent aux coupures, malgré le port du casque et les protections en kevlar. Le visage et le cou restent vulnérables.
Si le risque de blessure est inhérent à chaque athlète, le Français doit, contrairement à ses adversaires, composer en plus avec une maladie génétique grave et contraignante: l'hémophilie. Cela signifie que son sang ne coagule pas correctement.
Bien sûr, tous les saignements ne mettent pas sa vie en danger. Une personne hémophile ne se vide pas de son sang avec une simple coupure. Néanmoins, stopper une hémorragie externe, dans son cas, s'avère long et délicat.
Mathieu Belloir lors de la mass start des JO.image: getty
Le plus grand danger pour Mathieu Belloir ne réside cependant pas dans les lames tranchantes des patins ni dans le sang qui s'écoule à l’extérieur. Une simple chute, aussi anodine soit-elle, peut provoquer une hémorragie interne, raison pour laquelle il était privé de sport durant sa jeunesse.
Mais le Breton, quelque peu têtu sur les bords, s’est rapidement pris de passion pour le roller. Il débuta en loisirs avec une coque de VTT sous sa tenue et diverses protections sur ses membres. On le surnommait alors le «Petit robot».
Armé de patience et de volonté, Mathieu Belloir finit par obtenir le droit de vivre, c'est-à-dire de s’entraîner en club et de disputer des compétitions, non sans contraintes ni traitements à suivre. Il gravit peu à peu les échelons en roller et se tourne, comme beaucoup, vers le patinage de vitesse pour poursuivre son rêve olympique. Il disputait cette année, à 25 ans, ses premiers JO, se classant septième d'une mass start marquée par diverses chutes, dont celle du Suisse Livio Wenger en demi-finale.
A Milan, comme toujours lorsqu’il patine, sa trousse de secours, visible de tous, se trouvait à portée de main. Compresses, produits à injecter, procédures à suivre: il y a tout pour agir rapidement en cas d'accident.