Les arbitres de NHL ont une qualité que les Suisses n’ont pas
Le tournoi olympique de hockey sur glace a livré deux enseignements pour notre championnat.
Le premier: chaque fois qu’un attaquant manquera une occasion immanquable, il n’aura plus à subir les reproches de l’entraîneur. Depuis dimanche, il peut désormais déclarer:
Pour rappel, la superstar de la NHL, Nathan MacKinnon, n’a pas réussi à loger le puck dans le but américain désert en fin de finale, alors que le score était de 1-1, laissant probablement échapper la victoire et l’or pour le Canada. Cet échec constitue sans doute la meilleure excuse de l’histoire pour nos attaquants.
Le second enseignement de ce tournoi réunissant les meilleurs joueurs de NHL, donc les meilleurs du monde, concerne l’arbitrage. Sept officiels de la ligue nord-américaine étaient en poste à Milan. Donc, là aussi, les meilleurs du monde? Pas forcément.
Nous avons tendance, par réflexe, à considérer que tout ce qui vient de la NHL est supérieur. Cette révérence envers ces trois lettres est profondément ancrée dans notre ADN. Pourtant, l’échec retentissant de Nathan MacKinnon en finale du tournoi le plus prestigieux nous rappelle qu'au sein de la plus grande ligue du monde, l’erreur reste possible.
En Amérique du Nord aussi, le hockey demeure un jeu glissant et imprévisible, que même des multimillionnaires ne maîtrisent pas toujours. Tout ce qui porte le sceau NHL n’est donc pas synonyme de perfection. Et cela se vérifie encore davantage du côté des arbitres. Ceux de la NHL étaient-ils meilleurs que les nôtres à Milan? La réponse: à la fois non et oui.
Non, car eux aussi passent à côté de certaines infractions (cannes hautes, charges illégales, obstructions) et envoient, comme chez nous, des innocents sur le banc des pénalités. Le hockey sur glace s’accélère et s’intensifie, mais l’œil humain, lui, reste inchangé. Détecter chaque infraction dans l'immédiat est donc extrêmement difficile, a fortiori sur une surface encore plus réduite. A cela s’ajoute le fait que les arbitres doivent, au hockey plus qu’ailleurs, veiller à ne pas gêner les joueurs, ce qui les déconcentre encore davantage.
Oui, car ils sont clairement meilleurs que nos arbitres dans un domaine: le langage corporel. Leur assurance et leur détermination ne laissent place à aucun doute, donnant l’impression qu’ils prennent toujours la bonne décision. L’habit fait l’homme, et une gestuelle autoritaire fait de bons arbitres. Trop souvent encore, dans les situations délicates, le langage corporel de nos officiels rappelle celui d’un chat pris en faute, ce qui laisse transparaître un soupçon de culpabilité.
A cela s’ajoute l’attitude générale envers les «gardiens de la loi», souvent négative chez nous. En Amérique du Nord, le respect des autorités, y compris dans le hockey, est beaucoup plus profondément enraciné. Certes, des manifestations de mécontentement existent aussi en NHL, mais elles restent rares.
Et les critiques des joueurs ou des entraîneurs envers l’arbitrage sont immédiatement sanctionnées sévèrement. Les arbitres sont mieux protégés en NHL que chez nous. On se souvient encore de la manière dont Gavin Bayreuther avait pu charger par-derrière, sans être sanctionné, le juge de ligne Dario Fuchs lors des play-offs de National League.
