Voici le secret de l'athlète le plus titré des Jeux olympiques
Johannes Klaebo est devenu samedi l'athlète le plus titré des Jeux olympiques d'hiver avec une collection de onze médailles d'or, ainsi que de quatre en argent et trois en bronze. Une réussite qu'il doit à un certain Kaare Hösflot. Cet homme de 83 ans est le grand-père du fondeur norvégien. Il était d'ailleurs présent dans le Val di Fiemme, où son petit-fils a marqué l'histoire du sport samedi en remportant le 50 km classique.
«Il a toujours été le grand-père parfait, confie avec émotion la star du ski de fond. Depuis mes dix ans, il m’a conduit à tous les entraînements, que ce soit au football ou en ski de fond. Il fartait mes skis. Il a toujours été là pour moi.»
Ce n’est qu’à 16 ans que Klaebo choisit de se consacrer pleinement au ski de fond. Il voulait assumer seul la responsabilité de ses succès comme de ses échecs. Le pari est plus que réussi: onze titres olympiques, mais aussi quinze couronnes mondiales et un impressionnant total de 107 victoires individuelles en Coupe du monde. D’abord spécialiste du sprint, Klaebo s’est mué en un «allrounder» sans faille. Plusieurs raisons expliquent cette évolution.
D’abord, une technique éblouissante: personne ne se tient sur des skis avec autant de légèreté et de puissance à la fois. Quand il jaillit dans la dernière bosse en sprint, cadence hachée, avant d’avaler le virage final, un murmure admiratif parcourt immanquablement les tribunes. Il bénéficie aussi, bien sûr, de la domination norvégienne, qui lui offre quasiment à coup sûr les relais et les sprints par équipes.
Mais Klaebo est surtout un maître de la préparation. Avant les Mondiaux de l’an dernier, disputés dans sa ville natale de Trondheim, il s’est isolé pendant des semaines de sa compagne et de sa famille pour éviter la moindre maladie. «Mes nièces et neveux m’ont même demandé si j’étais encore leur oncle après ne pas m’avoir vu pendant douze mois», raconte-t-il. Seuls les membres du cercle le plus restreint — son grand-père et entraîneur Kaare Hösflot, ainsi que son manager et père Haakon — ont conservé un contact physique avec lui.
Mais même pour l’ambitieux Norvégien, ce régime était devenu excessif. En vue des Jeux, il a nettement assoupli sa discipline, notamment sous l’influence de son coéquipier Emil Iversen, qui l’a encouragé à retrouver un peu de plaisir. Ces dernières semaines, Klaebo s’est entraîné en altitude à Lavazè, près du Val di Fiemme, où se préparaient aussi les Suisses, en compagnie notamment de la Suédoise Frida Karlsson, double championne olympique du 10 km et du skiathlon, qui lui a donné le même conseil: savourer davantage. «Prendre plus de plaisir rend vraiment la vie d’athlète plus simple», constate-t-il aujourd’hui.
Il entend poursuivre sa carrière au moins jusqu’aux JO de 2030, peut-être même jusqu’en 2034. Et il espère pouvoir compter encore longtemps sur le soutien de son grand-père. «Sans lui, je ne serais pas là, assure-t-il. Il lit toujours des livres et des études scientifiques pour trouver des moyens de me rendre meilleur. C’est assez extraordinaire.» De quoi alimenter les cauchemars de ses adversaires.
(jcz/sda)
