L'attitude de Lichtsteiner au FC Bâle peut lui coûter cher
Le Lucernois Stephan Lichtsteiner voulait rapprocher le FC Bâle de la culture bâloise à l’occasion du célèbre carnaval de la cité rhénane.
Lundi, une virée au cortège figurait ainsi au programme, car les joueurs doivent, selon l’entraîneur, «s’identifier au club, mais aussi à Bâle et à sa culture».
L’intention est louable. Mais pas sûr qu'elle suffise à rapprocher les fans de l'équipe. Et pour cause: le FCB, auteur du doublé championnat-coupe l’été dernier, est en crise. Eliminé en Coupe de Suisse, en Coupe d'Europe et largué en championnat, le club voit désormais, après sa défaite (4-2) dimanche à Lucerne, son dernier objectif minimal – décrocher une place européenne – menacé. Même une chute hors du Championship Group (les six premiers) devient soudain un scénario réaliste. Une sacrée déroute.
Le classement actuel de Super League
Il y a quatre semaines, Lichtsteiner a succédé à Ludovic Magnin sur le banc. Ce changement, au lendemain d'une victoire dans le Klassiker contre le FC Zurich, avait déjà de quoi interroger. Après sept matchs sous la direction de Lichtsteiner, le bilan est accablant: une victoire, un match nul et cinq défaites.
Après le revers à Lucerne dimanche, l'entraîneur n'a relevé, devant la presse, que des défauts chez ses joueurs. Une mauvaise mentalité, pas de volonté et aucun leadership. On peut se demander si Lichtsteiner n'a pas un problème de communication.
Alors c'est vrai, la prestation des Bâlois comportait de nombreux éléments inquiétants. Le 1-1 à la mi-temps – grâce à un penalty transformé par Bénie Traoré à la 45e – était flatteur pour les Rhénans. Même le capitaine Xherdan Shaqiri a livré une prestation bien terne. En deuxième période, Bâle a de nouveau encaissé un but sur phase arrêtée, une situation qui faisait encore partie des points forts de cette équipe sous Magnin.
Cette qualité s’est évaporée, comme tant d’autres, au sein d’une équipe qui paraît profondément ébranlée. Et qui, manifestement, n’est pas suffisamment guidée par son nouvel entraîneur, dont l’attitude semble de plus en plus crispée et peu empathique envers ses joueurs.
Une scène révélatrice? Lichtsteiner, visiblement agacé, tableau tactique à la main, réprimande Marin Soticek sur la ligne de touche. Le joueur venait à peine d’entrer en jeu...
Le Lucernois, figure emblématique du football suisse et ancien capitaine de la Nati, a entamé au FCB sa première expérience comme entraîneur professionnel. Le directeur sportif rhénan, Daniel Stucki, l’a d’emblée placé au même rang que Pep Guardiola (Manchester City) et Vincent Kompany (Bayern Munich) dans ses déclarations publiques. Mais après la première semaine, marquée par trois défaites, Lichtsteiner déclarait lui-même au sujet de la situation délicate à Bâle:
Autant de déclarations qui se retournent aujourd’hui contre le FC Bâle. Depuis le début, Lichtsteiner parle «d’un long chemin» à parcourir. Un chemin qui semble concerner non seulement l’effectif actuel, mais aussi l’entraîneur lui-même. Le club l’a lié par un contrat jusqu’en 2029, décision qui demeure tout aussi énigmatique que la séparation précipitée avec Ludovic Magnin.
Sur ce long chemin, la critique cinglante adressée par Lichtsteiner à ses joueurs, dimanche, constitue une prise de risque majeure. L’entraîneur risque de perdre le vestiaire avant même d’avoir su le rallier à sa cause et à ses idées.
Adaptation en français: Yoann Graber
